Comme je n'ai pas rédigé ces textes, pour toutes questions , vous pouvez contacter les auteur-e-s (que je remercie d'ailleurs ) David et Sophie: chrysalidelyon@yahoo.fr
Quand les trans vont chez le médecin...
Les personnes transgenres ou transsexuelles sont fréquemment confrontées à des difficultés dans leur rapport avec le corps médical. La plupart des médecins sont incapables de répondre à nos problèmes de santé, d?autres refusent de nous recevoir.
Par manque de connaissance, certains médecins n?accepteront pas de nous traiter : des orthophonistes pensent à tort que les oestrogènes féminisent la voix et refuseront de suivre une MtF (femme transsexuelle) non hormonée ; d?autres avanceront le fait de ne pas avoir été formés aux traitements spécifiques à la transition (parcours fait par une personne trans).
Ils ne sont pas toujours en mesure de nous aider ou bien ils prescrivent des traitements contre-productifs par exemple des anti-androgènes pour des FtM (homme transsexuel). De plus, en raison des préjugés, il nous est souvent difficile d?être suivis par un gynécologue ou un andrologue. Le médecin refusera de nous examiner par principe, au motif que les chirurgiens qui nous ont opéré sont les seuls qui devraient s?occuper de nous ou que notre présence pourrait déranger les autres patients.
A cause des contraintes de la procédure de changement d?Etat Civil qui conditionne le 1 et le 2 du numéro de sécurité sociale, notre accès aux soins médicaux les plus simples peut devenir un véritable parcours du combattant ; même lorsque nous souhaitons consulter hors du cadre de notre transition, nous tombons souvent sur des médecins méprisants.
A cause de notre numéro de SS, nous sommes sans cesse réassignés/ées à la pseudo naturalité de notre identité. Il est tout à fait inacceptable qu?il soit obligatoire en France que seules les personnes ayant été stérilisées chirurgicalement puissent avoir ce droit de voir leur vie privée enfin respectée.
L?accès au traitement hormonal est conditionné par l?accord d?un psychiatre. Certains s?évertueront à vouloir guérir leur patient qui doit accepter le corps que la nature (Dieu ?) lui a donné : n?oublions pas que nous sommes toujours considérés comme des malades mentaux par l?OMS.
D?autres donneront leur accord à condition que le patient respecte des conditions arbitraires : hétérosexualité dans le sexe de destination, volonté d?effectuer une chirurgie de réassignation sexuelle... alors que rares sont les personnes trans qui correspondent à ces stéréotypes.
Des médecins se présentant comme des ?spécialistes? du « transsexualisme » qui forment des équipes multidisciplinaires pseudo officiels et imposent des protocoles contraignants s?inspirent de ces critères.
Leurs critères excluent bien entendu de nombreux trans qui se retrouvent en grande détresse morale, d?autant qu?il leur est souvent tenu des propos insoutenables : (un endocrinologue) « Je pourrai vous prescrire des hormones maintenant. Ce serait facile.
Mais vous vous êtes marié et avez un enfant. Donc assumez », ou bien (un psychologue à une personne disant qu?elle risque de ?faire une bêtise? si elle ne peut pas avoir d?hormones) « nous nous sentons responsables lorsqu?une personne à qui nous avons permis d?effectuer une transition se suicide. En revanche, quand il s?agit de quelqu?un qui n?entrait pas dans le protocole, ce n?est pas notre problème. ».
En juin 2005 ActUp a osé dénoncer publiquement via un tract le discours d?une psychiatre partisane de ce type de discours. Le président de l?association a été condamné en appel à 5000? de dommages et intérêts pour diffamation et verra cette condamnation portée à son casier judiciaire.
Il reste toutefois possible de faire une transition en dehors de ces pseudo ?équipes officielles?.
On peut trouver un psychiatre et un endocrinologue sans idées préconçues afin de commencer notre parcours. Créer sa propre équipe soignante, c?est aussi choisir ses interlocuteurs et quelque part choisir sa vie.
La Transidentité en France en 2007
La transidentité est le fait de ressentir une inadéquation entre son corps et son esprit, entre son anatomie et la conviction d?être homme ou femme. Ce n?est pas une affaire de sexualité mais d?identité. Ce n?est pas une forme d?homosexualité. Cette conviction profonde d?être homme ou femme s?appelle l?identité de genre. En effet, malgré les préjugés, il n?y a pas de lien nécessaire entre corps biologique et identité psychique : on peut être né avec un corps masculin mais se sentir profondément femme et vouloir vivre socialement comme telle. Cette situation est source de souffrances psychiques et affectives. La transidentité regroupe une grande variété d?identités : travesti(e)s, transgenres, transsexuel(le)s... De manière générale, on parle de personnes trans. Il est important pour les femmes trans MtF (Male to Female) d?être considérées socialement comme femme. Il est donc nécessaire de s?adresser à elles au féminin. De même, un homme trans FtM (Female to Male) doit être reconnu en tant qu?homme et on devra s?adresser à lui au masculin.
