Les Molécules d'Amertume
Les Molécules d'amertume |
Nous deux
(photo : E - S.A)Des bulles de savon. Un instant tout simple, tout fragile. Une explosion de couleurs qui parfument ma vie de bonheur. Mon Aimé, ma Vie. Nous bâtirons ensemble cet existence qui nous ressemble. Repeindrons nos murs en blanc et en rouge. Choisirons ces lumières qui nous vont bien. Disposerons amoureusement nos bouquins. Déciderons de nos rêves et de nos folies. Nos folies. Nos gestes inconsidérés, nos brûlures et nos passions. Parce qu'il est hors de question que nous soyons autrement que ce que nous avons appris à être, à deux.Nous deux.Alma
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Dis, quand reviendras-tu
Cet après-midi, ton sourire avait, dans cet air doré, mais dans cet air glacé, un mélange de tristesse et de confiance. Tu m'as enlacée et au creux de mes oreilles, j'ai senti le vent me murmurer "Mon âme". Le vent connaît mon prénom. Connaît-il également ce gouffre d'amour dans lequel je me noie sans toi ?Alma
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Notre essence
Claude Monet, Train dans la campagneTu me sens loin, peut-être. Pourtant il n'y a pas de chemin qui nous sépare. Si le souffle te manque, s'il te semble errer dans la quête désespérée du havre de mes bras, cesse aussitôt ta course. Ferme les yeux, ouvre-toi et laisse cette petite chaleur de l'âme t'envahir et devenir grande. Car je voyage dans tes pensées.Je marche dans la ville et les gens ne savent pas ce qui me tient le bras, m'empêche de tomber et me fait avancer. Je le vois et c'est toi. Nos esprits se rencontrent et tiennent de drôles de conversations. La magie a opéré. Je
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Du bout du monde
© AlmaLa matinée avance les pions d'une vérité cruelle. Davantage soucieux de rendre aveugle ton chagrin avant qu'il ne soit plein, je n'avais pas réalisé qu'une fois rentré je serai vraiment seul. Le soudain poids de ton absence s'est imposé. Tes petits mots laissés comme de petites fleurs au milieu de la rosée. Moi qui t'exhorte à vivre forte et voler haut, je lutte maintenant avec d'autres faiblesses. Je te veux sans entraves et pourtant être en toi. Car c'est aussi physique. Cela se manifeste même surtout dans le monde physique.La nuit j'aime tant me frotter aux frontières de
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Réapprendre
(c) Alma Tu vois, j?ai cette petite boule au ventre soudain, que je pensais éteinte depuis quatre mois. Depuis quelques heures, elle semble se réveiller, tremblante comme après une hibernation difficile. Elle époussette, tiraille un peu dans les coins, cherche ses marques. Nul doute que si je ne la fais pas taire immédiatement, par quelque moyen que ce soit, elle me minera pendant tous ces jours où tu seras loin de moi.Je ne t?écris plus depuis que tu as envahi ma vie. Ai-je besoin d?un manque pour que les mots acceptent de revenir se poser, papillons de douceur pour apaiser la
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Et peindre ta peau en rouge
Approcher timidement la vie, qui, fragile, pourrait d'un battement d'aile s'envoler effrayée. Lui accorder ces sourires qui mettent l'âme en rideaux à fleurs. Pinceau dans une main et impatience dans l'autre, distiller délicatement de petits morceaux de bonheur entre ces murs tout neufs. T'entendre déballer en chantonant tes années passées et décorer déjà les cloisons blanches de nos années à venir. Silloner entre les cartons de nos vies qui se mélangent, observer la manière dont nos envies s'entrelacent, te faire de la place dans mon armoire, me faire une place en toi. Et saluer
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Redécorer l'azur
Caravaggio, Amor vincit omniaDe vives arpèges de mandoline me parviennent. J'émerge de la poussière.J'accumulais des étages, je grimpais les marches qui devaient me permettre de mieux te voir. L'aperçu est encore ténu mais il m'amuse. Promesses de douces embrassades. Je te devine là, tout autour. Comme la musique virevoltante de Vivaldi. Comme ce tourbillon insensé de neige qui me faisait perdre la notion du haut et du bas. C'est un délice que j'entrevois. Un autre. Tant.Tant je me tends. Tu sais mais fais semblant et je joue le jeu. Ce sera alors si simple, simple comme le feu qui im
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Deux, et le monde
