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Derniers posts : Des Jeunes libres de s'engager
| Belle action festive Jeudi noir sur le 1% logement : pour une commission parlementaire et un transfert des fonds collectés au Ministère du logementFri, 04 Jul 2008 13:40:17 +0200
Une bien jolie action festive a été organisée hier après midi par Jeudi Noir, avant le grand rassemblement à l'hôtel de Ville de Paris pour Ingrid Betancourt. Comme à leur habitude, cotillons, mousseux, et surtout des propositions audibles et concrètes (voir ci-dessous). Voici le résumé réalisé par l'AFP : Une quarantaine de militants du collectif Jeudi Noir, qui dénonce la crise du logement, a brièvement occupé jeudi le siège social parisien d'Aliance, quatrième collecteur du "1% logement", mis en cause dans un document de la Cour des Comptes, aux cris de "rendez-nous notre 1%". Ils ont fait irruption peu avant 16H00 au 20 rue de l'amiral Hamelin (XVIe), comme à leur habitude de manière festive, avec une sono, débouchant des bouteilles de champagne et lançant des confettis, a constaté un journaliste de l'AFP. Ils ont jeté en l'air des billets de Monopoly, en criant : "Bravo au 1% logement qui jette par les fenêtres l'argent des salariés!", sous les yeux de la police et des employés. Dans un document, le collectif dénonce "une mainmise patronale" sur le 1% logement, "censé être paritaire" entre Medef et syndicats, et "soutient la proposition 296 du rapport Attali prévoyant de +rebudgétiser+" ces 4 milliards d'euros annuels. Un des animateurs de Jeudi Noir, Manuel Domergue, a précisé qu'il souhaitait le transfert de ces fonds à la mission "Ville et Logement" du ministère du Logement. Jeudi Noir réclame en outre "une commission d'enquête parlementaire qui tire les conclusions des dérives du 1% logement", a indiqué un autre militant, Julien Bayou, citant un document de la Cour des Comptes rapporté par la presse, qui met en cause la gestion d'Aliance, notamment sur le coût de son siège social, dans un quartier huppé, et le choix de ses prestataires. De négociations sont en cours entre les partenaires sociaux et la ministre du Logement Christine Boutin sur l'utilisation des fonds du 1% logement. Les manifestants sont repartis moins d'une heure plus tard sans incident après avoir obtenu que trois d'entre eux soient reçus par la directrice générale d'Aliance, Françoise Pionneau. "Je leur ai donné de la documentation concernant toutes les aides auxquelles ils avaient droit et dont ils n'étaient pas informés", a déclaré à l'AFP Mme Pionneau, assurant que la discussion avait porté exclusivement sur le logement des jeunes. Article et vidéo sur le site de ledéclic.net
| LIBRE, ELLE EST LIBRE !!!!!!!!!!!Thu, 03 Jul 2008 03:23:00 +0200
Edit : 3h20 - Pas de mots cette nuit pour vous dire l'immense émotion en pensant à Elle, à ses enfants, sa famille. Avec celles et ceux qui pendant ces 6 années ont fait vivre l'espoir de sa libération, les membres du comité de soutien que je remercie du fond du coeur, nous avons vécu cette incroyable nuit. RENDEZ-VOUS JEUDI 3 JUILLET A 17H SUR LE PARVIS DE L'HOTEL DE VILLE DE PARIS POUR FETER LA LIBERATION D'INGRID BETANCOURT ET DES 14 OTAGES ! Soyons nombreux, il faut savoir fêter les victoires comme nous avons été solidaires dans l'attente. Incroyables moments aussi que sa prise de parole. Des images et des mots gravés à tout jamais. Sa dignité et sa combativité sont la plus belle récompense pour toutes celles et tous ceux par delà le monde qui ont tant espéré et manifesté pour sa libération. Voici les mots qu'Ingrid adresse à la France. Une extraordinaire communauté s'est créée autour d'elle. Spontanée, gratuite, et ce soir, tellement heureuse. Bonne nuit !
| Jeudi noir s'attaque avec le sourire au 1% logementTue, 01 Jul 2008 12:21:00 +0200
Avec leur bonne humeur habituelle, Jeudi Noir nous parle du 1% logement et nous invite à une action jeudi. Telle quelle, leur communication : "Rendez-vous le 3 juillet 15H M° Grands Boulevards Le 1% logement, vous connaissez ? Voici une petite vidéo pour vous familiariser avec ce dispositif qui brasse 4,5 milliards d?euros, mais dont la Cour des comptes dénonce les dérives (dont des 20 à 30% de frais de gestion...) Depuis sa naissance, Jeudi Noir essaie d?alerter sur les dérives du 1% logement. Ces derniers mois, les frasques de ses dirigeants mettent ce mécanisme douteux sur le gril, à tel point que Christine Boutin promet d?aborder le sujet qui fâche dans sa future loi. Mais à l?heure où la bulle de l?immobilier éclate enfin, les dirigeants du 1% vivent toujours dans la leur. Jeudi Noir appuie là où ça fait mal et mène l?enquête sur quelques questions qui nous turlupinent : Pourquoi est-ce le Medef qui (s?)occupe (de) nos logements ? Les chevaliers blancs de l?UIMM sont-ils vraiment les mieux placés pour gérer un budget d?investissement de 4 milliards d?euros par an ? Plus de 20 % de frais fonctionnement pour les collecteurs du 1%, ça commence à faire beaucoup, non 8 000 euros par mois pour une réunion hebdomadaire, on peut postuler quelque part ? Un siège social dans le 16è, et à 100.000 euros mensuel de surcroît, est-ce bien raisonnable ? Pourquoi est-ce qu?on subventionne plus les travaux des accédants à la propriété que les logements des mal-logés ? Comment ça se fait que la Foncière logement finance des logements sans plafonds de ressources ni de loyers ? Ca va durer encore longtemps cette histoire ? Le 1 % est le symbole de notre ras-le-bol à l?égard d?une politique du logement qui mobilise des milliards qui ne profitent pas réellement aux mal-logés (APL détournées, crédit d?impôt Sarko pour les plus riches des propriétaires, logements sociaux qui ne vont pas en priorité à ceux qui en ont besoin, rénovation urbaine accélératrice de gentrification, financement public des marchands de sommeil?). Passons à l?action : rdv jeudi 3 juillet à 15h au métro Grands boulevards (devant le Virgin, sortie rue Montmartre). Venez avec vos fiches de paie (pour ceux qui en ont?)"
| Election Jeunes Nationaux : j'apporte ma voix à la liste "ENGAGES" et à Franck FaveurSat, 28 Jun 2008 11:34:00 +0200
Ils incarnent à mes yeux les démocrates, citoyens actifs. J'ai eu le plaisir de travailler avec beaucoup d'entre eux par le passé ou actuellement en Ile de France, je les sais fiables, volontaires, animés par un esprit d'équipe (qualité rare en politique). Je salue la pertinence de leurs propositions. C'est une question de confiance qu'il ne faudra pas décevoir, n'est-ce pas colistiers "d'Engagés" ? Leur chef d'équipe, Franck Faveur est un nouvel adhérent, dynamique et engagé. Entrepreneur, il représente cette génération de citoyens qui souhaitent prendre leur avenir en main plutôt que de se le laisser dicter par quelques uns. J'ai particulièrement apprécié dans leur programme les propositions suivantes : Changer la méthode de travail : ils proposent de passer d'un mouvement jeune sclérosé qui était l'apanage d'un clan à une structure ouverte aux militants, collaborative. Structure qui utilise les outils déja développés comme la fabrique d'idées démocrate (demosweb) ou le réseau des étudiants démocrates. Création d'un outil de référendum interne rapide pour consulter les militants et prendre des décisions et communiquer auprès des médias. Développer des outils nouveaux pour mettre en valeur des talents : concours d'innovation pour déterminer de nouveaux supports de communication, pour avoir un impact médiatique lors d'une opération précise. Renforcer la formation : proposer un plan de formation et auditer les militants sur ce point pour connaitre leurs attentes. Créer du lien entre les militants : guide d'accueil, système de parrainage pour les nouveaux adhérents. Renforcer les structures régionales pour faire emerger des talents et coordonner les actions locales pour les régionales et les européennes. Création d'une journée nationale de l'engagement (rencontre dans toutes les régions avec les associations pour ancrer les jeunes démocrates dans le tissu local et s'inspirer des propositions des associations...) Jouer sur l'échelon local en mettant à disposition des territoires des kits spéciaux sur des sujets donnés et créer un délégué spécialement chargé des fédérations pour ne plus abandonner les territoires comme c'était le cas auparavant. Renforcer la communication interne et utiliser internet : refonte du site internet, mise en place d'outils numérique, d'un journal pdf, vidéos, web tv, podcasts, chat mensuels avec les adhérents en présence d'acteurs de la vie politique ou d'experts... Refondre la gouvernance : ne pas multiplier les postes et gérer les hommes de façon efficace, proche du terrain pour faire émerger les talents. Vous savez que je suis particulièrement attachée à l'émergence d'une génération politique nouvelle, mais pas n'importe laquelle. Je choisis celle qui est en capacité de faire évoluer les pratiques et de permettre l'émergence d'idées neuves. Le combat pour le renouvellement des pratiques politiques se mène à tous les échelons. Européens, nationaux, locaux, mais aussi, et en fait surtout, dans les partis politiques qui présentent et forment les générations. C'est bien sur ces critères que je choisis de voter pour la liste "Engagés". Je leur demande d'être des élus exemplaires, transparents, créatifs et d'aider les jeunes démocrates à prendre toutes leurs responsabilités au sein d'un Mouvement qui a besoin d'eux pour affronter les immenses enjeux de notre société. J'attache donc à cette élection chez les Jeunes de l'importance. Et je compte donc sur chacune et chacun d'entre vous pour aller voter.
