Le cahier ivre |
La liberté s'arrête là où se tend la chaine.
La structure bancale parlant la Lingua Quintae Respublicae qui nous impose leur façonnage hystérique et leur vision d?une économie biaisé responsable de tous nos maux, feignant d?être notre père à tous quand il nous explique la bonne façon pour nous laver les mains et comment il faut bien frotter entre les doigts. Nous rigolons de ces tournures, ironisant sur un style vestimentaire ou une coupe de cheveux passé de mode. Nous voyons dans ces détails ironiques une forme de subversion, nous croyons être l?espace d?un instant un justicier. Mais c?est une imposture. Car au fond
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Le jour de mes nuits
Maintenant je me suis éveillé. Hier encore je renversais le trottoir et secouais le métro mais aujourd?hui ça marche malgré tout. Le poids de la culpabilité aussi lourd qu?un rocher, la tête étourdit et mes mains timides me font évidement valser, je ne pourrais le cacher, mais il y a autre chose, comme une étincelle, un morceau de corde ou de ficelle, je ne sais pas vraiment. Je me sens soutenu. Ce matin je me sens bien comme une mariée le jour de ses noces. L?amoncellement d?un grand jour est proche. Alors vous pouvez y aller, planter vos aiguilles là où il vous plaira, c
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A ceux qui ont du coeur et les couilles qui vont avec
Je regarde la crème dessertElle fait semblant de trôner mais n?est pas dans son assiette.A première vue elle à l?air bonne,La présentation est impeccableSauf qu?à la première bouchéeOn se rend compte qu?elle est immonde.Immonde comme ce monde dégueulasse qui transpireSur des montagnes amères et devenu stupide.A force de leur répéterQu?il n?y a qu?elles qui ne se rencontrent pas,Elles finissent par y croireEt se contentent de sniffer les nuages poussés par le vent.Pour gravir les sommetsCertains se munissent de grappin,De cordes et de godasses d?alpiniste,Les montag
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La grippe des esprits
Je suis en quarantaine. La direction en a statué ainsi. C?est mieux pour tout le monde. Le directeur administratif et financier m?a interpellé avec toutes les précautions exigées. Les deux mètres réglementaires entre sa personne et la mienne.- Bonjour Viktor, vous ne portez pas votre masque ?J?oscille d?un air étonné. Cette simple contraction de sourcil l?oblige à m?inviter dans son grand bureau. Il m?installe à la table de réunion, lui se dirige à l?extrême opposé, réfugié derrière son bureau tel un soldat Onusien. Désormais six mètres nous séparent. Je com
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Wesh ma gueule...
Au commencementPas mal de chose?EnsuitePlus rien.Un long silenceEt puis?Petit à petitUne note en toile de fondUn son monotoneQui annonce le commencementDe quelque chose?EnsuiteS?ajoute des cordes,Aux cordes des cuivres,Aux cuivres des violons.Ce genre de violons,Vous savez,Ces petits instruments qui font mouiller les concierges.Et puis?Petit à petitL?orchestre s?organiseEt les choses se font.Le chef s?autoproclame mettre de l?universEt les instruments jouent des airsQui annonce le commencementDe quelque chose?EnsuiteDes discordes et des fausses notesCertains disent trop d
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Nature et Démesure (Pour Yaël, Julie et Max.)
L'ivresque expérience de la solitude et des affaires mentales, a su vous faire découvrir des lignes d'aventures ponctuées au rythme scandaleux de nos vies infernales.Notre condition d'être et d'avoir, que l'on pourrait résumer par être possédant, veut diriger nos vies et notre structure mentale évanouie pour laisser place au consommacteur, ou comment un individu vidé de toute conscience est livré dans l'individualisme déshumanisant.Cette parodie de vie ne saurait combler le sentiment qui nous habite, la consommation de biens à outrance, les collections de timbres, et mêmes les dro
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Qui êtes vous ?
Je suis un chien fouUn chien fou qui aime la poésie, le vin et la bière.Et je vous prends quand vous voulez !
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Le pêché se paye
Cette nuit làje m?étais retrouvé à chevalsillonnant le bois de Vincenneset son infini mystère à m?écarter du chemin.Je m?étais enfilé une bonne demi bouteille de scotchaprès avoir déjà franchi de quelques longueurla limite autorisé du taux d?alcool dans le sang.Je tournais en cavalier ivre autour du champ de courseà la recherche d?une jument en camionnette.J?étais tellement dopéque ma monture avait du mal à suivre les coups d?accélérateur.Faut dire que j?avais une sacrée envie de chair,même s?il me fallait débourser quarante euros.Quarante euros emprunt
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Nature et démesure
Une téteille et deux verresaprès un apéro de fruits gâtésEtune sortie de bar amèrevous mène au c?ur de la forêt sacréeMoyennant quelques eurosEvidemment.