Les trans se retrouvent isolés socialement lorsque les amis et la famille s?éloignent d?eux au lieu de les soutenir dans leur parcours. De plus, le rejet dans le monde du travail est fréquent. Par peur d?avoir à affronter le regard des autres, d?essuyer des insultes, voire de se faire agresser, les personnes trans ont souvent peur de sortir de chez elles. Le décalage entre l?apparence et l?état civil pose également de nombreux problèmes au quotidien chaque fois qu?il est obligatoire de présenter ses papiers d?identité : retirer un colis à la Poste, voter, passer des examens, trouver un emploi ou un logement, subir un contrôle de police ou de douane... De ce point de vue, on est comme sans-papiers dans son propre pays.
Cependant, pour bénéficier du changement du sexe sur l?état civil, l?État français impose de suivre un long protocole arbitraire et discriminatoire que nous voulons voir disparaître. Il impose d?avoir préalablement effectué des opérations chirurgicales de « réassignation sexuelle » (mammectomie et hystérectomie pour les hommes, vaginoplastie pour les femmes).
Ces opérations sont lourdes et nécessitent des soins à vie. En France, les résultats obtenus sont si catastrophiques que l?on constate très souvent une perte totale du plaisir, de nombreux problèmes fonctionnels, et des résultats esthétiques très approximatifs... En outre, de nombreuses personnes transsexuelles ne ressentent absolument pas le besoin de se faire opérer. Nous estimons que la France doit prendre exemple sur d?autres pays comme l?Espagne qui n?exigent pas d?opérations pour l?obtention d?un changement d?état civil. Même après l?opération, la loi laisse à la discrétion des tribunaux le choix d?imposer des expertises humiliantes, ce dont beaucoup ne se privent pas. Il est lamentable que la transsexualité soit aujourd?hui encore considérée comme une maladie mentale par le DSM IV, l?ouvrage de classification des troubles mentaux établi par les psychiatres, comme l?homosexualité l?était il y a 30 ans.
L?association Chrysalide tient des permanences Trans le 3e samedi de chaque mois, de 16 h à 18 h dans les locaux d?Aris, 19 rue des Capucins 69001 Lyon. Nous partageons des informations et échangeons avec les nouveaux/elles venus/es en toute convivialité.
Je vous invite vivement à lire l'interview de Xavier DARCOS.
Le ministre s'engage fortement contre l'homophobie en mileu scolaire. Son Administration va-t-elle suivre ?
A la veille de la 13e marche des fiertés Lesbiennes, Gaies, Bi et Trans, le 14 juin dernier, nous avions interpellé le recteur de l'Académie de Lyon.
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À l?occasion de la 13e marche lyonnaise des fiertés Lesbiennes, Gaies, Bi et Trans, ce Samedi 14 juin, dont le thème est « Pour une Education sans aucune discrimination », La Lesbian and Gay Pride de Lyon, l?Autre Cercle Rhône-Alpes et Moove ! adressent aujourd?hui une lettre ouverte au recteur de Lyon pour qu?il s?engage plus volontairement en matière éducative dans la lutte contre les discriminations liées à l?orientation sexuelle et à l?identité de genre.
Lettre ouverte à Monsieur le Recteur de l?Académie de Lyon
Monsieur le Recteur,
Le 4 avril dernier, le Ministère de l?Education nationale publiait une circulaire de rentrée qui consacre un paragraphe à la lutte « contre toutes les violences et toutes les discriminations, notamment l?homophobie » (BO n° 15 du 10 avril 2008).
C?est la première fois qu?une circulaire de rentrée mentionne aussi explicitement la lutte contre l?homophobie.
Auparavant, cette nécessité était tout juste évoquée dans certaines circulaires relatives à la lutte contre le sida ou à l?éducation à la sexualité, de portée bien moindre.
Cependant, cette avancée symbolique impose la mise en ?uvre concrète d?actions contre les violences homophobes et transphobes subies par les jeunes en recherche de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre.