| A la recherche de(s) Gandhi 2008. Qui pourrait l'incarner selon vous ? Soyez créatifs ;-).Fri, 27 Jun 2008 15:08:00 +0200
| Très bel article dans Courrier International lu dans la revue de presse de Fabrice Hauet aujourd'hui. "Si Gandhi était encore parmi nous... |  | | Hausse du prix du pétrole, crise alimentaire... Un mensuel de New Delhi imagine tout ce que ferait aujourd'hui le Mahatma pour aider les gens à "reprendre le contrôle de leurs vies". |  | | C'est une question récurrente au sein de notre rédaction : que ferait Gandhi aujourd'hui, à l'heure où le prix du baril de pétrole frôle les 150 dollars? Son biographe, Louis Fischer, nous fournit de nombreux éléments sur l'attitude qu'il adopterait aujourd'hui. Son génie "consistait à faire ce qui était à la portée de tout le monde mais que personne ne faisait." Le grand homme aurait fait ce que nous savons tous. Il aurait montré au monde que les Indiens et les nations orientales sont capables de faire ce qui fait blêmir de peur l'Occident consumériste : réduire leur consommation. Il aurait profité de l'occasion pour mobiliser politiquement les millions de personnes souffrant de la hausse des prix du pétrole et de l'alimentation, et se serait élevé contre tous ceux qui aggravent leur misère. Gandhi aurait identifié les véritables causes de la flambée du cours du pétrole et de son impact sur les denrées alimentaires et d'autres produits de première nécessité. Sans relâche, il aurait mené campagne contre les politiques militaristes des Etats-Unis et aurait dénoncé leur responsabilité dans l'émergence d'une crise aussi profonde. Grâce aux informations disponibles sur Internet et ailleurs, il aurait compris que cette flambée des prix n'était pas due à une baisse de la production ou à une hausse soudaine de la demande mais à la spéculation mondiale autour des contrats à terme et à l'avidité du gouvernement américain et des traders qui stockent de l'or noir pour le revendre plus tard au centuple. Gandhi aurait deviné que les principaux bénéficiaires de cette crise étaient les compagnies pétrolières, et il aurait mis en place une stratégie simple mais imparable pour contrecarrer leurs plans. Si les traders, les compagnies pétrolières et les raffineries font des bénéfices sur le dos des gens ordinaires, alors la société civile n'a qu'à réduire sa consommation de pétrole. Le Mahatma se serait également aperçu que les gouvernements modernes sont devenus les esclaves des multinationales et qu'ils n'ont pas le courage de faire le ménage. Armé de cette lucidité, il se serait efforcé de rendre le pouvoir à l'homme de la rue, à l'opprimé, conscient de l'occasion historique qui se présentait pour réformer l'ordre économique mondial, la société et les relations entre les hommes. L'apôtre de la non-violence n'aurait pas hésité à choisir les moyens les plus imaginatifs pour galvaniser ses troupes. Grand communicant, habitué à écrire fréquemment pour son journal Young India, le Gandhi de 2008 aurait créé son propre site Internet ou son blog pour communiquer avec des milliers de militants en Inde et dans le monde entier et leur dire comment reprendre le contrôle de leur vie et combattre la rapacité des marchés. Gandhi aurait adoré Internet et la source d'information que représente ce média pour les individus. Comment aurait-il appelé son site? Peut-être "www.vivredignement.com" ou "www.eprotestation.com". Gandhi aurait utilisé Internet comme une caisse de résonance pour diffuser son message. Econome, il se serait servi de Skype, le logiciel de téléphonie gratuite en ligne, pour parler avec ses disciples aux quatre coins du monde et leur dire de se préparer à descendre dans la rue afin d'obliger les multinationales, les gouvernements et les spéculateurs à revenir à la raison. Il aurait initié de vastes campagnes de diffusion de courriers électroniques pour mobiliser les opinions publiques et organiser des sit-in à Wall Street, à la Bourse de Londres et dans d'autres grandes capitales. Il aurait exhorté les populations à renoncer à la voiture un jour par semaine et à ne pas remplir leur réservoir au maximum pour contrecarrer les spéculateurs. Journaliste rigoureux, il saurait que les gouvernements et les spéculateurs ne pourraient pas exploiter cette crise si les gens consommaient moins de pétrole. Il demanderait donc à ses partisans d'abandonner leur voiture pour les transports en commun et de prendre le train plutôt que l'avion. Gandhi aurait le soutien de tous les écolos, d'acteurs comme George Clooney, Richard Gere et Aamir Khan, d'écrivains comme Arundhati Roy, et de bien d'autres encore. Mais, avant d'accepter leur soutien, il leur demanderait d'embrasser son mode de vie rustique. Chef de file d'un mouvement mondial, il aurait fait plier les géants pétroliers et les spéculateurs et forcé le monde à changer. Le Mahatma aurait proposé un modèle alternatif, une autre façon de vivre. Y a-t-il quelqu'un qui pourra incarner ce Gandhi 2008 ?" Article de Sanjay Kapoor en VO sur Hardnews en anglais. Enfin, je vous encourage à aller lire la note édifiante tant sur le fond de la circulaire que sur la forme du traitement médiatique de l'affaire d'Aurélien sur "l'annonce de France 3 au Soir 3 d'hier d'avoir mis la main sur une circulaire de la Préfecture de Police de Paris ordonnant aux forces de l'ordre de procéder en priorité à des contrôles d'identité sur des ressortissants roumains, bosniaques et par extension des pays de l'Europe de l'Est. En plus des contrôles, il est ordonné de rentrer toutes les informations ainsi recueillies dans un fichier confidentiel." |
| Contre la nomination du Président de France Télévision. Pour être constructive, je fais une proposition innovante, votre avis m'intéresseThu, 26 Jun 2008 16:04:00 +0200
Je ne ressens pas le besoin de monter au créneau sur le cas précis de la nomination du Président de FT, d'autres l'ont fait avant moi, et l'ont bien fait.* J'apporte en revanche une contribution sur le mode de gouvernance de France Télévision. Je propose au Président de la République de revenir immédiatement sur sa déclaration d'hier et de choisir une innovation que j'ose auto-labelliser "tentative d'entrer enfin dans le 21ème siècle" : L'idée est simple : "faire choisir le Président de France télévision par les résidants sur le sol français payant la redevance". Selon ce que vous en pensez, on pourrait y ajouter un autre collège, celui des salariés de ce service public. Vous l'avez compris, c'est une élection. Je ne vais pas argumenter plus que cela. Voilà une nouvelle gouvernance. Elle implique de fait une réelle séparation des pouvoirs. Voilà une façon de rendre les individus co-décisionnaires et responsables. Les modalités des élections, des financements, du cadre des professions de foi sont à définir sur demande. (Evidemment, je propose le même système pour Radio France, INA, Arte, etc...) Qu'en pensez-vous ? * AFP :Il s'agit d'une "reprise en main" de l'audiovisuel public par le pouvoir, a estimé jeudi la secrétaire nationale du Parti communiste, Marie-George Buffet, pendant que la vice-présidente du parti centriste MoDem, Marielle de Sarnez, évoquait un retour "des décennies en arrière".[voir aussi la déclaration de François Bayrou]. Même au sein du gouvernement, le secrétaire d'Etat chargé des Affaires européennes Jean-Pierre Jouyet, issu de la gauche, a dit ne "pas aimer" cette idée. De son côté, l'organisation de défense de la liberté de la presse Reporters sans frontières (RSF) a qualifié le projet d'"inacceptable", jugeant qu'il "redonne au pouvoir exécutif la capacité de contrôler la ligne éditoriale des médias publics". La presse écrite n'était pas en reste jeudi, à l'exception notable du Figaro, principal quotidien national de droite."La France avait mis des décennies à se dégager imparfaitement d'une sujétion archaïque. Elle y revient d'un seul geste (...) Nous vivons une formidable régression", dénonçait le quotidien de gauche Libération.
