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Ma vie au Vietnam pendant un an, mes voyages en Asie, au Vietnam, en Chine, au Népal, en Inde, en Thaïlande, au Cambodge, au Kazakhstan, en Ukraine, Europe de l'Est et Centrale, et de Hong Kong à Paris.
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Derniers posts : Blogapar, Carnets d'Asie
| Bratislava-Paris, Epilogue.Tue, 14 Aug 2007 22:45:00 +0000 Bratislava-Vienne
Dormi une heure, réveil à 4h, je dis au revoir à Nico et pars en tram pour la gare. Un train part à 5h13 pour Vienne, 1h30 de sommeil en plus.
Vienne-Zurich
A Vienne, le temps d'apercevoir Schönbrunn sur lequel se lève le soleil, de changer de quai, et je monte dans un train pour Zürich, plutôt plein mais très confortable. Nous quittons les plaines et entamons une traversée des Alpes, Salzburg accrochée à ses reliefs, veille sur son fleuve, le paysage devient plus sauvage, des forêts de résineux, des cimes déchirées, quelques villages posés au creux de quelques vallons regardent passer le beau train rouge. Le paysage de ces jeunes alpes, assez différentes de celles de France, est enchanteur ; des petits villages bien tenus, des potagers impeccables, beaucoup de clochers qui dépassent au dessus des toits ou des bois, des cours d'eau scintillants, plus haut des forêts de résineux grimpant doucement sur le doux relief. Au dessus encore, la roche à vif, en falaises ou en combes, se détache sur le ciel bleu ; quelques arbres encor, brûlés par le soleil et assoiffés, forment des taches vertes sombres. Le Maria Theresa, nom du train, file à travers les champs colorés et les paisibles troupeaux de vaches. Il est 12h30, nous passons Innsbruck, sans doute joli en hiver, quand la neige recouvre le béton des usines, et arrivons à Landeck-Zams, une heure plus tard. Tout se passait formidablement bien, un train au confort impeccable, de beaux paysages, c'était trop beau. Le train s'arrête exceptionnellement définitivement à Landeck, et il nous faut prendre des bus pour rejoindre la gare de Bludenz, 100km plus loin. Tout le train se vide et se fait transvaser dans les bus qui attendent, nous partons immédiatement. Une jolie route de montagne dont je ne vois pas grand chose, trop occupé à dormir, si ce n'est un reste de glacier, très loin au dessus de la vallée. J'arrive à Bludenz, il est 14h30, le sosie du Maria Theresa, même mieux, m'emmène à Zürich.
Zürich-Bâle-Paris
J'entre en Suisse, arrive à Zürich en longeant les nombreux lacs qui bordent la voie depuis la frontière autrichienne, il est 16h30, tout le monde descend, je saute dans un train de l'autre coté du quai, pour Bâle ; il part dans la minute. Arrivée à Bâle une heure plus tard, un sandwich à la main, je passe les douanes françaises, vaste corridor sans douanier ni français, et tombe, voie 31, sur le museau allongé, les yeux rougeoyants, et la silhouette effilée du TGV. Me voilà en France, à 3h de Paris, je quitte Bâle et la Suisse, ai dit au revoir à Bratislava, à Vienne et aux Alpes.
Fin d'un voyage, de deux voyages en un même, la traversée de la Chine jusqu'à Almaty, et le voyage en Europe entre Kiev et Paris, étant très différents. Fin d'une année de voyages aussi, merveilleusement riche, instructive et constructive, qui va maintenant avoir le temps de décanter, avec la reprise des cours en octobre, un Master à décrocher, et la France à redécouvrir. Quand on part loin et longtemps, un petit manque apparaît, parmi d'autres, qui est celui du pays, un pays si particulier, si beau et si varié.
Il y a un an, il était prévu que ce serait à peu près à cette époque, fin août, que je rentrerai en France. Tant s'est passé depuis le 12 septembre dernier, j'ai découvert bien plus de choses que je ne l'aurais imaginé, porte à présent un regard différent sur le Monde, et rentre en France, chargé de souvenirs, d'images, de noms, de visages, d'odeurs et de sensibilités nouvelles.
Une phrase à elle seule, de Nicolas Bouvier (L'usage du monde), peut donner une idée de la force du voyage.
« On croit qu'on va faire un voyage, mais bientôt c'est le voyage qui vous fait, ou vous défait. » Agrandir le plan
123h de train 102h de bus 19h d'avion 10h de bateau Des taxis, et des jambes aussi
48 jours de voyage sur près de 15 000km, De Hong Kong à Paris.
Blogapar, Carnets d'Asie entre en hibernation, jusqu'à ce que de nouveaux horizons l'animent à nouveau. | VienneMon, 13 Aug 2007 21:59:00 +0000 Réveillés par le soleil qui tape sur les vitres du onzième étage, nous prenons notre train in extremis pour Vienne, à 9h. Arrivons à Wien Südbahnhöf, il est 10h, je prends mon billet pour Paris, départ le 15 à 7h30, et marchons vers le Sud. Sur notre chemin, le Belvédère, entouré de jardins en travaux, l'endroit est joli, les touristes assez peu nombreux ; le palais construit au XVIIIème était autrefois la résidence du Prince Eugène de Savoie, il abrite aujourd'hui, entre autres, la collection Klimt Coté Sud, le bassin entouré de massifs colorés reflète l'édifice, coté Nord, les jardins descendent sur trois niveaux, les terrasses surplombent légèrement, de moins en moins, la ville, au loin les montagnes.
Nous marchons dans les rues viennoises et arrivons sur la Schwarzenberg Platz, un monument en hommage aux soldats soviétiques morts pour libérer l'Autriche de la domination allemande. De beaux bâtiments, des façades propres et finement sculptées, ambassades, jardins, fontaines, McDo et stands de hot dogs. Nous passons la Karlsplatz et arpentons les rues du vieux centre, très touristiques et animées, restaurants, cafés, magasins de souvenirs, etc. et arrivons aux pieds du Stephansdom (cathédrale St. Etienne), belle cathédrale gothique, au toit bariolé, sa flèche s'élance à 137m de hauteur dans le ciel, momentanément entourée d'échafaudages. Son intérieur est très chargé mais reste harmonieux, malgré la foule de touristes bruyants qui piétinent. Les terrasses de cafés sont nombreuses, fort agréables, qui nous ont abrités pendant les brèves averses.
Nous continuons, passons devant St. Peter, St. Michael, et arrivons à la JosephPlatz, qu'entourent l'Albertina, où l'on trouve une des plus importante collection d'arts graphiques, fut la plus grande résidence des Habsbourg, et ouvrira les portes de ses immenses salles en 2100, et l'église St. Augustin. Le Hofburg, palais impérial, parmi les plus beaux de la ville, qui abrite les appartements impériaux, ses 2600 pièces, 18 ailes, résidence d'hiver de la taille d'un quartier, aujourd'hui résidence présidentielle.
Nous traversons les jardins, et arrivons entre le musée d'histoire naturelle et le musée d'histoire de l'art, deux grands palais semblables et qui se font face autour d'un jardin. Au centre, au milieu du parc, trône gravement Marie Thérèse, à une bonne dizaine de mètres de haut ; à ses pieds, en cercle, les grands hommes de l'époque. Nous la contournons et, dans son dos, marchons vers le théâtre, plutôt pas joli, le Palais de justice, pour déboucher sur le Parlement, pas très beau, un peu coincé entre quelques pâtes de maisons, en travaux lui aussi. Nous terminons notre course au Rathaus, hôtel de vile, imposant édifice du XIXème, surplombant un petit jardin, non loin de l'immeuble où est né Strauss, avec ses tours culminant à 98m de haut, est imposant, un peu excentré donc assez calme. En face, de l'autre coté du parc, le Burgtheater.