Comme cette circulaire de rentrée soulève d?immenses espoirs chez les acteurs de la lutte contre les discriminations : nous souhaiterions savoir comment vous allez réagir. Des initiatives ont-elles été prises dans les établissements de l?académie de Lyon dans le cadre d?une information ou d?un projet ? Allez-vous mener une politique ambitieuse d?éducation à la citoyenneté et donc une politique de lutte contre les discriminations qui n?oublierait pas celles liées à l?orientation sexuelle et à l?identité de genre ?
Nous serions également intéressés de savoir si des incidents ont été portés à votre connaissance dans l?académie ces dernières années, y a t?il des statistiques ?
Nous savons combien la question peut vous paraître dérangeante mais, malheureusement beaucoup de jeunes adolescents se suicident à la découverte de leur orientation sexuelle faute de compréhension et de lieux de paroles. Ainsi selon une étude de l?INVS parue en juin 2007 portant sur 6184 hommes homosexuels, il y a cinq fois plus de tentatives de suicide chez les jeunes homosexuels que chez les jeunes hétérosexuels : 32 % des homosexuels de moins de 20 ans ont tenté de se suicider !
De plus, d?après un rapport de Dominique Versini, défenseure des enfants, 10 % des tentatives de suicide des filles âgées de 15 à 24 ans seraient liées à la difficulté de vivre son homosexualité. Ainsi de nombreuses études mettent en évidence le rapport entre le mal-être généré par le rejet dont les jeunes en recherche de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre font l?objet et la sur-suicidalité des jeunes homosexuel-le-s. De même en matière de prévention les associations de lutte contre les IST (dont le VIH) ont souligné depuis longtemps le lien entre mal-être, mauvaise estime de soi et prises de risque.
En mars 2008, à Bagneux, six jeunes de 16 à 25 ans reconnaissaient avoir séquestré un garçon de 19 ans et lui avoir fait subir des sévices et humiliations à connotations antisémites et homophobes durant une journée entière. Ils auraient écrit « sale juif » et « sale pédé » sur son visage et l?auraient contraint à mimer une fellation sur un bâton.
Nous faisons un triste constat. Quand elles s?expriment sous leurs formes les plus désinhibées, les violences homophobes sont très régulièrement le fait de jeunes scolarisés ou à peine sortis de leur scolarité . Au delà de la sanction pénale, ces faits soulignent les défaillances de notre système éducatif.
L?Éducation Nationale n?a toujours pas engagé d?action décisive en matière de prévention des violences discriminatoires, ni d?action de sensibilisation au respect de la diversité des orientations sexuelles et des identités de genre.
Elle est aujourd?hui la grande muette contre l?homophobie, malgré des circulaires ministérielles et des initiatives encore trop isolées. Ces formes de discrimination restent malheureusement considérées comme secondaires et négligeables. « Enculé », « pédale », « salope », « brouteuse » sont toujours les insultes favorites de nos enfants à l?école. L?institution scolaire impose le silence et rejette la diversité humaine.
Face à l?homophobie, l?isolement et le repli sur soi deviennent la seule protection imaginable des jeunes en questionnement. Insultes, passages à tabac, rejet des parents ou des ami-e-s, et absence de repères positifs sont autant de facteurs qui entraînent mésestime de soi et homophobie intériorisée dont les conséquences sont dramatiques. Les tentatives de suicide des jeunes homosexuel-le-s sont de six à treize fois plus fréquentes que chez les jeunes hétérosexuel-le-s. Le mal-être que connaissent tou-te-s les adolescent-e-s se renforce alors par la violence de l?exclusion.
Les jeunes sont fragilisés par la violence directe, par le silence de ceux et celles qui pourraient agir et rétablir le respect et le droit là où l?homophobie fait rage. Aujourd?hui inscrite dans la loi, la pénalisation de l?homophobie est une nécessité. Mais elle n?a aucun sens sans une véritable éducation à la citoyenneté en amont. L?école ne doit plus être le lieu où l?on apprend à vivre son homosexualité dans la honte.
Au contraire, elle devrait empêcher la reproduction des schémas de domination sexiste et homophobe. Nous devons veiller à ce que l?École combatte l?hompohobie comme le racisme et le sexisme. Sans hiérarchie des discriminations.