(c) KerstingBientôt la vie à deux. Oui.Nous l'avons choisi, nous l'avons attendu. Cet instant.Bientôt nous deux à la même fenêtre, penchés sur le même monde : le nôtre. Il s'agira de regarder loin, de regarder ensemble, d'écouter les battements de nos coeurs, qu'ils battent ou non à l'unisson. D'écouter l'autre, toujours.Nous avons tout à apprendre. Tout.Mais j'ai toujours eu soif de tout, et j'ai plus que jamais soif de toi.Alors je n'ai pas peur.Alma
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2009 droit devant
Nous n'avons pas disparu. Nous n'avons pas fondu. Nous nous sommes juste laissés porter par les flocons veloutés, par le bonheur d'être ensemble, par le soleil hivernal qui aimantait nos envies et qui piquait nos joues de - 10° sous le regard embrumé de châteaux dignes de contes de fée.2009 sera 2009 parce que nous saurons être neufs en étant nous-mêmes. Individuellement, nous poursuivrons notre bonhomme de chemin. A deux, nous poursuivrons le monde.Et nous le boirons, le provoquerons, le croquerons, l'illuminerons à la mesure de nos possibilités. Nous le partagerons encore et auss
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Neige
© Cyberclub de ChicoutimiJe t'entends tant que j'en crève. Rien d'un balbutiement. J'accueille, réjoui, ce cri puissant qui m'affole. Ta voix, mon manteau. Ton chant, mes semelles. Et franchir les ponts sans jamais craindre de perdre l'équilibre.Alors oui, j'ai froid. Mais le soleil percera l'ondée mauvaise. Les yeux fermés, derrière le brouillard déjà je sais. Les pieds sur terre, il me semblera voler.Max
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Brouillard
(c) Archip Iwanowitsch KuindshiLes mots ne suffisent plus, m'entends-tu ?Alma
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Râle
J'étouffe entre ces parois trop froides bout de table inutile lit froissé pour qui pour rien tristesse honorée dont ton absence est la cause la faute à personne pas la faute sensation atroce de manque toi et pourtant j'ai un coeur j'aime envie de me couler dans tes bras dormir dans tes cheveux embrasser cette peau maintenant maintenant dormir mais aussi vivre éveillé toujours aller vers toi et ne pas te confronter à ces tourments gris pas moi pas moi qui risqueraient de contaminer ton humeur que je ne veux que porter vers la légéreté et la profondeur et tout d'une traite et là maint
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De la Garonne et d'autres envies
(c) AlmaLa Garonne coulait sous nos pieds. C'était un soir de septembre. La lumière dorée caressait les ombres, soulageait les contrariétés de la journée qui venait de s'écouler. Fin d'après-midi d'automne. Je t'ai rejoint. Il faisait encore chaud, si bon que j'ai vite envoyé valser chaussures et autres prosaïsmes encombrants. Remonté le pantalon en haut des genoux. Remonté les yeux au ciel, senti ta main au creux de mes reins.Des Garonne pareilles, je t'en offrirai encore, par bouquets de soleil. Des Garonne pareilles, Nougaro qui s'en dédit, je t'en offrirai le jour, la nuit. Qu
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Déchiré
Victor Brauner, L'Éventail du poèteJ'ai essuyé mes larmes au revers du téléphone. Déjà trop tard. Tu as saisi mes derniers mots, noyés dans le bruit si laid de mes sanglots. J'ai raccroché, je m'étranglais. Je ne voulais pas t'imposer l'impudique partage de ma douleur. La nuit s'annonçait rêveuse, les heures heureuses étaient encore fraîches, nous n'avions qu'à en chevaucher le souvenir pour nous rejoindre, nos corps à nouveau inscrits dans le cadre si affreusement tranquille de la distance. J'aime être fou. J'aurais voulu te laisser cette première nuit de solitude retrouvée
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Cette rage en moi
Cette rage en moi de ne pouvoir sourire, penser, souffrir sans que ton image ne vienne éclabousser l'instant. Ta lèvre qui se soulève en un appel au crime, l'éclat de tes yeux qui transperce jusqu'aux ondes téléphoniques. Cette rage en moi de tendre toute entière vers toi. Ce matin, tu vois, je marchais dans l'écho frissonnant des feuilles qui se tordaient de froid sous mes pas. J'ai soudain cru entendre rire mon sang, bouillonnement intérieur. Mon âme n'a pas suffi pour engloutir le cri qui a résonné dans la vacuité des rues encore endormies. Mon cri intérieur. Mon cri. Ma rage.