| | Campagne de pub du gouvernement : un bon cas pratique sur la communication au 21ème siècle, l'exemple des huiles de tournesolTue, 24 Jun 2008 00:09:00 +0200
Drôle d'époque que la nôtre. Drôle de métier que la communication. Je peux en parler un petit peu avec vous. C'est mon métier, ma formation. A part l'économie substantielle, en pleine "rigueur" que le gouvernement aurait pu faire en évitant cette campagne de pub, je ne conteste pas cette idée, puisque le gouvernement se sert des moyens que notre société a mis à sa disposition. C'est bien là le problème. Qu'avons nous induit comme effet pervers ? Que ce soit pour le gouvernement, ou pour les entreprises qui font défiler leurs messages sur nos écrans de pub, dans nos journaux, toutes ces personnes pour qui nous travaillons. Un seul son de cloche, un seul message qui voudrait nous apprendre une vérité : un espace acheté. Le consommateur, l'utilisateur lui peut toujours en penser quelque chose, on ne le saura pas. Le produit est nocif pour notre santé, il détruit les énergies fossiles, il fait crever de faim la moitié de la planète, il ne reflète pas la réalité ? Qu'importe, ce n'est pas dit dans le message. Le BVP ? Je préfère me taire et passer à l'aspect positif. Et là arrive internet. Des millions de blogs, de forums où chaque jour des consommateurs peuvent enfin dire ce qu'ils en pensent. Bien sûr, ce n'est pas sur TF1, mais c'est tant mieux. Le bouche à oreille fonctionne à plein. Des petits produits sont recommandés par les uns, par les autres. C'est la fin de la main mise des communicants, de Thierry Saussez par exemple sur nos espaces de cerveaux disponibles (comme Sarko on en a plusieurs, au moins 2;-). Le gouvernement pourra acheter tous les spots qu'il voudra (comme si les temps de paroles CSA+Elysée ne lui suffisaient pas), il ne nous empêchera pas de nous exprimer, de confronter nos points de vue sur son action. C'est terriblement triste pour eux, tellement, qu'ils ont une trouille bleue d'internet. Verrouillage du web, riposte graduée, ça vous dit quelque chose ? Allez, tant qu'on y est on va faire un petit exercice pratique. Dans le domaine de la grande distribution et des huiles de tournesol. Voilà. Moi, je trouve ça chouette internet, en 2008, il y a un réinstauration du rapport de force. De la collusion, il y en a, oui, mais de tous les côtés. Des réseaux. Certains ont de grands moyens financiers, d'autres moins, mais le rapport de visibilité et de détention de la vérité a changé (cf ma note sur Euro RSCG et Wikipédia du 10 juin dernier par exemple). C'est une bonne et grande nouvelle ! Et vous savez grâce à qui ? A vous ! Merci donc aux acteurs de la Toile ! Donc l'exercice pratique de ce soir, voilà de la VRAIE pub web 2.0 ! Ici, un article que j'avais lu dans le Canard, repris par Raffa et plein d'autres blogs. Comme Raffa, je précise que selon la selon la DGCCRF, la santé des consommateurs n'est pas en danger. "Achetées en Ukraine, 40000 tonnes d'huile de tournesol coupée au lubrifiant pour moteur ont été distribuées en Europe. Et les produits concernés n'ont pas du tous disparu des rayons français. Depuis le 5 mai, de mayonnaise, des plats cuisinés, de la vinaigrette industrielle, des conserves à l'huile, etc? préparées avec de l'huile de moteur sont en vente dans les grandes surfaces. Et ce avec la bénédiction des pouvoirs publics et de la Commission européenne. Bien sur, le consommateur n'a pas été informé? Officiellement, tout commence le 21 avril dernier, quand le groupe Saipol, numéro un français de la transformation des oléagineux et accessoirement propriétaire de Lesieur, prévient la Répression des Fraudes que son usine de Sète, où est raffinée de l'huile de tournesol brute, il y a un sérieux pépin. Une grosse rasade d'huile achetée en Ukraine est farcie à l'"huile de moteur", huile minérale dérivée d'hydrocarbure. Et pas qu'un peu : d'après nos informations, sur 2800 tonnes d'huile apparemment irréprochable, livrées en France, 19 tonnes auraient mieux fait d'aller graisser des rouages et des pistons que des gosiers. Deux jours plus tard, la France informe officiellement ses voisins européens : cette cargaison fait partie d'un énorme lot de 40000 tonnes, qui a atterri non seulement en France, mais aussi aux Pays-Bas, en Italie et en Espagne. Et c'est tout le lot qui a été trafiqué ! De quoi, pour les escrocs, se faire du beurre : sachant que la tonne d'huile de tournesol brute est vendue 1800 euros et que d'après les confidences d'un fonctionnaire de la Commission européenne, ce sont en tout pas moins de 280 tonnes d'huile de moteur qui ont été introduites en douce dans les containers, les margoulins d'Ukraine ont empoché un bénéfice de 504000 dollars (moins ce qu'ils ont déboursé pour l'huile bidon, certes, mais celle ci coûte des clopinettes). A partir du 26 avril, la Commission européenne et la répression des fraudes rendent publique l'alerte. Officiellement, l'huile de tournesol frelatée mise en bouteilles et les plats préparés à partir de cette mixture ont tous été retirés des rayons et "n'ont pas atteint le consommateur". Fort bien, mais, au fait combien de lots ont été retirés en tout ? Questionnée par "Le Canard", la DGGCRF, autrement dit, la Répression des fraudes, explique que "compte tenu du nombre d'entreprises concernées, il est impossible d'en connaître le nombre exact". Chez Carrefour Promodès, enseigne qui possède la moité des grandes surfaces alimentaires en France, on admet du bout des lèvres avoir retiré pas moins de? 200 produits concernés ! Bref, tout baigne. Sauf qu'il reste un léger problème : Saipol, la maison mère de Lesieur (laquelle marque a fait répondre au Canard par son agence de com' qu'elle n'était "en rien concernée"), a reçu sa cargaison d'huile frelatée fin février. Et n'y a vu que du feu. Jusqu'à ce qu'un mois plus tard un industriel du nord de l'Europe, destinataire du même lot, l'informe après analyse que quelque chose clochait dans l'huile de tournesol ukrainienne . Et ce n'est qu'un mois plus tard que Lesieur a enfin sonné l'alerte auprès de la Répression de fraudes. La question qui se pose est cruciale : combien de produits assaisonnés à l'huile frelatée ont été conditionnés et commercialisés entre-temps ? Saipol reconnait avoir raffiné l'huile en question pour la vendre ensuite à "une trentaine de clients de l'industrie agroalimentaire" Parmi lesquels on trouve Saupiquet, Unilever (propriétaire de Knorr, Magnum, Fruit d'Or, Miko, Planta Fin, Amora?) mais également Carrefour Promodès et Auchan. Ainsi, on peut trouver cette huile de moteur dans des batonnets de Surimi, du cèleri rémoulade, de la soupe de poisson en conserve, du poisson pané, des paupiettes de veau, du thon et des sardines à l'huile, mais aussi dans la pâte à tartiner chocolatée, le blé pour petit déj', les gauffrettes à la confiture, les barres céréalières et sucrées pour les enfants, les cookies et bien sur la mayonnaise, le tarama, la sauce béarnaise et enfin de la sauce vinaigrette">1 , dont il refuse de citer les noms. Mystère et salade verte. [?] Mais il y a plus sérieux : contrairement à ce qu'ont d'abord assuré la Commission européenne et les pouvoirs publiques français, tous les produits additionnés d'huile contaminés n'ont pas été retirés des rayons. En effet, le 2 mai, la Commission européenne s'est fendue en catimini d'une recommandation autorisant la vente de tous les aliments contenant moins de 10% d'huile de tournesol frelatée. [?] Comme l'admet la DGCCRF dans une note adressée au Canard, le 7 mai, "en l'absence de toxicité aiguë", tant pis pour les mayonnaises et autres petits plats déjà vendus. "Aucun rappel" n'a été effectué .[?]" Des infos chez Raffa. Et chez Tann Skaya qui fait une belle revue de web. Et parce qu'ici, on aime le pluralisme de l'information, les explications de Lesieur, himself, qui manifestement a bien du mal à ne pas effacer les commentaires déplaisants. Amis du web 2.0, allez-y faire un p'tit tour ! Voilà cet exercice terminé, j'en conclus que, petit à petit, on entre dans la communication du 21ème siècle, le siècle de la recommandation, de la longue traine, des nouveaux rapports de force, des nouveaux métiers, des nouveaux rapports à la consommation. It's time. Et vous savez quoi ? On va le faire et le vivre ensemble. J'en profite pour rappeler à celles et ceux qui ont oublié de signer la pétition contre la riposte graduée de SVM.