Il est 18h, nous repartons vers la gare, prenons le train de 19h pour Bratislava. Arrivée à 20h, nous dînons, toujours dans le même resto, trouvons un tram, nous perdons, et finissons par arriver à notre université Belojanis. Demain, Vienne encore, visite de Schönbrunn.
14.08.07. La boucle est liée à Vienne
Dès notre départ du campus, la journée s'annonçait intéressante. Nous devions passer la majeure partie de la journée à Schönbrunn. En prenant le tram pour aller à la gare de Bratislava, une fois encore, nous nous égarons, et mettons une heure à faire les 2km qui séparent notre chambre des quais. Ensuite les quais, aucune indication quant à leur infumosité, que je découvre quand deux policiers slovaques, après m'avoir coursé, me coincent dans une cage d'escalier de la gare, et me gratifient d'une petite amende, 500 SLK (15?). Par chance notre train a vingt minutes de retard, et les deux vieux uniformistes, à leur grand regret, ne nous le font pas rater. Il est 11h, nous partons pour Vienne. Ce n'est qu'au bout de deux heures, au lieu d'une heure habituellement, que nous arrivons à Vienne, et dans une gare différente.
Notre carte de Vienne, emprunté d'une subtile manière par Nico au Press and more de la gare, indiquent une station de métro Schönbrunner Allee ; j'en déduis donc que c'est là notre destination. Nous voilà prenant quatre correspondances, avec et sans billets, en métro, train, puis train de banlieue, nous arrivons à ladite station au bout de deux heures de tours en rond. C'est une zone industrielle en banlieue de Vienne, bien loin de l'écrin de verdure censé abriter Schönbrunn. Nos compagnons de voyage nous le confirment, ce n'est pas du tout par ici, mais précisément à l'autre bout de la ville. Nous comprenons alors un peu mieux les regards étonnés qu'ils posaient sur nous depuis que nous étions montés dans ce train ; c'est un peu comme si on croisait des touristes japonais dans le transilien pour Crouy-sur-Ourcq. Ils nous expliquent comment aller au vrai Schönbrunn, à deux stations de la gare où nous sommes arrivés en venant de Bratislava, deux heures plus tôt. Et nous revoilà dans les transports, trente minutes plus tard nous sommes à Schönbrunn après avoir manqué l'arrêt, et de partir non pas dans la banlieue Sud, mais au Nord.
Les hordes de touristes en tenues fluos, marcels et autres esthéticités, nous accueillent au milieu de leurs autocars bariolés ; Séraphin Lampion n'eut pas renié une telle parenté. Schönbrunn est là, devant nous, pas de brume, pas vraiment de soleil non plus, des façades lisses, peintes, un ensemble pas laid bien sûr, mais qui ne marque pas par son harmonie ou son architecture. Fatigués, nous nous posons en terrasse de café, face au château. La file d'attente est immense, il est 16h, nous avons quitté Bratislava il y a 5h, rien que pour venir ici où nous aurions du être arrivés en un peu plus d'une heure. A 17h nous partons vers la gare, reprendre un train pour Bratislava, la paisible petite cité slovaque. Dernière nuit à Bratislava
Dînons dans le vieux centre envahi de punks, la cité est peu peuplée, surtout en été, et les punks, gothiques et autres hard-rockeux y organisent toute sortes de festivals. Nous ne sommes pas loin de la Transylvanie, et leur présence n'est sans doute pas étrangère à l'histoire gothique de la région. Puis nous rentrons au campus, terminons la soirée au « bar bar ».
Demain je pars pour Paris, Nico pour Budapest, puis Venise, Gênes, et la Corse. Nous faisons nos sacs, Bratislava dort, j'essaie de rester éveillé pour ne pas louper mon train pour Vienne, qui part à 4h50.
| Bratislava, Jour 1Sun, 12 Aug 2007 15:20:00 +0000 Il est 16h, nous descendons du train, il continue vers Budapest. En ce dimanche, Bratislava est bien calme, ses rues vides, ses tramways et ses bus sont bien légers, qui empêchent la ville de s'endormir tout à fait. Nous prenons un tramway et arrivons sur le campus d'une université qui accueille les touristes, étudiants ou pas, pendant la saison estivale. Grande barre de béton, une université comme il y en a beaucoup ailleurs, plutôt en mauvais état, mais la chambre est propre et nous change du camping humide. Nous allons dans le centre historique de la ville, aux pieds du château, un imposant château fort. Quelques petites ruelles peu nombreuses et étroites, clochers timides, pas grand monde dans ce mini-centre qui fait un peu décor de théâtre, un petit village au milieu de la toute petite capitale d'un tout jeune pays. Nous dînons dans un resto « The end of the Galaxy », en tous cas aux confins de la galaxie de l'amabilité, et rentrons doucement, nous perdant un peu en périphérie. Partons demain, pour la journée, à Vienne. | Prague-BratislavaSun, 12 Aug 2007 15:16:00 +0000 Levés à 9h30, check-outons à 10h, nous attendons 11h, pus partons à la gare, à une station de tram du camping. Arrivons à 11h30 à la gare après avoir attendu longuement le tram, sautons dans le train qui part dans la seconde. Un train européen, wagon standard avec sièges en carrés, confortables, genre Corail. Il va vers Budapest, passe d'abord par Brno, grande ville tchèque à 10km d'Austerlitz, le soleil est caché. Nous quittons lentement la République Tchèque, Prague et ses statues, ses 550 tours, ses façades, ses vieux immeubles, son histoire longue, riche, mouvementée parfois, son atmosphère gothico-baroco-rococo, ses grands noms, Hus, Mozart, Kafka, Mucha, Havel, son crachin, ses cafés, et ses touristes, avec l'envie de découvrir la campagne tchèque, ses innombrables châteaux et ses paysages sauvages. Direction la petite soeur Slovaque, jadis deuxième ville de Tchécoslovaquie, à 400km au Sud-Est, Bratislava. | PragueThu, 09 Aug 2007 15:11:00 +0000 Arrivés à 7h, nous partons directement pour notre camping, non loin du centre, sur la ligne 7 du tram. Arrivons à la rue Trojska, où une dizaine de camping se succèdent. Nous en trouvons un, le Hoja Camp, dans le jardin d'une maison, où une cinquantaines de personnes campent, tentes, voitures, camping cars. Accueil très chaleureux, nous plantons notre tente, il est 10h, et partons dans le centre.
Prague est une ville extrêmement touristique, et on cherche presque les pragois. Quoi qu'il en soit, notre premier aperçu est très bon, la diversité architecturale, sa densité aussi, Staré M?sto (la Vieille Ville) étant concentrée sur quelques 130 hectares, nous enchantent. Nous posons dans un café, lisons des journaux français, faisons un tour sur la Place de la Vieille Ville (Starom?stské nám?stí) et dans les ruelles adjacentes, autour du Týn, petite rue noyau de la ville.
La grande place est bondée, des centaines de touristes attendent devant l'horloge astronomique, symbole s'il en est de la ville, que l'on peut comparer à celle de Strasbourg. Les façades romanes, baroque, gothique, renaissance, art nouveau, rococo se succèdent sur la place, les cafés sont pleins, les petites cours des immeubles, îlots de calme et de tranquillité, abritent des cafés, des magasins, des habitations. A chaque coin de rue, un détail architectural retient l'oeil, statues, cloches, sculptures ou mosaïques trompe l'oeil, et grandes églises. Nous tournons un moment dans ces ruelles, passages et places, l'orage gronde, il pleut à torrents, il est 16h, nous rentrons au camping, douche, sieste. 18h, nous retournons dans le centre, dînons dans une crêperie tout sauf bretonne, dans une calme petite cour, assourdis par la pluie qui tombe. Fin de journée dans les rues de la vieille ville, les gens commencent à chercher un endroit où dîner, où boire vin de Moravie ou bière pragoise ; les touristes, tchèques ou étrangers, demandent leur chemin, et ce n'est qu'à la troisième personne interrogée qu'ils tombent sur un pragois, tant les touristes ont envahis la ville.