Le mariage entre couple de même sexe est désormais légalisé en Norvège : « Avec cette loi, nous mettons sur un pied d?égalité l?union entre couples homosexuels et entre couples hétérosexuels et reconnaissons qu?elle est fondée sur les mêmes valeurs. Il devient ainsi plus facile pour les homosexuels et les lesbiennes d?admettre leur orientation sexuelle. Aujourd?hui, à travers toute la Norvège, beaucoup de jeunes n?ont plus à éprouver de la honte et peuvent enfin se sentir totalement respectés par la société. C?est important pour l?individu. C?est important aussi pour notre société. C?est la seule façon d?avoir une société mieux adaptée » (Anniken Huitfeldt, ministre norvégien de l?Enfance et de la Parité).
La Norvège devient ainsi le 6e Pays au monde à accorder l?égalité des droits entre les couples de même sexe et les couples hétérosexuels.
Le mercredi 11 juin dernier, le Storting, le Parlement norvégien adoptait une loi ouvrant le mariage aux couples de même sexe.Ce texte est issu d?un projet de loi du gouvernement de Jens Stoltenberg, le Premier ministre travailliste dont le parti est membre du Parti socialiste européen (PSE). Longuement débattu au sein du Parlement norvégien, il a été adopté par 84 voix contre 41. Les trois partis de la coalition de centre-gauche au pouvoir et deux formations d'opposition, le Parti conservateur et le Parti libéral, ont majoritairement voté pour, le Parti chrétien-démocrate et la droite populiste votant contre.
La nouvelle loi sur le mariage stipule que :
deux personnes de même sexe ou de sexe opposé peuvent s?unir par le mariage;
les couples homosexuels peuvent être candidats à l?adoption, au même titre que les couples hétérosexuels;
les couples féminins, qu?ils soient mariés ou pacsés, peuvent bénéficier d?une fécondation assistée au même titre que les couples hétérosexuels mariés ou pacsés.
En plus, dans un couple féminin, une mère non biologique qui a donné naissance à un enfant grâce à une fécondation assistée obtient automatiquement le statut de mère, comme dans un couple hétérosexuel. Il est également proposé d?utiliser le terme « co-mère » pour désigner la mère qui ne met pas au monde l?enfant.
Le sport, professionnel ou amateur, est malade des propos et pratiques discriminatoires. Régulièrement, les journaux rendent compte des insultes racistes dont ont été victimes des joueurs. Plus rarement, ils relèvent les propos sexistes ou homophobes.
Pourtant, chaque semaine, de bons pères de famille et autres supporters donnent dans l?exemplaire ?pédé? ou ?enculé? pour qualifier l?arbitre ou un joueur de l?équipe adverse, ou accompagnent le gardien par un ?viril? ?oh hisse, enculé?.
Image de la ?norme virile, le sport refuse trop généralement de laisser sa place à l?homosexuel, perçu dans le prisme réducteur de la féminité, de la non-combativité, de la fragilité. Exemple caricatural, Luciano Moggi, ancien responsable de la Juventus, se croyait autorisé à déclarer qu?« Il n?y a pas de gays dans le football, je ne sais pas si les joueurs sont contre le fait d?en avoir dans leur équipe, mais moi je le suis » / ... / « Dans les club où j?ai travaillé, il n?y en a jamais eu. Je n?ai jamais voulu d?un joueur homosexuel et je refuserais encore aujourd?hui d?en faire signer. »
Inversement, la sportive lesbienne est la ?démonstration? qu?une lesbienne se prend pour un homme, en s?affichant dans la chasse gardée de la virilité qu?est le sport.
À chaque fois, l?homosexuel est rejeté des vestiaires, où sa ?lubricité? sous les douches remettrait en cause la cohérence de l?équipe.
Pire, une personne Trans, sans papiers d?identité en adéquation avec son genre, est interdite de vestiaires. Elle ne peut s?inscrire à une compétition officielle.
En réaction à ces pratiques, les clubs gay ou LGBT sont nés, exprimant le besoin de pratiquer librement et sans discrimination un sport.
Ils s?affirment comme des espaces de mixité, de tolérance, en même temps qu?ils sont des contre-modèles aux stéréotypes homophobes.
Réagissons !
L?homophobie, le sexisme et le racisme ne doivent plus avoir de place dans le milieu sportif. Le mot d?ordre de la 13ème Marche des Fiertés s?adresse aussi aux institutions sportives, qui doivent contribuer à construire une « Éducation sans aucune discrimination ».
Aussi, nous leur demandons de condamner fermement l?homophobie, le sexisme et le racisme, de mener des actions de sensibilisation et de prévention auprès des dirigeants, des éducateurs, des arbitres, des joueurs, des spectateurs et du grand public. Tout comme le PSG, l?Olympique Lyonnais doit être exemplaire, et enfin signer une charte contre l?homophobie.