| Mon soutien à RESFMon, 23 Jun 2008 22:51:59 +0200
Insupportable déclaration de Frédéric Lefevre de l'UMP sur RESF au sujet de l'incendie du centre de rétention de Vincennes. Par ces lignes, je tiens juste à apporter mon soutien à ce réseau qui oeuvre minute après minute pour faire face à la politique inhumaine menée par Brice Hortefeux. Ils font ce que nous n'avons pas le courage de faire, nous battre pour chaque cas, chaque famille. Eux sont sur le terrain, ils n'oublient aucun être humain. Ces êtres humains à qui notre pays fait vivre l'horreur. Je vous invite à vous rapprocher des équipes près de chez vous pour vous rendre compte de ce qu'il se passe là, dans votre rue, dans la classe de votre enfant... Ah ça c'est sûr, pour le copain de votre fils, vous ne voulez pas que ça lui arrive, le petit là, oui, celui qui est venu au goûter d'anniversaire de votre petite tête blonde. Et puis, comment expliquer ça à votre enfant ? Vous ne pouvez pas... Alors si c'est vrai pour lui, c'est vrai pour tous. C'est tout. RESF est un réseau de citoyens qui réalise chaque jour une course contre la montre face à des mécaniques administratives et institutionnelles globales, chiffrées ignobles. Je veux ici remercier ces citoyens pour leur travaille d'alerte de l'opinion (afin qu'elle se mobilise et fasse que certains agissent par pétition, lors des audiences, dans les avions), et d'accompagnement et de conseil des familles.
| Opération MODERNISATION = non cuml des mandats : des visuels citoyens et une proposition de saisine de la CN par les adhérents du Mouvement démocrate ! EN AVANT !Sat, 21 Jun 2008 11:27:00 +0200
 La mobilisation continue ! Au Mouvement démocrate, une proposition de saisine de la Conférence nationale au sujet du mandat unique parlementaire : En effet, selon le paragraphe 8.1 de nos statuts, les adhérents bénéficient d?un droit de saisine de la Conférence nationale sur tout sujet intéressant la vie politique nationale et européenne. La Conférence nationale st saisie par au moins 1% des adhérents à jour de leurs cotisations. « Le Mouvement Démocrate applique le mandat unique parlementaire. En conséquence tout(e) candidat(e) membre du Mouvement Démocrate prend par écrit, avant la ratification de sa candidature, l?engagement sur l?honneur de remettre sa démission de ses autres mandats électifs après son élection au parlement national ou européen ». Signez ici ! Merci à Werner d'avoir pris la pétition en main. Je compte sur vous ! Une action similaire est en cours au PS, je ne doute pas qu'elle s'organisera chez les Verts et à l'UMP. visuels sous contrat Creative Commons © 2008 , Fanny Charrier + Fabrice Luraine : merci à eux pour leur talent et leurs cadeaux !
| A Nicolas Sarkozy "Il n'y a aucune raison qu'internet soit une zone de non-droit", nous répondons : "Déclaration d'indépendance du cyberspace"Wed, 18 Jun 2008 17:01:00 +0200
DECLARATION D?INDEPENDANCE DU CYBERESPACE "Gouvernements du monde industriel, géants fatigués de chair et d?acier, je viens du cyberespace, nouvelle demeure de l?esprit. Au nom de l?avenir, je vous demande, à vous qui êtes du passé, de nous laisser tranquilles. Vous n?êtes pas les bienvenus parmi nous. Vous n?avez aucun droit de souveraineté sur nos lieux de rencontre. Nous n?avons pas de gouvernement élu et nous ne sommes pas près d?en avoir un, aussi je m?adresse à vous avec la seule autorité que donne la liberté elle-même lorsqu?elle s?exprime. Je déclare que l?espace social global que nous construisons est indépendant, par nature, de la tyrannie que vous cherchez à nous imposer. Vous n?avez pas le droit moral de nous donner des ordres et vous ne disposez d?aucun moyen de contrainte que nous ayons de vraies raisons de craindre. Les gouvernements tirent leur pouvoir légitime du consentement des gouvernés. Vous ne nous l?avez pas demandé et nous ne vous l?avons pas donné. Vous n?avez pas été conviés. Vous ne nous connaissez pas et vous ignorez tout de notre monde. Le cyberespace n?est pas borné par vos frontières. Ne croyez pas que vous puissiez le construire, comme s?il s?agissait d?un projet de construction publique. Vous ne le pouvez pas. C?est un acte de la nature et il se développe grâce à nos actions collectives. Vous n?avez pas pris part à notre grande conversation, qui ne cesse de croître, et vous n?avez pas créé la richesse de nos marchés. Vous ne connaissez ni notre culture, ni notre éthique, ni les codes non écrits qui font déjà de notre société un monde plus ordonné que celui que vous pourriez obtenir en imposant toutes vos règles. Vous prétendez que des problèmes se posent parmi nous et qu?il est nécessaire que vous les régliez. Vous utilisez ce prétexte pour envahir notre territoire. Nombre de ces problèmes n?ont aucune existence. Lorsque de véritables conflits se produiront, lorsque des erreurs seront commises, nous les identifierons et nous les réglerons par nos propres moyens. Nous établissons notre propre contrat social. L?autorité y sera définie selon les conditions de notre monde et non du vôtre. Notre monde est différent. Le cyberespace est constitué par des échanges, des relations, et par la pensée elle-même, déployée comme une vague qui s?élève dans le réseau de nos communications. Notre monde est à la fois partout et nulle part, mais il n?est pas là où vivent les corps. Nous créons un monde où tous peuvent entrer, sans privilège ni préjugé dicté par la race, le pouvoir économique, la puissance militaire ou le lieu de naissance. Nous créons un monde où chacun, où qu?il se trouve, peut exprimer ses idées, aussi singulières qu?elles puissent être, sans craindre d?être réduit au silence ou à une norme. Vos notions juridiques de propriété, d?expression, d?identité, de mouvement et de contexte ne s?appliquent pas à nous. Elles se fondent sur la matière. Ici, il n?y a pas de matière. Nos identités n?ont pas de corps ; ainsi, contrairement à vous, nous ne pouvons obtenir l?ordre par la contrainte physique. Nous croyons que l?autorité naîtra parmi nous de l?éthique, de l?intérêt individuel éclairé et du bien public. Nos identités peuvent être réparties sur un grand nombre de vos juridictions. La seule loi que toutes les cultures qui nous constituent s?accordent à reconnaître de façon générale est la Règle d?Or [de l?Ethique]. Nous espérons que nous serons capables d?élaborer nos solutions particulières sur cette base. Mais nous ne pouvons pas accepter les solutions que vous tentez de nous imposer. Aux États-Unis, vous avez aujourd?hui créé une loi, la loi sur la réforme des télécommunications, qui viole votre propre Constitution et représente une insulte aux rêves de Jefferson, Washington, Mill, Madison, Tocqueville et Brandeis. Ces rêves doivent désormais renaître en nous. Vous êtes terrifiés par vos propres enfants, parce qu?ils sont les habitants d?un monde où vous ne serez jamais que des étrangers. Parce que vous les craignez, vous confiez la responsabilité parentale, que vous êtes trop lâches pour prendre en charge vous-mêmes, à vos bureaucraties. Dans notre monde, tous les sentiments, toutes les expressions de l?humanité, des plus vils aux plus angéliques, font partie d?un ensemble homogène, la conversation globale informatique. Nous ne pouvons pas séparer l?air qui suffoque de l?air dans lequel battent les ailes. En Chine, en Allemagne, en France, en Russie, à Singapour, en Italie et aux États-Unis, vous vous efforcez de repousser le virus de la liberté en érigeant des postes de garde aux frontières du cyberespace. Ils peuvent vous préserver de la contagion pendant quelque temps, mais ils n?auront aucune efficacité dans un monde qui sera bientôt couvert de médias informatiques. Vos industries de l?information toujours plus obsolètes voudraient se perpétuer en proposant des lois, en Amérique et ailleurs, qui prétendent définir des droits de propriété sur la parole elle-même dans le monde entier. Ces lois voudraient faire des idées un produit industriel quelconque, sans plus de noblesse qu?un morceau de fonte. Dans notre monde, tout ce que l?esprit humain est capable de créer peut être reproduit et diffusé à l?infini sans que cela ne coûte rien. La transmission globale de la pensée n?a plus besoin de vos usines pour s?accomplir. Ces mesures toujours plus hostiles et colonialistes nous mettent dans une situation identique à celle qu?ont connue autrefois les amis de la liberté et de l?autodétermination, qui ont eu à rejeter l?autorité de pouvoirs distants et mal informés. Nous devons déclarer nos subjectivités virtuelles étrangères à votre souveraineté, même si nous continuons à consentir à ce que vous ayez le pouvoir sur nos corps. Nous nous répandrons sur la planète, si bien que personne ne pourra arrêter nos pensées. Nous allons créer une civilisation de l?esprit dans le cyberespace. Puisse-t-elle être plus humaine et plus juste que le monde que vos gouvernements ont créé." Davos (Suisse), le 8 février 1996.