Nous rentrons au camping, notre petite tente humide sous son arbre nous attend, peaux de yak étendues sur le sol, quelques lignes écrites sur la terrasse, et nous couchons.
10.08.07.
La pluie de la veille a rendu l'air bien frais, Nico file vers 8h aux bookshops du centre, je pars vers 10h. Sur la grande place, malgré le temps gris, toujours autant de monde, ça parle beaucoup français, italien, espagnol, anglais et allemand aussi, un peu tchèque. En terrasse de café, un service aussi aimable que dans un café parisien, j'attends 13h, l'heure du rendez-vous. 13h sonnent à l'horloge astronomique, sans voir l'horloge, on est prévenus que l'heure va sonner, quand on voit passer devant soi, en direction de l'horloge, les hordes de touristes déguisés, bobs, shorts, etc. qui courent pour voir l'horloge sonner. La foule déclenche son orage de flashs, devant les petites reproductions des apôtres qui passent devant le cadran, un par heure, et devant un petit piaf doré qui pointe le bout de son bec. Cette horloge est remarquable certes, surtout pour les férus d'horlogerie, ce qui n'est pas mon cas, ni celui, je pense, des troupeaux qui se jettent sur l'horloge simplement parce qu'elle est mentionnée dans leurs guides comme étant LE truc à voir à Prague (comme quoi il n'y a pas que les touristes chinois qui suivent bêtement les « consignes » des guides). Toujours est-il que Nico n'est pas là, je fais quinze fois le tour de la place pour le trouver, rien, je pars donc vers Nové M?sto, la Ville Nouvelle, de l'autre coté de la Vtlava, aux pieds du Château (la ville nouvelle n'est pas si nouvelle que ça, pour nous en tous cas, puisqu'elle date tout de même du XIVème siècle).
Le Pont Charles (Karluv Most), véritable emblème de Prague, est un chef d'oeuvre architectural. Le pont en lui même est un pont ; au Xème siècle, le Pont Judith, en bois, était le premier édifice du genre à Prague, à enjamber la Vtlava, laquelle l'emporta en 1342. Charles IV, roi bâtisseur et bienfaiteur de Prague, entreprit de le faire reconstruire et, en 1342, il fit appel à Petr Parler, l'architecte de la cathédrale St. Guy, qui domine la ville, dans l'enceinte du château. Ce qui est remarquable, c'est le cadre qui entoure le pont, statues et tours. Le pont est habité de statues, des saints, des héros pragois qui, sur les murets, accueillent les visiteurs venus de la Vieille Ville, et se dirigeant vers la colline du château. Le pont est aussi annoncé par les tours, à chacune de ses extrémités, véritables merveilles d'architecture, elles s'élancent si ce n'est haut, sombrement vers le ciel gris. Rectangulaires, fortifiées, leurs toits acérés dominent l'ensemble et rendent l'endroit intriguant, joliment sinistre, purement gothique. Quand on se dirige de Staré M?sto vers Nové M?sto, quand on passe Karluv Most, devant, sous le Château, se dresse une foret de toits, de clochers, un univers très différent de la rive droite de la Vtlava. Tout en hauteurs, en ruelles tortueuses, en passages couverts, un dédale de ruelles pavées, étroites, grimpant en haut, jusqu'au Château, dans l'enceinte duquel s'élève la très gothique cathédrale Saint Guy, dominant majestueusement la ville. Nové M?sto a des airs de bute Montmartre, des petites rues commerçantes, grimpantes, animées, des vieilles maisons, des jolies façades, des églises cachées, des petites places, et quand on arrive n haut de la colline, aux abords du Château, le rue qui grimpe en tournant et fait ici un coude, donne sur une place, entrée du Château, d'où la vue sur Prague est imprenable. Les gardes royaux, statueux, posent malgré eux pour les touristes photographes, la visite du Château est pour demain, je redescend vers Staré M?sto, sous la pluie et l'orage.
Les caricaturistes, portraitistes et autres vendeurs du pont, couvrent leurs oeuvres, les touristes filent dans tous les sens, restent en nombre sur le pont, mais ces brefs instants de temps peu clément semblent redonner un peu de son âme à Prague, et font ressortir pleinement tout le gothique du lieu.
Retour à la Grand Place, pas de Nico, sous l'horloge il est 19h, je rentre au campement, pense le retrouver là bas. Les ruelles de la Staré M?sto ne désemplissent pas, qui ont un petit air de quartier latin, je saute dans le tram, Manon des sources sous le bras (à défaut, cher Polo, de l'avoir en DVD à regarder sur la terrasse accompagnée de quelques Dalat White !).
Arrivé depuis 1h, un message de Nico me donne rendez-vous...sous l'horloge, je file. 21h, personne, en tous cas pas de Nico, sous l'horloge, j'achète quelques vivres et rentre, il est 22h, Nico est attablé. Une partie de cache-cache qui n'est pas sans me rappeler quelques épisodes vietnamiens...!
11.08.07.
Réveil sous la pluie, comme d'habitude ; nous partons dans le centre, achetons nos billets pour Bratislava pour le lendemain, et nous dirigeons vers le Château. Au détour d'une ruelle proche de la Grand Place, un peu crevé, je me plante en terrasse de café, pendant que Nico grimpe au Château. Le temps maussade, les hordes de touristes ajoutent à ma fatigue matinale. 16h, nous nous retrouvons au camping, sous la pluie. Départ demain à 11h30 pour Bratislava.
A Bratislava, nous planterons notre tente s'il y a de la place dans le seul camping de la ville, sinon dormirons à l'université et, de là, visiterons Bratislava bien sûr, et aussi Vienne, qui n'est qu'à 1h de train et 60km de Bratislava. De Vienne, ou de Bratislava, je prendrai un train pour Paris, envie de me poser, et de ne pas gâcher les visites de Budapest et de Venise par mon manque d'entrain. 20h, nous partons dans le centre, dîner et faire quelques photos de nuit, nous couchons.
| CracovieWed, 08 Aug 2007 14:45:00 +0000 Nous allons faire un tour dans Cracovie, très jolie et agréable ville, ancienne capitale de la Pologne, au passé vieux de plus de mille ans. La ville est réputée être la plus belle ville d'Europe Centrale et Orientale, et si elle est l'ancienne capitale de Pologne, elle reste aujourd'hui la ville la plus importante du pays, les étudiants représentent un quart de la population (800.000 habitants). La Basilique Sainte Marie surplombe la Grande Place du Marché et ses halles, entourée de beaux monuments, la cathédrale Notre Dame, de terrasses de cafés, animée de groupes de musiciens, de calèches etc. L'église Saint Pierre et Paul, la basilique-cathédrale Saint Stanislas et Vanceslas, véritables oeuvres d'art, dans les rues piétonnes qui partent de la Grande Place. Cracovie est aussi connue pour être l'un des quatre points d'énergie de la Planète, et nombreux sont ceux qui viennent se ressourcer, sur la colline de Wawel, au pied de l'imposant Château Royal.
Nous faisons quelques courses et rentrons vers le train, il est 20h30, nous partons à 22h. Nous avons donc une marge, mais étant descendus alors que notre train était à 3km de la station, sur les voies, nous nous dirigeons vers ce no man's land, marchant dans la nuit, sur les rails, trébuchant contre culs de bouteilles, câbles à haute tension, et évitant les trains hurlants qui arrivent en gare. Pas de train, en tous cas pas le nôtre, les cheminots errent entre les wagons désaffectés, nous hurlent de retourner en gare, où doit se trouver notre wagon. Il est 21h30, nous nous mettons à courir, et c'est haletants, ruisselants, que nous arrivons dans la station, par les voies, sous les regards ahuris des voyageurs ; notre wagon est là, qui s'est raccroché à une locomotive. Nous nous affalons sur nos couchettes, nous endormons, quittons la Pologne, mini-étape du voyage, un aperçu de la Pologne qui donne envie d'y retourner ! Une courte nuit de sommeil nous emmène à Prague, nous arrivons, il est 7h. | OdessaSat, 04 Aug 2007 14:41:00 +0000 04.08.07.