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Qui court sous mes doigts
Féérie, un horizon victorieux, le front fracassant les nuages, la tête relevée vers de nouvelles quêtes inimaginées, possibles peut-être enfin de faire aboutir à deux cette fois. Le plus beau des sourires, qu'aucune photo jamais ne parviendra à capter, qui n'existe pas dans la fixation morte du cliché mais dans la vie que je vois palpiter en toi. Je la vois même quand tu ne me regardes pas. Je la devine qui court sous mes doigts lorsque je saisis au vol tes instants de félicité folle.Autrefois je m'efforçais de lutter contre ma conscience pour me persuader que j'étais réellemen
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Litanie d'automne
(c) FashionskillTon nom comme une litanie, ton nom comme une litanie, ton nom comme une litanie, ton nom comme une litanie, ton nom comme une litanie, ton nom comme une litanie, ton nom comme une litanie, ton nom comme une litanie, ton nom comme une litanie, ton nom comme une litanie, ton nom comme une litanie, ton nom comme une litanie, ton nom comme une litanie, ton nom comme une litanie, ton nom comme une litanie.Une feuille, deux feuilles, j'essaime, j'égrène. En Lusitanie. Ton nom comme une litanie.Et je foule cette terre et je crie ton nom.Et je souris.Alma
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Mon cher loin
(Lisbonne, 2008 - Photo : Alma)C'est trop laborieux de vivre ces émotions doubles : en soi, puis sur le papier. Mon cher loin.Je ne sais plus écrire, pas même décrire les couleurs des heures de ces dernières semaines. Ensemble. En silence, en rire, en regard, en baisers volés, en glissades sur les escaliers.Mon cher loin, il faut réapprendre la distance qui nous étrangle. Je te sens là, au creux de ma nuque, ton souffle chaud à la racine de mes cheveux que tu soulèves doucement. Je me retourne : je ne trouve que l'écho de tes pas.Entends-moi.Alma
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Heureux qui comme Ulysse
Evasion. Evanescence.Le voyage est beau même lorsque le temps est froid.Il y avait tout de même le soleil et surtout, il y avait tes bras.La tête encore pleine de ces rêves partagés, je m'en vais atterrir doucement à tes côtés.Boa noite, amor.Alma
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Aujourd'hui
Aujourd'hui, dans la ville entre gris et nuit, le ciel va rejoindre la terre. Et le temps se figer.Je ne l'ai vu écrit nulle part mais tu le sais comme moi. N'y vois ni la force de l'habitude ni l'épuisement de l'imprévisible. Cet imprévisible dans lequel nous aimons tant nous envoler pour mieux faire sombrer certains lendemains dans le confortable fatras des pensées.Aujourd'hui l'heure se fige entre quatre bras. Sommeil de la raison, réveil du râle, nos signes de vie. J'aurais beau t'étreindre à t'étouffer, je chuchoterai encore ton nom, cueillant dans ton frisson ce miracle d'une p
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