John Perry Barlow Electronic Frontier Foundation Seule l?erreur a besoin d?un soutien gouvernemental. La vérité sait se défendre elle-même. Thomas Jefferson, Notes sur la Virginie. Traduction de Jean-Marc Mandosio. Pétition sur SVM : plus que 5 500 signatures pour atteindre les 30 000 signatures ! Plus d'infos : la Quadrature du net Article 8 mai 2007 de Carlo Revelli sur cette déclaration Sur Yahoo, la dépêche AFP relatant le Conseil des ministres et la source de cette magnifique déclaration de NS Article de Guillaume Champeau (Numérama) sur le PS et la loi Hadopi où il revient sur la loi DADVSI. J'ai été étonnée hier de voir que seulement quelques députés socialistes lançaient un appel dans Libé contre ce projet de loi. Je salue tout de même et évidemment les signataires !
| L'opération MODERNISATION = NON CUMUL dans le Nouvel Obs de cette semaineSun, 15 Jun 2008 22:57:00 +0200
Rubrique : Chaque semaine une personnalité nous écrit- Nouvel Obs N°2275  Pas de modernisation sans non-cumul des mandats Il y avait des raisons d'y croire. 2007-2008 : les programmes présidentiels, la commission Balladur, tous étaient d'accord, la modernisation de nos institutions impliquait le non-cumul des mandats. Un levier pour guérir notre démocratie malade et renouveler le personnel politique. Juin 2008, en pleine loi de «modernisation», c'est l'omerta. «La France condamnée à l'immobilisme par ses corporatismes ?», entend-on... Le pire de ces corporatismes serait-il celui de la classe politique, incapable de se réformer elle-même ? Un par un, les chantres du non-cumul des mandats sont tombés, «oui, le système m'a vaincu», a avoué l'un des plus célèbres ex-défenseurs de la cause. Les professionnels de la politique ont confisqué le débat, trahissant leur parole donnée et stigmatisant la France, une nouvelle fois qualifiée d'«exception» parmi les démocraties européennes : 85% de cumulards en France, 16% en Italie, 10% en Allemagne, etc. Depuis trop longtemps la France se prive de ses nouvelles énergies citoyennes et engagées. Qui s'invitent du coup au débat sur les institutions ( www.nonaucumuldesmandats.org) . Au final, la classe politique a deux choix : creuser d'autant plus le fossé entre gouvernants et gouvernés, ou acter le passage des institutions au XXI e siècle en adoptant une fois pour toutes le principe du non-cumul des mandats. Ce n'est qu'au prix de cette nouvelle «nuit du 4Août des privilèges» que notre démocratie pourra réconcilier les Français et leurs institutions. Quitterie DELMAS et Julien BAYOU Déléguée nationale du MoDem, signataires de «Non au cumul des mandats», deux engagements, l'un partisan, l'autre citoyen.
| A notre frère d'engagement AliSat, 14 Jun 2008 12:40:00 +0200
Ali, je pleure ton départ. Tu me manques. Tu nous manques. Tout de toi me manque. Ton répondeur dont le message était "y'a personne", ta gentillesse, ton écoute, nos discussions sur la bibliothèque de Villers le Bel, sur le conseil municipal auquel tu étais si heureux de participer, sur les difficultés de l'engagement militant, ta grandeur, ta force, ta droiture, ta tolérance, ta foi dans la vie, le don de ton temps, de ta vie à ton quartier, à ta ville, à tes voisins, à nous aussi. Dans la tourmente, tu appaisais, tu ne dormais pas, et tu étais la passerelle entre des mondes qui ne se comprennent plus. Quand je t'ai rencontré en pleine crise à Villers le Bel, grâce à Jean Michel et Didier, je n'en revenais pas. C'était toi et toi seul qui incarnait ce dont je rêve de plus grand pour notre pays. Le symbole le plus parfait. Je voudrai te dire merci pour cette rencontre si intense. Nous nous soutenions quand nous avions peur, quand nous doutions. Peur de prendre la parole, toi au Congrès de Villepinte, moi chez Arlette. Peur dans les tourmentes de ta ville et de notre société. Mais ensemble, avec nos amis, quand nous nous retrouvions, nous n'avions plus peur. Parce que nous savions que par delà les murs qu'on a voulu mettre entre nos villes, entre nos cultures, nous étions frères et soeurs d'engagement. Et qu'ensemble, nous trouvions la force nécessaire à nous dépasser. Tu travaillais avec les gens, pas avec leurs étiquettes. J'ai tellement d'exemples en tête. Tu avais décidé d'agir. De donner de ton intelligence, de ton énergie, de ta créativité à la collectivité. Tu disais qu'il fallait s'engager. Qu'il était temps. Qu'il était urgent. Que nos villes ne se remettraient pas de nos absences. Tu rêvais d'un nouveau destin pour Villiers le Bel. Tu étais fier des talents dont cette ville regorge, tu voulais qu'ils s'expriment, qu'ils prennent en main ce destin. Ali, donne nous de ta force. Je sais que tu n'es pas loin. Nous avons, quelque soit notre mode d'action au sein de la société, besoin de toi. Toi tu reposes en paix. Nous, nous continuerons, sous plein de formes différentes, à promouvoir l'engagement sincère. Si tu veux bien, je te dérangerai quand je ne trouverai pas de solution. Aujourd'hui, nous nous mettons au service plein et entier de tes amis s'ils souhaitent que nous les aidions à mettre en oeuvre les projets qui te tenaient tant à coeur pour ta ville. Je t'en donne ma parole. Je remercie la vie de m'avoir permis de te connaître. Je suis, et nous sommes, si fiers et admiratifs de toi. Ali, je pleure pour ta famille, ta femme, tes enfants, tes parents et frères et soeurs, pour tes amis et aussi pour nous, tes amis d'engagements. C'est dur de perdre un frère. Un frère de la République. Un frère de citoyenneté, un frère du monde.
| Modernisation = non cumul des mandats, René Dosière, député (apparenté PS) de l'Aisne et "Modernisme et socialisme"Wed, 11 Jun 2008 22:50:00 +0200
Sur le chat de Libération aujourd'hui, René Dosière, député (apparenté PS) de l'Aisne, répond à la question d'un internaute : "Les parlementaires ont-ils vraiment des possibilités de contrôle de l'exécutif ? Pourrait-on envisager un amendement voté par la majorité des députés dans le nouveau texte pour améliorer la situation?" "Aujourd'hui, les parlementaires ont tout à fait la possibilité de contrôler les dépenses de l'exécutif. Il faut simplement qu'ils utilisent les moyens dont ils disposent, il faut surtout qu'ils y consacrent le temps nécessaire, ce qui n'est pas possible aujourd'hui avec le cumul des mandats. La véritable réforme qui améliorerait le contrôle des parlementaires, ce serait de supprimer le cumul des mandats. Et c'est une question qui n'est pas à l'ordre du jour." Ensuite un très beau plaidoyer en faveur de l'éthique en politique écrit par P.G-N sur Modernisme et socialisme. "Il faut une éthique à la politique. L?éthique est un mot grec qui signifie le pli, le pli de l'âme : c'est donc l'ensemble des grands principes qui permettent de progresser dans la vertu. Une éthique à la politique, ça veut dire quoi ? Répondre à cette question c?est poser diverses questions : combien de gens vont en politique, pour combien de temps et combien de fois ? La « politique » est-elle réservée à ceux qui ont de la fortune, qui exercent une activité ou l?absentéisme n?est pas un obstacle, ou bien est-elle ouverte à tout le monde ? Nos éclairés ancêtres concepteurs de la démocratie mettaient « la politique » au c?ur de la vie et de l?organisation de la Cité, les citoyens devant avoir chacun la même part d?implication et de responsabilité du « politique ». Pour cela, ils avaient déduits que la rotation de ceux qui étaient en charge des décisions devait être une règle. C'est ainsi que, nos enseignants, les grecs ont non seulement inventé le non-cumul des mandats, mais encore ils ont fait le choix de la sagesse : le non cumul dans le temps. Imaginons un instant, que dis-je rêvons, que subitement tous nos partis politiques acceptent et pratiquent ce principe ! Tiens, donc pourquoi pas au Parti Socialiste, histoire de montrer sa réelle ambition de réforme, son attachement au « libéralisme », son avant-gardisme en terme de « modernité »... Tant que ce principe de la rotation des responsabilités ne sera pas appliqué, les citoyens qui ne participent pas pleinement à la vie politique seront de plus en plus nombreux. Les réflexions sur la pratique réelle de la démocratie ont alors amenés nos vertueux ancêtres à poser un principe essentiel : l'objectif de la gestion démocratique doit être, non pas l?accroissement matériel des élus, mais leur accroissement moral, idem pour l?ensemble de la société... Ils ont également mis au c?ur des préoccupations « politiques » l?éducation, l'éducation civique au sens large du terme, c'est-à-dire aussi l?éducation politique. Et ils fixèrent des principes fondamentaux en fonction de cet objectif afin que la politique réalise son objet : rendre les Hommes plus vertueux. Constatons qu'hélas aujourd'hui ce n'est pas le cas. Quels que soient les partis politiques, l?éducation, la culture sont considérés comme un accessoire à qui l?on consacre le temps qui reste. Bref, les acteurs de gauches et surtout les socialistes, qui comptent en ce moment dans leurs rangs beaucoup d?égarés cumulards, carriéristes, éternels candidats à la candidature ou à la re-candidature seront-ils capables de se réengager autour de ces grandes lignes de force qui leurs permettraient de renouer avec la vertu politique ? Militants, vous n?êtes ni des veaux, ni des moutons..."