Descendons du train, et tentons, au guichet, de prendre nos billets pour Prague. Nous nous heurtons aux guichetières exclusivement russophones. Un odessien passe par là, qui parle quelques mots de français, essaie de nous aider, d'après ce qu'il a compris de ce que nous disons, de trouver un camping. Malgré toute la bonne volonté du monde, il a compris autre chose : il cherche les dortoirs de la gare. Il essaie ensuite de nous aider à prendre nos billets pour Prague, nous apprenons qu'il nous faut revenir demain matin, le guichet international est fermé. Prêts à aller planter notre tente, nous composons un numéro de camping noté à Kiev, pas de réponse, pas d'adresse. Notre ami s'en va, « Au revoir mon ami. ». Un jeune ukrainien prend la relève, il parle anglais, se rappelle avoir vu un camping, un voyageur et sa blonde lui rafraîchissent la mémoire, il nous conduit à l'arrête de bus. Vingt minutes plus tard, nous arrivons à Luzanovka Beach, au Nord de la ville, la nuit est tombée. L'endroit n'est toutefois pas sombre, plutôt animé, une permanente fête foraine, attractions, stands de kebabs, de bière, clubs, restaurants, et non loin, pas tout à fait au bord de l'eau, mais presque, le Dolphin Camping. Nous plantons notre tente sous quelques arbres, en à peine dix minutes (de nuit !), et partons vers les lumières, sur le sable, nous mettre quelque chose sous la dent. Un stand de kebab, il n'y a que ça ici et tant mieux, tenu par des arméniens (très présents à Odessa), francophones ; ils nous parlent de Renault, nous montrant leur Kangoo, d'Aznavour à qui il nous demandent de dire, quand nous le croiserons dans la rue à Paris : « Salut Aznavour ! ». Nous allons manger nos kebabs sur la plage, les pieds dans l'eau fraîche de la Mer Noire.
Les russes en vacances à Odessa, et les ukrainiens, vont de discothèque en discothèque, en stand de kebab, de bière, entre deux gerbes sur la plage, tirent à la carabine ou s'envoient en l'air dans les attractions vomitives. L'ambiance est festive, détendue, nous retournons nous coucher, bercés par le bruit des cigales, des chiens, et du tramway qui passe à coté.
05.08.07. Day off
Nous nous réveillons, un peu fatigués, il est 9h, et partons en bus 242, à la gare. Il y a deux trains par semaine pour Prague, nous prenons celui du 7, après demain. Passons une bonne heure à trouver de quoi payer les 200euros requis et repartons enfin avec nos billets, départ le 7 à 17h.
Nous retournons à la plage, et entamons une après midi farniente. Les plages à Odessa sont particulières. Ce n'est pas la plage en elle-même qui est particulière, la baie d'Odessa est au Nord Ouest, plutôt pas construite, rocailleuse, au Sud se trouve la ville, le port et la centre historique. Nous sommes à Luzanovka, grande plage de la baie, un gros sable gris-blanc sépare le parc de la mer. La plage, bondée, colorée, large de quelques dizaines de mètres, bordée de restaurants, clubs, stands, et autres attractions. Sur la plage, les russes en vacances et les ukrainiens, comme partout ailleurs, se laissent aller, peut-être ici plus qu'ailleurs. Les ukrainiennes et les russes peuvent être fort jolies, qui marchent sur la plage, la poitrine gonflée par le désir de vivre ; à coté, et en nombre, les femmes très fortes n'hésitent pas à prendre, elles-aussi, le soleil en bikini ; cette joie de vivre, cette simplicité est palpable, l'ambiance est détendue, les bains de mer ne sont pas accompagnés, comme chez nous, de regards en coins, de l'obligation de paraître, de maillots de bain fashion, de complexes et autres joyeux codes sociaux. Femmes et hommes bronzent, bières à la main, de 8h à pas d'heure, la mousse coule à flots, les enfants courent, jouent et crient, et le chaud mais pas trop soleil méditerranéen, dore les chairs alcoolisées, collées les unes aux autres. La plage est petite, certes, mais quand ils ont le choix, les gens préfèrent étendre leur serviette bariolée et planter leur parasol entre les cuisses du voisin. L'eau est bonne, et la journée s'écoule lentement, au son de la techno russe que crachent les clubs à l'autre bout de notre plage, du bruit des bagues, et des rires francs des estivants.
Le soleil se couche et les plagiers migrent, ils vont se changer ou s'attabler, puis erreront de club vide en boite vide, de bière immonde en bière immonde, et de kebab en kebab. Sur la plage la nuit est tombée, avec elle la musique devient assourdissante et, jonchée des détritus de la journée, elle vibre au son de la techno du soir. Nous dînons sur la plage et partons rejoindre notre Dolphin Camping, nous couchons à la lumière de la bougie.
06.08.07.
Réveillés au matin par la chaleur torride qui règne de la tente, nous partons sur la plage achever notre réveil avec le soleil, les vagues, notre nutella et nos camarades vacanciers. Partons ensuite pour le centre.
Odessa est une ville chargée d'histoire, comptait parmi les quatre ports européens les plus importants, combattit les turcs, anglais, français, et autres envieux, et finit par tomber aux mains des soviétiques. Fondée à la fin du XVIIIème siècle par le Duc de Richelieu, la ville fut la cinquième ville la plus importante de Russie au XIXème. Aujourd'hui la ville et ses ports accueillent de nombreuses industries, textiles, agro-alimentaire, et ses industries pétrolières et chimiques sont connectées avec les oléoducs qui approvisionnent l'Europe en énergies russes, donnant travail et prospérité à ses 1.100.000 habitants.
Odessa est à l'origine un port, encore aujourd'hui il est ultra-moderne et d'importance, les bâtiments de la vieille ville témoignent de la gloire passée, opéra, musées, vieux immeubles, grandes bâtisses, l'architecture est très influencée par les styles français et italiens, et n'a pas été trop endommagée par le XXème siècle. La statue, taille réelle, du Duc de Richelieu, trône face au port, en haut de l'Escalier Potemkine, de 142m de long, qui doit son nom à la révolte du cuirassé Potemkine en 1905 dans le port d'Odessa. Cet escalier, aussi appelé Escalier Richelieu, construit entre 1835 et 1840, est le symbole de la ville, qui la reliait à son port, au bas de la colline. Une histoire mouvementée parfois, riche, que l'on ressent en arpentant les agréables rues pavées et ombragées du centre, les jardins, les parcs, les belles façades d'immeubles. Les églises orthodoxes aux bulbes argentés, les bâtiments de style latin, les colonnades et pierres de taille illustrent cette histoire d'une ville au carrefour de différentes civilisations, influencée par d'autres, et qui a gardé un peu de chacune. Un canon pris aux anglais trône sur une petite place, une girouette en forme de bateau, sous laquelle sont listés les plus grands ports du Monde, partenaires historiques d'Odessa, rappelle la grande histoire portuaire de la ville, Marseille, Tokyo, Valparaiso, Liverpool, etc.
Dans les rues, que l'on pourrait croire celles d'une ville bien plus occidentale, les terrasses de cafés, les parcs, les peintres de rue, les brocantes, les petits marchés, les rues piétonnes, les musiciens de rue, et les beaux immeubles en font une ville bien agréable. Nous tombons sur un passage couvert, finement sculpté, une verrière recouvre cette allée intérieure, dallée, où quelques magasins et cafés résonnent des bruits des passants. Un kebab et nous repartons, profitons des derniers rayons du soleil sur la plage.
Plage égale à elle-même, on y déguste de chimiques beignets, petits et grands creusent le sable, à la recherche peut-être d'un pipeline russe. Le soir tombe, nous nous enfilons notre énième kebab chez nos amis arméniens, et rentrons nous coucher, déplaçons notre tente et lisons à la lueur de la bougie.
07.07.07
Il fouette, il siffle, les cordes claquent, elles se déchirent les feuilles, sur la course du vent. La tempête fait rage ce matin. Notre tente solidement fixée au sol se débat avec le vent qui souffle sa colère sur Odessa. Réveil mouvementé, l'orage accompagne le vent, les éclairs zèbrent le ciel, les arbres plient, et quelques heures après, le calme revient, les nuages passent, et laissent place au soleil. La plage vide au matin, encore humide, se repeuple lentement, nous prenons le soleil, un dernier bain pour moi, et partons à la gare.
Il es 16h, dans les confortables sièges de la salle d'attente, nous attendons notre train pour Prague, via Ouzhogorod, près de Lvov, à la frontière Polonaise. 17h, nous sommes dans le train, il ne restait, malheureusement, que des places première classe, « SV », un compartiment fermé, trois couchettes du même coté, perpendiculaires à la voie, une petite table, une grande fenêtre, une épaisse moquette, le tout climatisé, éclairé, douillet. Nous n'en demandions pas tant, mais ne sommes finalement pas mécontents. Notre compagne de voyage, une hollandaise qui habite à Ostrava, en République Tchèque, nous offre sandwich au saucisson et tomates, puis nous terminons avec nos réserves, pain, nutella, céréales.
Nous filons au Nord Ouest, vers Ouzhogorod, où nous changerons de train, pour arriver en Europe, par la Pologne, direction Prague, où nous devrions arriver demain 8 août, aux environs de 7h du matin. Nous nous apprêtons à quitter l'Ukraine, Kiev nous a replongé dans un bain un peu, très européen même, Odessa nous a offert sa Mer, son soleil, ses plages, ses belles rues, nous repartons 1500km plus à l'Ouest, contents de ces étapes ukrainiennes. Les ukrainiens que nous avons rencontrés, à l'aéroport, dans les taxis, autour d'un table, dans les trains ou sur la plage, tous nous ont accueillis d'une façon unique, chaleureuse, naturelle et sincère. L'Ukraine est extrêmement euro-enthousiaste, le Parlement affiche d'immenses drapeaux, ukrainien et européen, sur sa façade, et les kiévois se considèrent complètement européens, trouvant scandaleux qu'on traite l'Ukraine comme la Turquie, voire pire encore. Et Svetlana n'a pas caché sa joie quand, à sa question « Vous sentez-vous comme des étrangers en Ukraine ? », je répondis par la négative absolue, tant il est vrai que l'Ukraine est européenne, que son histoire est celle de l'Europe, et tant ses habitants, quand ils ne vous prennent pas pour un des leurs en vous demandant, en russe ou en ukrainien, leur chemin dans Kiev ou à Odessa, vous accueillent comme des voisins en visite, tout simplement. Nous avons passé à peine une semaine en Ukraine, elle fut intense, et nous entrons dès ce soir dans l'Europe politique.
08.07.07.
Bon anniversaire Maman !
Nous avons mal compris notre voisine battavo-tchèque, coach d'aérobic à Ostrava, nous pensions arriver à Prague ce matin à 7h, mais voilà que nous apprenons que nous sommes toujours en Ukraine (!), et que nous arriverons en fait demain matin à 7h. Deux heures de pause à la frontière polonaise, puis 7h de pause à Cracovie sont prévues aujourd'hui, qui justifient cette folle durée de voyage.
Il est 16h, nous sommes à l'arrêt au bout de la gare de Cracovie, et notre train ne repart qu'à 22h ! Nous nous sommes arrêtés vers 10h dans une ville frontière polonaise, nous y avons déjeuné, marché dans les rues pavées de son vieux centre, et nous voilà à 3km des quais de la gare de Cracovie, sur la voie, à seulement 400km de Prague. Nous attendons dans notre wagon trop chaud, désoeuvrés, qu'une locomotive veuille bien nous accrocher, et nous emmener à Prague. Nous avons croisé, lors de notre premier arrêt, Simon et sa copine, français que nous avions rencontrés à Kiev au meeting couch-surfing, ils étaient à Odessa, et on pris le même train que nous, ils ont cependant la chance de descendre définitivement à Cracovie, pendant que nous poirotons. | Route vers la CriméeSat, 04 Aug 2007 14:39:00 +0000 Nous nous levons chez Svetlana, avons dormi sur un french sofa (clic-clac), au milieu de ses livres, ses photos, et ses peluches, la trentaine, elle est correctrice et prof. Il est 7h30, elle se réveille, nous nous disons au revoir. Prenons le bus pour la station de métro. Nous arrivons à Vakzalana, la gare de Kiev, il est 8h30, retrouvons nos sacs à la consigne, achetons quelques vivres et sautons dans notre train. La gare de Kiev est très jolie, un grand hall de marbre, des pans de murs peints, sculptés ou en bois. Nous montons dans le train, un gros train soviétique lent mais très confortable, il est 9h15, nous quittons Kiev. Notre train vient de Moscou, parti hier, il emmène les moscovites à Odessa, destination estivale privilégiée des russes, ou ailleurs sur les cotes de la Mer Noire.
Un train de nuit donc, bien que notre voyage depuis Kiev se fasse dans la journée, nous sommes en Platzkarte, deuxième classe sur trois, couchettes agencées comme dans le train Gorakhpur-Calcutta, trois fois deux couchettes dans un compartiment ouvert, et deux couchettes, perpendiculaires au autres, de l'autre coté de l'allée, contre les fenêtres. Le train est plein, les gens sont en famille, détendus, dorment certains, sous de grosses couettes malgré la chaleur, d'autres tapent le carton, bouffent, lisent, écoutent de la tecnho russe. Dans notre compartiment, Victoria et sa fille Xéna, russes, ne parlent pas un mot d'anglais, mais nous font partager leur pique-nique : du poisson fumé, des oeufs durs, du haddock fumé, des chips, poires, tomates, jus de fruit, petits gâteaux... Nous traversons des forêts de feuillus, des champs, des petits villages sous le soleil ; le climat est méditerranéen, et nous avons hâte d'être au bord d'une Mer, après la Chine et le désert.
Aux arrêts, des vendeurs ambulants grimpent dans le train, proposent quelques alléchantes denrées, le train repart, lentement file vers le Sud. 19h50, Odessa, terminus tout le monde descend. | Kiev, Jour 2Fri, 03 Aug 2007 11:10:00 +0000Nous nous réveillons dans notre petite datcha, la nuit a été fraîche, les pommes qui tombaient et les chiens aboyant étaient les seuls bruits de la nuit, pendant que le chat du coin coursait les souris. Nous avons convenu de ne pas passer une nuit encore chez Sergeï, car lui taxi-driver, et nous loin du centre, les courses en taxi (que nous payons) auraient atteint le prix d'un hôtel ou d'une chambre dans le centre. Au matin, un texto de Sergeï nous annonce qu'il ne peut nous trimballer en taxi aujourd'hui, nous partons donc pour le centre, avec nos sacs, quittons la village house. Trois kilomètres de marche en plein soleil et 20kg sur le dos, nous arrivons à un rond point d'où nous prenons un bus pour la station de métro la plus proche, Sergeï nous cherche, nous le fuyons comme un tueur, il va nous réclamer de l'argent pour hier, etc etc.