| Opération MODERNISATION = NON CUMUL : revue de blogs : voilà le billet de Jean-Valéry Desens, de l'UMPWed, 11 Jun 2008 00:54:00 +0200
Dans la revue de blog aujourd'hui sur le non cumul et plus largement sur la réforme des Institutions, voici ce que j'ai trouvé : une magnifique contribution de Jean Valéry Desens, de l'UMP sur les institutions françaises. Voilà, j'ai eu envie de couper son texte pour le raccourcir, mais non. Je voudrais que vous le lisiez. Jusqu'au bout. Rendons-nous compte que sur ce sujet, il y a un consensus, notamment générationnel. Nous partageons les mêmes rêves pour notre démocratie.  "Politique Voici un mot qui veut tout dire et rien dire à la fois. Posez-vous la question ! C?est quoi la politique ? Est-ce un état, un mode de réflexion intellectuel ? Est-ce pour vous un mot noble ou un terme péjoratif ? J?aimerais que vous me répondiez que la politique est une des plus belles activités qu?il y ait et que les politiciens sont des êtres dévoués qui vous donnent l?espoir d?un avenir meilleur? Mais je sais, ou plutôt je me doute, que vous ne pensez pas cela. Pourtant je puis vous assurez que la politique est une activité extraordinaire, extrêmement noble, mais dont les acteurs ne sont pas toujours à la hauteur. Mais ne généralisons pas ; s?il existe bien des politiciens dont les agissements ont entaché leur activité, ceux-ci ne représentent qu?une infime minorité qui par la médiatisation de leurs actes ont masqué le travail exemplaire de milliers d?élus qui tous les jours travaillent bénévolement pour nous, en organisant et en gérant nos cantons, nos villages, nos villes, nos intercommunalités, nos départements, nos régions, notre pays et notre Europe. Ca fait beaucoup de strates tout cela ! N?est-ce pas trop d?ailleurs ? Je n?ai pas encore tranché sur la question mais je m?interroge? Alors que notre gouvernement travaille sur la modernisation et la réforme de nos institutions, j?eusse aimé que l?on nous propose des modifications osées synonymes de la modernité de notre pays. Je pense qu?il eu été normal de se poser la question de la suppression de l?échelon administratif départemental et de la suppression du sénat qui pour un grand nombre de français ne représente plus rien. En réalité dire que le sénat est totalement inutile est un raccourcit sévère et imprécis. Car si son rôle législatif est difficilement lisible, il faut cependant lui reconnaître une réelle capacité à provoquer le débat et à stimuler la réflexion. Mon avis, c?est qu?il serait tout à fait possible de transférer ses prérogatives ou plutôt ses capacités d?investigations à l?Assemblé Nationale et donc à nos députés qui sont, eux des représentants directs du peuple puisqu?ils sont élus grâce à notre vote direct. Allez, osons dire que le mode d?élection des sénateurs est obsolète et qu?il masque parfois des arrangements dont personne ne peut être fier. C?est un bon moyen d?acheter la paix politique et de se partager le gâteau des places éligibles. Et oui, les élections sénatoriales peuvent être une forme de monnaie d?échanges. Elles peuvent permettent de proposer des postes de sénateurs à des candidats qui dérangeraient dans le cadre d?une élection municipale ou législative. Non, vraiment, j?ai des difficultés à croire que ce mode d?élection existe encore dans notre pays. Alors je rêve, vous l?avez compris, de la suppression ou au moins d?une reconfiguration du Sénat tout en imaginant une nouvelle Assemblé Nationale qui proposerait 90% des lois après les avoir étudiées en commission et avant de les voter pour qu?elles soient appliquées par notre gouvernement. Ce n?est faire que peu de cas de cette institution que de ne lui laisser qu?un rôle d?enregistrement des lois proposées par le gouvernement. L?Assemblé Nationale devrait donc, selon moi, être la pierre angulaire de la modernisation, de l?actualisation et de la rédaction de nos lois. Mais pour qu?elle soit totalement légitime elle doit être représentative des tendances politiques du peuple. Qu?on le veuille ou non, notre Assemblé Nationale n?est pas une photo politique du peule français. Souvenez-vous du second tour des élections présidentielles de 2002 ! Avions-nous Chirac face à Jospin ? Non ! Nous avions Chirac face à Le Pen. Et aux dernières présidentielles, quel était le troisième parti de France ? Le modem ! Et pourtant il n?y a pas de député du front national et que 4 députés Bayrouistes. C?est ridicule. Evidement je ne suis pas pour une proportionnelle intégrale qui n?aurait que pour résultat de déstabiliser notre assemblé mais il m?apparaît comme indispensable de proposer une dose de proportionnelle afin que chaque parti politique ait un nombre raisonnable de représentants. De même il me semble qu?autoriser le président de la république à s?exprimer devant les députés serait légitime et l?obligerait à justifier directement devant les représentants du peuple sa politique. Après tout c?est bien le nom de notre président qui était sur le bulletin que nous avons déposé dans l?urne pour les élections présidentielles, pas celui du premier ministre. Le vrai responsable de la politique mené dans notre pays doit être le président de la république. Ce concept gaullien est éminemment moderne et trouve sa justification dans la campagne même des élections présidentielles. Quand chacun d?entre vous a fait son choix, il l?a fait sur les bases de la campagne, sur les bases d?un programme proposé par un et un seul candidat qui lui-même s?est affranchit partiellement de son parti pour transcender les étiquettes. C?est lui qui est le représentant de son programme et qui a tranché sur les propositions qu?il proposait aux français pendant ses meetings?alors c?est lui qui, une fois élu, doit être au créneau pour assumer les conséquences de ses choix et non pas son premier ministre qui lui est là pour appliquer le programme pour lequel les électeurs se sont prononcés. C?est une forme de lucidité et de respect des citoyens. Si vous me suivez dans mes propos alors vous devez aussi vous poser la question de la représentativité des élus. Je vous invite à observer la liste de vos conseillers municipaux dans vos communes et vous constaterez probablement qu?il y a peu de jeunes et de femmes et beaucoup de retraités. Vous noterez aussi que parmi nos ministres et nos députés il y a une forte proportion d?énarques et de fonctionnaires ! Pourquoi ? Parce qu?en France il n?y a pas de statut de l?élu. Quand vous êtes un élu vous n?êtes pas ou presque pas payé, alors peu de jeunes peuvent participer à l?action politique locale puisque ce choix les priverait de leur gagne pain. De même il n?y a pas de statut spécifique de la femme politique qui lui permettrait de concilier l?éducation de ses enfants et une charge politique. Les années de mandats devraient compter dans les trimestres pour la retraite au même titre que celles de salariés ou des chefs d?entreprises. Créons un vrai statut de l?homme ou de la femme politique et profitons-en pour limiter le cumul des mandats. Cela aura un double avantage ; renouveler la classe politique tout en la faisant à l?image de son peuple. Evidemment, dire que les hommes politiques sont mal payés n?est pas très populaire, mais pourtant c?est la réalité. Otez vous l?image du riche sénateur et regardez les infimes indemnités de vos élus locaux qui travaillent 40, 50, 60 ou 70 heures par semaine et qui négligent souvent leur vrai métier qu?ils sont cependant souvent obligés de conserver en parallèle pour boucler les fins de mois. En créant un vrai revenu de l?homme politique c?est tout une nouvelle tranche de la population française qui pourra faire le choix d?embrasser la carrière d?homme ou de femme politique. Demain un smicard avec 2 enfants pourra alors peut être choisir de participer à la gestion de sa commune ou de son département. Et oui, la politique doit être un vrai métier? Bref, vous constatez que j?aimerais que la réforme de nos institutions soit beaucoup plus poussées que le consensus mou que l?on nous concocte actuellement à l?assemblé nationale. Finalement je suis assez tenté de basculer dans la 6ème république. Cette année nous fêtons les 50 ans de la 5ème république ; imaginez vous que cette république fut mise en place 10 ans avant mai 68 et 13 ans après la 2nd guerre mondiale. Ce n?est donc pas étonnant qu?elle mérite une évolution ; et dire cela n?est pas renier ni insulter le passé mais très franchement notre république ne colle plus à notre époque. Il faut comprendre que les trentenaires actuels (dont je fais parti) n?ont même pas connu le général De Gaulle. Et comme l?enseignement faillit, il est probable que mes enfants parleront de cet homme comme l?on parle de Vercingétorix. Le désintérêt actuel des jeunes et même des français dans leur globalité pour la politique trouve son terreau dans ce fossé. Les français ne se reconnaissent pas dans nos hommes et nos femmes politiques ni dans leurs institutions. Mais pour réformer la constitution il ne faut pas une majorité relative mais une majorité des 3/5ème (des députés). Et comme l?UMP n?a pas cette majorité à elle toute seule, il va falloir trouver un consensus pour que des voix du PS et du modem votent en faveur de cette réforme. Et donc attendons nous à ce que cette réforme ne soit que partielle et donc à ce que le fossé qui sépare les élus des citoyens ne soit pas rebouché. Il est loin le temps des propositions Balladur où tout semblait envisageable. Mais je ne désespère pas car un peu partout on entend des voix moins consensuelles qui s?expriment différemment. L?espoir est là et je me laisse emporter dans une rêverie, dans un imaginaire ou les députés voteraient les lois sans se préoccuper des étiquettes et en ne pensant qu?a la qualité des textes ; où les militants choisiraient leurs candidats par un vote démocratique (même pour les élections locales) ; où la langue de bois serait trois pieds sous terre ; où il y aurait autant de femmes élues que d?hommes ; où les principales qualités d?un élu (aimer, respecter et servir ses citoyens) seraient reconnues et feraient déplacer 90% des citoyens pour voter. Si vous avez analysez ma « prose » vous constaterez que je parle de rêverie et pas de fantasmes...contrairement aux fantasmes les rêves sont faits pour être réalisés, alors je suis convaincu qu?un jour cela existera ; après tout, un jour il y a bien eu un homme pour rêver de mettre un pied sur la lune, pour rêver de gravir l?Everest, pour rêver de ne plus avoir son linge à laver à la main ou pour rêver de gagner la coupe du monde de foot?." Jean-Valéry DESENS
| Opération MODERNISATION = NON CUMUL. Excellent article d'Aurélien : "The Cumul des mandats", so french : Bravo !Wed, 11 Jun 2008 00:08:00 +0200
_ Nous entendons ou lisons régulièrement nos représentants politiques louer les idées, les lois ou les principes de nos voisins européens. Ils nous vantent régulièrement les mérites des modèles allemands, danois, suédois ou encore britanniques. Il est cependant un sujet sur lequel nos élus se gardent de lorgner par delà nos frontières: le cumul des mandats. Et pour cause... Suite à l'excellente initiative de Quitterie Delmas avec son mois de buzz militant contre le cumul des mandats, j'ai entrepris ma propre recherche sur le sujet. J'ai d'abord voulu prendre pour approche la conception du cumul dans d'autres grandes démocraties. Première surprise: l'expression "cumul des mandats" n'a pas d'équivalent usuel en anglais. Il existe bien des traductions plus ou moins littérales comme "plurality of mandates" ou "multiple terms of office", mais la pratique étant rarissime en dehors de la France, notre ami Google trouvera plus de sites mentionnant THE "cumul des mandats" que d'autres utilisant un terme officiel anglophone. Même sur Wikipedia, version internationale, on utilise l'appellation française dans le texte. C'est dire à quel point la pratique du cumul des mandats est "bien de chez nous". J'ai alors cherché plusieurs articles de presse étrangère sur le sujet. Celui-ci, du New-York Times, vaut son pesant d'or. On y décèle une ironie certaine sur le fait que plusieurs ministres de l'actuel gouvernement se sont lancés dans la bataille des dernières élections municipales, de Christine Lagarde à Xavier Bertrand en passant par Rachida Dati. On y rappelle que le cumul des mandats, ayant atteint un sommet lorsque le maire de Paris était également Premier Ministre en la personne de Jacques Chirac de 1986 à 1988, est pratiquement un sport national. D'ailleurs, si vous avez bien lu l'article Wikipedia, nous sommes passés de 36% de députés cumulards en 1946 à 96% (!) en 1988. Aujourd'hui nous sommes autour de 85%, selon le New-York Times, contre environ 20% en Allemagne, en Italie ou au Royaume-Uni. Pourquoi les élus français aiment tant cumuler? Sur ce point la presse étrangère ne va guère plus loin que ce nous savons déjà. Cumuler une fonction locale permet à un élu possédant déjà un mandat national de garder un lien avec le réel, le concret, les électeurs. Ça vaut mille sondages, selon Xavier Bertrand. Soit... admettons. Mais si ce lien est si vital, il n'est pas interdit de communiquer, ni de déléguer, ni d'associer. Ne pourrait-on pas imaginer d'autres solutions? Par exemple que chaque député et sénateur puisse avoir un partenaire attitré, un binôme qui aurait un mandat local? Cela permettrait aux deux mandats d'être exercés à temps plein, justifiant ainsi le versement d'indemnités pleines. Je crois que d'autres avantages au cumul ont plus de réalité. Les élus locaux peuvent ainsi faire du lobbying au niveau national ou européen pour obtenir des faveurs ou des financements pour le développement de leurs villes ou régions. Les cumulards peuvent additionner les avantages financiers et matériels. Ils assurent dans le même temps une solution de repli en cas de perte d'un mandat. Ils s'assurent aussi une visibilité dans les médias, ce qui, sachant que les candidats estampillés "vu à la télé" ont un avantage acquis sur leurs adversaires plus anonymes, est loin d'être négligeable d'un point de vue carriériste. Et puis, l'ambition politique faisant souvent mauvais ménage avec la fidélité ou les scrupules, la véritable origine et l'attachement qu'ont nos élus pour le cumul des mandats se cachent peut-être dans cette citation de Valéry Giscard d'Estaing: "La trajectoire d?un élu politique en France répond à deux lois simples : on se présente à une fonction pour préparer sa candidature à la fonction suivante ; lorsqu?on est élu à la fonction supérieure, on conserve la fonction antérieure de manière à éviter qu?un « intrigant » ne vienne reproduire à vos dépens le parcours que vous venez de réussir. D?où l?obsession de cumuler les mandats." Mieux vaut en rire? Mieux vaut réformer. Sans doute est-il temps pour nos élus d'étudier les modèles étrangers, notamment allemands, britanniques ou mieux danois et finlandais, qui nous distancent de manière presque humiliante en terme de respect de la parité, du renouvellement des générations d'élus ainsi que de la corruption. Aurélien du blog "Du bord de ma fenêtre"
Rien à dire à part un grand chapeau, tout y est ! Du fond, et des rencontres sur le fond extra. Un immense merci par delà l'Atlantique ! Et pour finir, un jeu organisé par Werner, attention envoyez vos réponses sur son blog : Non cumul, qui a dit ?... 1. Si je cumule?c?est pour mieux me battre? contre le cumul des mandats. 2. Je m’?applique à moi même le non-cumul des mandats. 3. La France est le seul pays démocratique au monde où on accepte qu?un parlementaire soit autre chose que parlementaire, et qu?un ministre puisse aller passer trois jours par semaine dans sa commune ou sa région. 4. Comment ?donner plus de pouvoirs au Parlement sans corrélativement exiger plus de présence et de travail des parlementaires ? 5. Le cumul des mandats, c?est la facilité 6. C?est vrai. Je voulais démissionner, mais le PS n?avait pas envie d?organiser une élection partielle. J?ai cédé, par discipline de parti. Je n?en suis pas fier. 7. Le cumul empêche de s?investir calmement dans une tâche. 8. Le cumul des mandats - le bal des hypocrites ! J?attends vos réponses ! Comme dans chaque concours qui se respecte, les participants de ne sont pas autorisés de concourir 
| Suite à l'article sur Eva Joly, de quel côté sommes-nous ? Euro RSCG, FAI et la charte de "confiance en ligne", de bien mauvaises nouvelles...Tue, 10 Jun 2008 23:55:00 +0200
Euro RSCG au nom des entreprises du CAC 40 part en guerre contre Wikipédia. Voir la chronique de David Abicker sur France Info qui m'a mise hors de moi ce matin. Pauvres petites entreprises qui n'ont aucun budget pour communiquer à leurs actionnaires, leurs clients, faire du lobby auprès la classe politique face à ce géant qu'est Wikipédia. C'est à pleurer. Et pourtant, si une exactitude se trouve sur une fiche, il est possible à tous de modifier la fiche en argumentant. Oui Wikipédia est un géant, un géant de l'intelligence collective, de gratuité, et de travail coopératif. Deuxième mauvaise nouvelle ; sur PC impact : "Le gouvernement tente actuellement de faire signer d'ici le 10 juin par les FAI, les opérateurs de télécom et les prestataires (fournisseurs en ligne et éditeurs) une charte dite sur la « confiance en ligne ». Ce document, issu du ministère de l'Intérieur, est une petite bombe pour ces fournisseurs de tuyaux plus habitués à la neutralité de leur fonction. Il s'inscrit dans le cheminement de la charte sur les contenus odieux de 2004 et les travaux du forum des droits de l'Internet afin de construire un internet civilisé et sécurisé." A lire, l'article de la Quadrature du Net avec une déclaration inquiétante de son co-fondateur de Christophe Espern : « Le but du pouvoir exécutif français n'est pas de lutter efficacement contre la criminalité avec des mesures adéquates car nécessaires, appropriées et proportionnées. Il s'agit de contrôler par tous les moyens le seul média libre qui ne lui obéit pas. » déclare Christophe Espern, co-fondateur de la Quadrature du Net, ajoutant « Il y a quelque chose d'odieux à utiliser la lutte contre la pédopornographie comme alibi à Big Brother. Les services de police concernés ne demandent pas de telles mesures. Parler de "confiance en ligne" dans ce contexte relève de la Novlangue. » Ca promet... Gardez l'oeil ouvert et surtout un esprit libre et critique !