Sergeï nous a trouvé un hôtel, sans que nous ne lui ayons rien demandé, nous préférons nous débrouiller, trouvons une chambre à louer (plus économique et plus pratique que l'hôtel). Nous partons en métro pour le centre, où se trouve la chambre. Notre contact, ABSOLUT, n'est pas très efficace, et ne nous communique que vaguement l'adresse. A 5km du centre, je ne capte qu'un réseau sur lequel je ne peux pas appeler, nous utilisons donc un téléphone public, devons avoir avec nous passeports et 50$ pour le rendez-vous avec l'agence. Malheureusement, nos plafonds de retrait sont dépassés, nous reprenons le métro pour aller à l'agence Crédit Agricole, qui en fait n'a pas pignon sur rue. La journée de visite de Kiev se réduit au fur et à mesure, il est 14h, en terrasse d café avec nos gros sacs, nous attendons que les banques terminent leur pause déjeuner, nous apprêtons a trouver une endroit où dormir ce soir, poser nos sacs et, enfin, visiter la ville.
Malgré cette loi des séries entamée à Almaty, Kiev nous est très agréable, ses rues pavées, ses arbres, ses vieux monuments, ses habitants et l'atmosphère détendue préservent notre bonne humeur. Si la journée d'hier est, à cause des courses en taxi et de l'achat de la tente, la plus chère du voyage, nous ne sommes pas mécontents d'être à Kiev, et d'entamer la partie Européenne du voyage. L'atmosphère kiévoise est agréable donc, et particulière. Les kiévois sont jeunes, la population semble, plus qu'ailleurs, divisé entre très riches et pauvres, ne laissant que peu de place à une classe moyenne, les grosses voitures, les fashion victims vêtues d'italiannités, décorées comme des sapins de Noël, côtoient les mendiants, les habitants des HLM soviétiques en bordure de la ville, et les jeunes bronzent sur les dalles de la Place de l'Indépendance.
A Almaty, les plus démunis sont partis et la ville malsaine est aux mains des mafieux, petites frappes et réseaux de prostitution. A Kiev, le communisme n'a pas été relayé par le pétrole, et les gens restent solidaires, charitables, les mendiants se voient facilement offrir nourriture, piécette et assistance. Une atmosphère plus humaine, plus civilisée et plus détendue qu'à Almaty. Notre première étape européenne est agréable et instructive, en ce qu'elle nous montre aussi l'inadéquation de notre façon de voyager, en Europe. Ces expériences nous servent aussi à préparer nos étapes dans le prochaines villes, sortis de l'Orient, nous prenons un autre rythme, nous adaptons aux standards européens.
Parenthèse Lonely Planet :
Le Lonely, nouvelle référence des guides touristiques, s'est avéré être une belle arnaque. En Chine, il avait tout faux, adresses inexistantes, grandes villes non répertoriées, cartes nulles et, sur le plan culturel, il est proche de zéro. Au Kazakhstan, entre la frontière et Almaty, surtout à Almaty, il est à déconseiller. C'est à croire que personne du Lonely n'a jamais mis les pieds à Almaty, hôtels inexistants, restaurants fantômes, informations ultra-périmées, et culturellement nul, bien qu'il n'y ait pas grand chose à Almaty. Sans doute bien fait pour certaines destinations (Etats-Unis...), il n'égale en rien le routard ou les guides bleus, que nous sommes contents d'avoir pour l'Europe. E un mot, ne misez pas sur le Lonely Planet, surtout si vous voulez voyager « culturel » et pas cher.
Un passage au cyber s'impose, un Ukrainien, Yurii, a besoin d'aide pour remplir un formulaire de demande de visa anglais, très stressé, son père autant que lui. La demande de visa anglais est très pointilleuse, et demande des informations qui remontent sur au moins deux générations (!), d'expliquer chaque réponse, etc. Ca n'en finit pas, au bout de 30min, il imprime et fonce poster tout ca, se confond en remerciements. Il s'était fait expulser d'Angleterre après le vol de son passeport.
Nous trouvons un mail de Yievgeni, LE couch-surfeur de Kiev, qui organise un meeting ce soir, avec tous les couch-surfeurs de la ville. Couch-surfing, pour ceux qui ne connaissent pas, est un site internet qui recense, partout dans le Monde, les gens prêts à accueillir pour quelques nuits ou simplement pour voire un verre, les voyageurs du Monde entier, gratuitement bien sûr. Couch-surfing n'est cependant pas un moyen de dormir gratuitement dans une ville chère, ou de squatter facilement un appartement, c'est un univers, un état d'esprit particulier, qui repose sur l'échange, le partage.
Forts de cette bonne nouvelle, nous prenons nos sacs, filons à la gare ferroviaire, les déposons à la consigne, nous les récupérerons demain avant le départ de notre train. Il est 17h quand nous sortons de la gare, rendez-vous avec Yievgeni à 20h, il nous reste 3h pour visiter un peu Kiev ! Pas de chance, pour ne pas changer, la station de métro de la gare ferme juste quand nous voulons repartir, et c'est à pied, puis en bus, que nous regagnons la station de métro la plus proche, de laquelle nous gagnons les hauteurs de la ville.
Parenthèse historique :
Kiev a été fondée vers le Vème siècle, c'est une des plus vieilles villes d'Europe de l'Est, et jouait un rôle commercial majeur entre Constantinople et la Scandinavie. Successivement Varègue, Coumanne, Mongole, Lituanienne, Polonaise. Les Cosaques et les Tatares se soulevèrent contre la Pologne, en 1648 naissait un Etat Ukrainien. Les Tatares partis, les Cosaques prêtèrent allégeance à Moscou, en 1654. Tombée aux mains des bolcheviques en 1919, elle devint la capitale de la République Soviétique Socialiste d'Ukraine en 1934. Occupée par les Allemands entre 1941 et 1943, elle retomba sous la tutelle de Moscou jusqu'en 1991.
Sur la grande place historique de Kiev, Sainte Sophie regarde Saint Mikhaïl, entre les deux églises, une large avenue plantée, pavée, ensoleillée. Sainte Sophie, cathédrale du début XIème est entourée d'un paisible square. Le clocher extérieur, grande tour de pierre, sculptée et peinte en bleu clair et blanc, abrite les cloches et constitue le point d'entrée dans les jardins de la cathédrale, aussi couvent. Sainte Sophie est sobre de l'extérieur, ses treize bulbes dorés scintillent au soleil, ses murs blancs, ses toits verts, et les bâtiments qui l'entourent, du même style, un certain dépouillement, calme. La cathédrale est fermée et, après un tour du parc, je retrouve le grande place pavée qui se prolonge en large avenue menant à Saint Mikhaïl, du nom du protecteur de l'Ukraine.
Au bout de l'avenue, éclairée par un doux soleil couchant, brille Saint Mikhaïl, bien moins sobre que Sainte Sophie, cathédrale-couvent du XIIème siècle, détruit à plusieurs reprises, notamment en 1934, sa rénovation a été terminée en 1999. Saint Mikhaïl est une cathédrale-monastère d'un bleu céruléen, les dorures extérieures, sur les colonnes, les toits et les bulbes brillent de mille feux, l'ensemble paraît se fondre dans le ciel bleu. L'entrée se fait par le clocher extérieur, tout aussi imposant que celui de Sainte Sophie, mais plus décoré, il est accessible par un escalier intérieur, à travers un petit musée, et donne une vue imprenable sur toute la ville et les clochers environnants. L'intérieur de la cathédrale est richement décorée, des murs entiers de dorures, des peintures, des icônes, des bougies qui se consument, des statues, et le soleil qui pénètre par les vitraux fait scintiller les ors.
Derrière Saint Michel au Dôme Doré, le jardin Volodymirska Girka, surplombant la Dniepr, un havre de paix, accessible depuis le fleuve en funiculaire, et des hauteurs de la ville. Au sommet du jardin, la statue du prince Vladimir de Kiev, qui baptisa la Russie en 988, fait face aux eaux et aux plaines d'Ukraine, annonce la ville aux voyageurs venus du Nord.
Il est malheureusement 20h, nous ne pourrons pas voir la Lavra, le parc Mariinski, les jardins botaniques, Saint André, autres joyaux de Kiev, raison pour y retourner !
Nous descendons la colline par les ruelles pavées, à l'ombre des murs de St. Mikhaïl, et des beaux immeubles de la vieille ville. Sur notre chemin, les terrasses de cafés regorgent de monde, les kiévois profitant des derniers rayons du soleil, se promènent, bronzent et se reposent sur les bancs, dans les parcs, près des fontaines, sur la Place de l'Indépendance que surveille une statue glorieuse. Nous redescendons la rue Khreschatyk, les Champs Elysées de Kiev, que bordent de vieux bâtiments, immeubles de pierre, universités, instituts, banques ; plus loin dans la rue, Saint André nous dévoile ses clochers, plus loin encore, l'Université Rouge devant son nom à ses murs, colonnes, et toits rouges vif, regarde ses étudiants, et la douceur de vivre kiévoise. Partout des parcs, des buvettes en plein air, des musiciens de rue, des peintres, Kiev est une ville bien agréable, qui se dévoile doucement, à travers ses rues tortueuses, ses hauteurs, ses quartiers. Nous retrouvons Yievgeni et le meeting couch-surfing dans un pub, trois autres français sont là, qui bénéficient comme nous de l'hospitalité ukrainienne. Après quelques présentations, verres et pizzas, nous allons dîner, parlons de nos voyages, et trouvons Svetlana, une kiévoise qui se propose de nous héberger. Parfait, nous nous séparons tous au bout de quelques heures, Svetlana nous emmène chez elle, au Nord Est de Kiev, prenons le beau métro kiévois, ses escalators sans fin, ses hauts plafonds, ses décorations raffinées, puis un bus, il est tard quand nous arrivons chez elle, en banlieue de la ville, dans une tour qui regarde une forêt, calme, nous partons demain pour Odessa. | Kiev, Jour 1Thu, 02 Aug 2007 12:30:00 +0000 Après 1h10 de vol, nous atterrissons en Ukraine (« Pays des Confins »), à l'aéroport de Kiev Borispol, il est 11h20 heure locale. A la sortie de l'aéroport, nous rencontrons une fraîche ukrainienne qui va, comme nous, à la gare ferroviaire, et nous aide à acheter nos tickets pour Odessa. Nous partirons le 4 au matin, et 12h de train pour 500km nous emmèneront à la Perle de la Mer Noire. Pour l'heure nous cherchons un hôtel, et nous apercevons vite que Kiev ne compte pas d'hôtels à bas prix. Nous prenons un taxi à la gare, nous dirigeons vers un hôtel a priori le moins cher de la ville, il est à 10km du centre et avant même d'y arriver, nous orientons vers un autre établissement, de peu plus cher, mais dans le centre. Indiqué par le merveilleux Lonely 2006, l'hôtel n'existe plus depuis cinq ans ! Le chauffeur, un peu plus âgé que nous, très sympa, continue de nous faire faire la tournée des hôtels, pas un en dessous de 250 Hryvnia (soit 250 Francs Français). Ayant notés l'existence d'un camping, nous partons acheter une tente, que nous rentabiliserons vite avec les campings de Odessa, Prague, Bratislava etc. Quatre heures plus tard, nous arrivons sur une île sur la Dniepr, sorte de base nautique de Kiev, où notre chauffeur pense qu'il y a un camping. L'endroit est campable, mais loin de tout, nous camouflons nos sacs sous des branches d'arbres puisque le café du coin tenu par un vieux con refuse de nous les garder une heure ou deux, et nous repartons en taxi dans le centre, dîner et trouver un cyber. Cinquième heure de taxi, et l'addition est salée, 500 Hryvnia (prononcer "grivna")...! Nous dînons dans un resto apparemment pas trop cher, qui en fait l'est un peu, et trouvons un cyber. Une tente en notre possession, nous recherchons sur internet les adresses de vrais campings à Kiev, il y en a deux.
Trouvons un taxi et partons chercher nos sacs pour déménager dans un des deux campings trouvés. Le chauffeur est un massif ukrainien, la cinquantaine, il parle un excellent anglais, nous parle de la France, des créneaux à Paris, de Sarkozy, de la Cité, de l'Université, et de la Chine, des chinois, du désert et de l'Union Soviétique. Il a fait son service militaire près de Vladivostok, parlons armées, Française, Chinoise, Russe. Prenons nos sacs, et arrivons au camping, il est plein. Décontenancés, nous apprêtons à planter notre tente dans l'Hydropark proche, grand par ouvert en plein centre, puisque l'autre camping est à l'autre bout de la ville, très loin du centre. Sergeï commence à nous faire mille recommandations, garder nos papiers sur nous, planter la tente près d'une source de lumière, près d'un endroit animé, etc. Nous n'avons pas fait 100m qu'il s'arrête : « Let's talk about the situation. » il se frotte le visage : « You are in a bad situation, so let's stop the metter, if you want, you can live in my village house. ». Nous acceptons, sa « village house » est une petite datcha à 10km du centre, dans la proche campagne de Kiev. Il semble homme de confiance, nous emmène donc là-bas. Des petites rues tortueuses nous emmènent loin de l'agitation du centre, nous arrivons en pleine campagne, au milieu des pommiers, dans sa petite maison en bois. Son frère est là, respectable comptable qui bricole ici en fin de journée, ils nous expliquent le fonctionnement de la maison, buvons un thé, et ils s'en vont. Sergeï nous donne encore mille recommandations, nous laisse son numéro, repassera demain matin pour nous conduire dans le centre. Nous n'avons pas eu le plaisir de profiter de la légendaire hospitalité kazakhe, mais l'ukrainienne n'est plus à faire.
Notre aperçu de Kiev et de l'Ukraine est, à cette heure, excellent, après Almaty et une nuit à l'aéroport de Moscou, nous découvrons une ville Européenne, à l'histoire riche et visible, vivante et animée, belle et intéressante. Nous avons eu l'occasion, en taxi pour l'instant, de voir ses rues, ses collines, ses jardins, ses bâtiments et son fleuve, Kiev est chère mais le vaut bien, contrairement à Almaty. Nous passons la journée demain à visiter la ville, et partons pour Odessa après-demain. | Une nuit à MoscouWed, 01 Aug 2007 10:29:00 +0000 Descendons sur le tarmac, une navette nous conduit au hall de contrôle des passeports, sans visas russes nous suivons la pancarte Transferts, personne, les bureaux sont vides. Finalement, une agent nous repère et nous fait transférer en bus, avec escorte, vers un autre Terminal. Nous arrivons dans une salle d'attente vieillotte, style années 70, mais confortable, de gros canapés un peu passés nous servent de lits. Un couple de Français s'en va pour Almaty, peu rassurés par la description que nous leur en avons faite. Nous nous endormons dans la salle d'attente vidée, le gardien écoute en sourdine de la pop russe. Réveillés à 9h, nous patientons, notre avion décolle à 10h40. Partons enfin, en navette, vers notre coucou, les appareils d'Aeroflot Grand Nord, argentés, s'envolent à coté de nous vers quelque confins sibérien. | Du voyageWed, 01 Aug 2007 10:22:00 +0000Nous sommes au dessus de la Russie, entre Almaty et Moscou ; La traversée du Kazakhstan, de la langue Sud de la Russie, sur les bords de la Caspienne, et de l'Ukraine, aurait dû constituer le deuxième mois de notre voyage, ou du moins nous aurait pris quelques semaines.