| La force qui nous manque. Eva Joly.Mon, 09 Jun 2008 22:36:08 +0200
J'ai passé beaucoup de temps avec Eva Joly l'été dernier. La lecture de son livre en quelques heures, puis des pensées, souvent. Alors que les règles du jeu du système politique venait de m'assener une bonne baffe dont je sortirais finalement renforcée, je repartais sur les traces des femmes qui ont fait naître des millions de vocations, dont l'une d'entre elles, la mienne. Au menu : Eva Joly, Yvette Roudy, Ingrid Betancourt pour la millième fois, Simone Veil, Françoise Giroud, et d'autres personnages comme la femme pirate Mary Read. Où comment puiser des forces lorsque le système vous met à terre ! Solidarité féminine par-delà les époques et les rencontres. Eva Joly, tout le monde la connaît. De nom, de fait d'armes. Et pourtant, j'avais besoin de mieux connaître son combat et surtout la suite de son combat. Comment a-t'elle réussit à poursuivre lors d'une deuxième vie l?objectif ultime qu'elle s'était fixé ? Elle m'a convaincu. D'une part, parce qu'elle écrit son livre de son "rocher breton". Elle se définit comme un électron libre. Elle ne cherche point de vengeance, pour autant elle continue sa quête, sa quête de justice. Elle a connu l'envers du décor. Un de ses constats : "Loin de Paris, j'ai la confirmation que l'élite française n'est qu'un club qui ne fait plus évoluer le monde". (...) En bâtissant notre confort sur un pacte corrupteur entre multinationales occidentales et despotes du tiers-monde et en abritant dans nos banques tout l'argent qui en découle, la partie riche du monde a semé colère et frustration. Une bombe à retardement a été posée, il y a longtemps déjà. Le marché sent bien les turbulences, les bulles financières éclatent, les fonds circulent sans plus de contrôle, certaines autorités économiques, d'ordinaires libérales, demandent de la vigilance." Sur le fond, je partage son combat. Sur la forme, elle m'a définitivement conquise : "Alors d'affaires en amitiés, j'ai fini par bâtir un Network, un réseau mis en place en 2005 avec l'appui de mon gouvernement. L'idée est simple : réunir de manière informelle ceux qui de par le monde sont en charge de difficiles dossiers de corruption, procureurs, enquêteurs, juges, policiers. Il y a partout des énergies..., isolées dans leur pays, en butte au système, au pouvoir politique, il faut les relier entre elles, tisser une toile serrée, forger un bouclier." Très web 2.0 comme démarche. Chapeau bas, Madame Eva Joly. Enfin dans son livre, de multiples exemples d'histoires de femmes et d'hommes courageux, qui décident un jour de passer de l'autre côté, . Et nous, de quel côté sommes-nous ? Et toi, qui t'es levé pour ovationner Eva Joly dimanche matin à la Convention Europe du Mouvement démocrate, de quel côté es-tu ?
| Opération MODERNISATION = NON CUMUL : "Si on ne cumule pas, on est morts"Mon, 09 Jun 2008 11:04:00 +0200
"Si on ne cumule pas, on est morts" dit Arnaud Montebourg pour Parlons net (émission aux micros de David Abicker (France info), de Samuel Pottier (lefigaro.fr), de Julien Martin, (rue89.com) et d'Anna Borrel (Marianne2.fr). Je réponds à Arnaud Montebourg, "si vous cumulez, c'est nous qui sommes morts". C'est l'engagement, l'énergie, les idées neuves, notre chance d'être un jour au service de notre pays sans avoir été bouffé par la compromission et trahir la parole donnée. Et encore, si ce n'était que cela. C'est aussi la classe politique actuelle qui, à force de se désavouer comme elle le fait sur le non cumul des mandats, se met en danger. Vis à vis des électeurs, vis à vis des adhérents des partis politiques qui ont fait campagne sur cet espoir d'appel d'air, de renouvellement des personnes, des méthodes donc des idées. "« Si on ne cumule pas, on est morts » Au passage, il revient sur la délicate question du cumul des mandats : défenseur du non-cumul pendant des années, Arnaud Montebourg a lui-même cédé aux sirènes après avoir frôlé la défaite aux législatives. Le député-président du Conseil général regrette qu'il n'y ait aucune « prime à l'exemplarité » et explique, un brin désabusé, que si le peuple ne peut s'emparer du sujet à travers un référendum d'initiative populaire, les députés - de droite comme de gauche - n'auront jamais le courage de s'y attaquer... Rattrapé par le système, Arnaud ? Il lance une petite pique en rappelant que si Ségolène Royal ne cumule plus, « c'est nouveau, elle a cumulé pendant des années»... "
| Convention Europe du Mouvement démocrateSun, 08 Jun 2008 21:08:00 +0200
Un an jour pour jour avant le renouvellement du Parlement européen, le Mouvement démocrate ouvre ses travaux d'Hercule. Voici un bref résumé réalisé par Marianne Bondaz, que je remercie chaleureusement de son travail de synthétisation. "De la première table ronde, centrée sur la question du « modèle européen », voici les positions et questions suivantes : Jérome Vignon (proche de Jacques Delors) Le modèle social européen possède trois caractéristiques : l?idée d?un contrat de travail, l?importance des intermédiaires sociaux représentant leur communauté de travail et un engagement public pour la solidarité. Si l?ion regarde les pays qui réussissent bien en matière d?équilibre social, les clés de la réussite semblent reposer sur l?équilibre entre formation initiale et formation tout au long de la vie, sur l?accueil et la valorisation des migrants et sur la lutte contre les inégalités en matière de santé. Gérard Desprez (député européen belge) Le continent européen est en déclin démographique (en 2050 notre population aura diminué de 75 à 100 millions alors que celle des Etats Unis aura augmenté de 100 millions dans le même temps). Dans 20 ans, les plus de 65 ans représenteront 32% de la population et la population en âge de travailler diminue. Le sujet de l?immigration est une obligation absolue car nous aurons une pression migratoire et des besoins migratoires ; il ne faut pas laisser ce sujet aux extrêmes. La logique répressive est nécessaire contre les mafias et les « négriers de chez nous » mais elle ne suffira pas. Il faut aussi une politique active d?intégration. Emmanuel Todd L?Europe est en train de devenir un concept négatif. Ce qui mine l?idée européenne est la confusion entre l?idéal européen et l?idéal du libre-échange. Contrairement à la théorie, le libre échange n?est pas gagnant-gagnant, il mène à l?explosion des inégalités et à la diminution des salaires considérés comme des coûts purs, ce qui a pour conséquence une contraction du marché intérieur avec la baisse des revenus. L?Europe a les moyens de se protéger par un système de barrières tarifaires ou de quotas, à condition d?accepter la prééminence de l?Allemagne au plan européen. Les gens attendent des solutions à leur problème pas un rêve. Sandro Gozzi (député italien) Le mal de l?Europe est l?absence de politique économique européenne. On confond les instruments d?action (pacte de stabilité?) et les objectifs (emploi, pouvoir d?achat). Malheureusement la conjoncture politique européenne n?est pas favorable à l a mise en place d?une politique économique forte. Or ce sont les ultra-libéraux qui par leur fanatisme font monter l?anxiété et la xénophobie. De la seconde table ronde centrée sur l?Europe dans le monde, voici quelques échos. Jean-Luc Domenach Les pays d?Asie montent mais doivent affronter de graves problèmes. Le Tibet est une question coloniale et nous ne sommes pas els mieux placés pour critiquer. La Chine doit passer d?un régime totalitaire à un régime autoritaire ploutocratique. L?Europe est inefficace en Asie mais a une excellente image grâce à l?euro. L?Europe c?est la mesure dans le monde. Si nous voulons agir dans le monde, il faut accepter de désigner le chef de file européen le plus adapté par pays (Grande Bretagne en Inde, France au Vietnam, Allemagne en Chine?) Marcel Mazoyer (ancien de la FAO) Beaucoup de chiffres? 3 milliards d?êtres humains ont moins de 2 ? par jour pour vivre, 1,5 milliards souffrent de malnutrition. Ce sont surtout les paysans qui souffrent de la pauvreté. L?alimentation étant vitale, on ne peut admettre de réguler l?offre par la demande solvable, sauf à considérer que 30% des êtres humains ne mangent pas à leur faim. Le partage nécessite de doubler la production agricole ce qui suppose de garantir un prix aux agriculteurs afin que toutes les terres cultivables durablement soient exploitées. |
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