Le grand bon en avant, vers l'Ouest, que nous sommes en train de faire, bouleverse la physionomie du voyage initial, si on peut encore parler de voyage initial (!), et revêt un sens particulier.
Nous devions faire 20 000km en moto, il a été décidé que ce serait par d'autres moyens ; Nous avons pris bus, trains, voitures, bateaux pour traverser la Chine de Hong Kong à Korghas, et gagner Almaty, en un mois. Un mois qui fut éprouvant, pour moi qui n'était pas en super forme, et je crois aussi pour Nico (et il l'aurait été pour tout autre), du fait de notre rythme de déplacement et de vie. Un voyage tel que celui-ci n'est certes pas fait pour se reposer, mais si nous avons supporté un mois de traversée de Chine, parfois difficile, sans trop de problèmes, l'arrivée à Almaty a constitué un point décisif, un tournant psychologique et physique.
Nous sommes arrivés après trois jours sans avoir rien avalé, bourrés, dans une ville glauque où on ne sait où dormir, où tout est hors de prix, et où les gens ne sont pas accueillants, après trois jours passés aux bords des lacs chinois, dans le froid, l'humidité et sous la pluie ; Mais nous étions prêts à continuer, à filer toujours vers l'Ouest, traverser le pays et entrer en Russie.
C'est au guichet de la gare, alors que nous demandions des billets pour Aralsk, que le coup fatal fut porté à nos projets, c'est là que nos dernières forces, que ce qu'il nous restait de motivation, lâchèrent, quand on apprit qu'il n'y avait plus de billets avant le 5 ou 6 août. Deux solutions s'offraient à nous.
Partir en bus vers l'Ouest, suivant l'itinéraire prévu, Taraz, Chimqent, Aral et Atyrau, puis entrer en Russie, rejoindre Volgograd et continuer vers Kiev.
Ou bien choisir la facilité, rejoindre directement l'étape la plus à l'Est des étapes de l'Ouest, ne pas traverser le Kazakhstan, ne pas voir la Mer d'Aral, ne pas voir la Caspienne, ne pas voir les déserts et les montagnes du pays, ne pas voir les Kazakhs aussi, ne pas voir Volgograd et la Russie, ne pas prendre 20 000 Francs, et rejoindre Kiev.
Nous aurions pu prendre le bus, partir vers Aral, puis trouver un train pour la Russie, c'eût été faisable. Mais le prix à payer nous a découragés d'avance : entamer les procédures pour le visa russe, payer 30$ chaque soir pour dormir pendant une semaine, des taxis tous les jours, et rester dans une ville culturellement morte, humainement pauvre, puis reprendre des jours de bus en plein désert, s'arrêter dans des villes où bien peu de choses nous attirent, et traverser la langue de Russie en deux jours avec un visa trop cher, pour arriver enfin à Kiev, et n'avoir que quelques semaines pour la partie Européenne du voyage.
Si les voyages sont, selon moi, la seule vraie faon de découvrir le Monde et ses habitants, il n'en reste pas moins qu'après une année passée à bouger, entre France, VietNam, Cambodge, Chine, Népal, Inde, Thaïlande, Kazakhstan, et Europe, entre tropiques et grisaille, entre canicule et grand froid, entre Europe et Asie, l'envie de sédentarisation se fait sentir. On ne profite vraiment du voyage qu'en le savourant, qu'en procédant par étapes ; passer des mois à découvrir des cultures, des paysages et des gens est passionnant, mais après onze mois de route, en tous sens, certaines choses manquent, et l'on apprécie moins facilement ce que l'on voit.
Voilà à mon avis la vraie raison de ce changement de programme, il procède d'un changement d'état d'esprit, trop de voyages tuent le Voyage. Et quand se profilera le prochain voyage, sans doute me semblera-t-il bien mérité, et peut-être l'apprécierai-je d'autant plus après des mois Français. Nous atterrissons à Moscou, après 4h de vol, il est 21h30 heure locale. | Quitter AlmatyWed, 01 Aug 2007 09:54:00 +0000Résolus, au cinquième jour, à nous faire enregistrer à l'OVIR, nous y allons en taxi. La charmante policière nous informe que nous n'avons pas besoin de nous faire enregistrer, ce qui ne nous étonne qu'à moitié, puisque nous partons aujourd'hui, cinquième jour. Ce n'était que dans le doute, et ne tenant pas à payer une amende à l'aéroport, que nous voulions nous enregistrer.
Une nouvelle journée à errer dans les rues de la morne capitale commence, Panfilov, la cathédrale, encore, l'Otrar Hotel, puis nous allons déjeuner dans un restaurant de l'agréable rue piétonne de la ville. Nous rencontrons là, assis en terrasse au soleil, de longs cheveux blancs noués, une épaisse barbe blanche un peu jaunie, fumant d'excellentes cigarettes chinoises, un berlinois. La soixantaine passée, il arrive d'Urumqi, après six semaines de voyage en train, de Berlin à Moscou, puis Oulan Bator, Pékin, Lanzhou, et le Kazakhstan. Nous parlons de la Chine, des Kazakhs, de l'Ukraine qu'il n'aime pas trop, nous présente son compagnon de voyage, en pierre creuse polie, une statuette chamanique des bords du lac Baïkal. Il nous traduit le menu écrit en Kazakh, le russe étant la première langue que les berlinois de l'Est apprenaient à l'école. Nous trouvons un peu de calme en terrasse au soleil, puis nous retournons à l'hôtel, où nos gros sacs attendent le départ. Nous prenons un bus à 16h, arrivons à l'hôtel à 17h3à à cause des interminables bouchons, sautons avec nos sacs dans un taxi que conduit un gros kazakh, le bras droit dans le plâtre, et traversons une dernière fois Almaty, route vers l'aéroport.
Et c'est le coeur léger que nous passons une dernière fois devant les bouchons, les chauffards, les rues vides, la pollution, les bâtiments soviétisants, les habitants antipathiques d'une ville anciennement mythique. Almaty n'est plus, Nazarbaïev City, Petro City peut-être, son riche passé a quitté la ville, il est ailleurs dans le pays, enfin je l'espère ! Almaty ne restera pas l'étape la plus agréable du voyage, mais en sera une des plus instructives. La capitale à peine kazakh d'un pays pétrolier majeur, ancienne grande République Populaire d'Union Soviétique, n'est certes pas une destination culturelle, encore moins touristique, mais intéressante, un endroit particulier, désagréable mais différent.
Notre avion décolle à 19h, nous passons les premiers contrôles, on me fait vider mon sac, puis les douanières qui, dans leur cabine, font de la gymnastique en écoutant de la pop russe, ignorent que l'Ukraine ne demande pas de visas aux citoyens de l'Union Européenne, nous fait perdre un peu de temps encore, il est 18h50, nous embarquons.
Notre A321 de Air Astana s'extirpe de la crasseuse ville, nous laissons les Tian Shan au Sud, et filons vers le soleil couchant, survolant les déserts kazakhs. Une mer de nuages orangés nous cache le reste du pays, nous ne saurons peut-être jamais à quoi ressemblent Taraz, Chimkent, Aralsk, Aktobe ou Atyrau, et surtout, nous ne saurons peut-être jamais qui sont les véritables Kazakhs, loin des habitants d'Almaty. | Journée vide dans une ville morteTue, 31 Jul 2007 09:30:00 +0000Levés à 10h, le temps de nous préparer pour aller à l'OVIR, il est midi moins dix, l'OVIR ferme à midi, nous irons demain. Nous tentons une mission cybercafé ; ils ne sont pas nombreux à Almaty, mais nous en avons repéré un près de notre hôtel. 1km à pied et nous y sommes, les ordinateurs sont infestés de virus et bloqués par celui du gérant, nous y passons une demi heure et partons, sans payer. |
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