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Les frites
Le soleil pleureEt les oiseaux dégoulinent de fiente.Les nuages m?éclairent de fructueux éclairesAlors que le ciel se ratatine.Mon trottoir se désagrège sous la danse des pompeuses d?or sombre,Ma rue ressemble de plus en plus à un amas de pare-chocs,Les bistrots me clin d??ilEt ses poules me font les poches.Mon boulot m?use les semelles,Et effrite ma conscience.J?ai salement mal à la têteEt ma demi gerbe qui ne se déclare toujours qu?en fin de matinéeMe turlupine au point de bouffer des frites.Suspendu dans cet horizon de brume au sal caractère,Je m?efforce à jouer s
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L'antichambre des solitudes
Ça commence sur une plage tropicale. Une fille est devant moi. Elle est simplement vêtue d?un béret basque. Elle est nue et s?offre à moi mais ce béret me renvoi à l?état f?tal. Je suis congestionné par ce béret qui frôle le ridicule. Apparaît maintenant cet oiseau perché sur un arbre mort qui diffère du paysage. Il se met à battre des ailes et pique sur le béret qu?il arrache avec son bec. Je retrouve d?un coup toutes mes forces. Mes pulsions se réveillent, je n?ai qu?une seule envie, baiser. Et sous les yeux ébahis de la fille je sors ma queue et me fais l?o
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J'exagère
Le frigo est vide et j?exagère.Le dimanche est maussade, pluvieux,amicalement ennemi au lundi et j?exagère.Mon étagère se balafre et part en couilleet j?exagère.Ma boîte crânienne rapetisse de folie en folieet j?exagère.La planète brûle et se consumeet j?exagère.Les doses de mojito se confondent aux glaçonset j?exagère.Mon slip s?élime et s?agrandie mais j?exagère toujours.Cependant l?heure tourne, les étoiles se rapprochentet je chie toujours à la même heure.
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Gentil col blanc
Un drôle d?oiseau s?est perché sur ma fenêtreIl n?avait pas de rouge gorgeMais plutôt un col blancBlanc blanc blancBlanc comme la neige des ?ufs en neigeIl s?est mis à chanter un air déjà vuD?un air solennelRaide comme une sardine des neiges au garde à vousSon bec articulé de mauvaises penséesS?est subitement changé en mélodie mielleuseJe n?ai pas de suite comprisIl faut dire que je tenais une de ses plumes entre mes doigtsUne plume blondine et trempée d?encreQui me servait d?exutoire sur papier blancBlanc blanc blancUne blancheur de craie comme le teint des gen
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Bris de trottoir
Qu?il est beau le poivrot du métroEn sortant du matinLa brise lui chante un souffle d?humeur frivoleEt il entrave quedalle à ce bonheur en bouteillePréfère même celle du loufiatChâteau la pompe 1920 ou pousse au crime de 1915La suite et la douloureuse dépendent de son choixQu?il est beau l?audacieux coffreEn sortant du banquierIl suinte le talbin et l?odeur de la neigeEt ses éconocroques enchristés dans le morlingueEvidement en cloque pour s?allourdir le buffetLe grisbi en p?tit suisse ou en îles caïmanLa couleur du dessert résulte de l?ardoiseEn voilà un qui farte
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La grande parade
Le raconteur parade aujourd?huiDans son habit de LaumièrePour se fendre de lumière du dix neuvième à la SeineIl emprunte la voix de sa chair aussi chère à ses yeuxQu?enrouée des cris d?oiseaux de bordS?il est clair que le temps s?éclairciLe sien est compté sur de vieux papiers ouatésSur lesquelles fut dit on rapporter un jour de tempêteQuelques commandements de capitaines à basculesSeulement quelques rares indigènes ont le souvenirDe ne pas s?y être laissé prendre à l?intéressement généralGénéralement empressé de se laisser prendre mon généralC?est de bo
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Mes aprioris
J?ai privatisé mes apriorisLe jour où j?ai entendu parler les leursIls ne faisaient que me desservir,Je passais à côté des actionsMe formalisant dans un contexte préétabli d?idées reçus d?expériences incertainesMe gargarisant dans mon milieu.Evoluer exclusivement dans son mondeRapproche les extrémistes des calamars.Pantouflards sédentaires,Monogames et polygames,Religieux, supporters, galériens en tout genre,Porteurs d?idées reçus et diadèmes lumineux,Changez de trottoir de conduite de routeCes idées me confortaient dans une bulleDe savon marseillaisMe faisant trempe
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La fureur du réveil
Ce matin ma rage débordeElle s?exprime en tonkinoisEt s?étale sur les mursQue j?en tartinerai même ma tartineS?il elle n?en était pas déjà pleineSeul mon café est sereinIl a l?air immuniséImmunisé mon culEt si je lui bottais le sienIl ferait moins le malinEt puis cette putain de cigaretteQui attend son heure en me chatouillantLe nerf de mes orteilsCelui qui me remonte la colonneEt se finit chez la voisineAh, je n?arrive même pas à crier !Pas moyen de m?en débarasser!Le matinUn enferSi je n?avais pas cette bonne grosse tasse de caféEt cette bonne vieille cigarette
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Un réveil ordinaire
Elle me dit l?avoir froisséLe matin au réveilJe lui dis ne pasM?en souvenirElle me dit que son culEst fait de chair de pouletJe la félicite du regardTandis qu?elle me fusilleEt voilà que ses lèvres s?agitentEt que sa bouche toute entièreLaisse débiner une envolée d?oiseauxD?abord des salésEnsuite des sucrésJe me réfugie derrièreMa tasse de caféElle s?agiteEt bat des ailesEt tourne autour de moiJ?allume une cigaretteLa chasse de ma fuméeEt voilà qu?elle se poseJuste en face du cendrierSa bouche débite soudainDes papillons de notesSont vachement beauxJe reste mu
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La sûreté
Ô quelle saveurQue ces propos alambiquésA la lueurD?un esprit éveilléA la couleurD?un soldat allongéEndormit et seulDans un putain de trouJe me souviens désormaisDe ces quelques houleuseriesDes chicanes équivoquesDes tempes essouffléesEt des araignées perduesDes abreuvoirs amenuisésDes chevaux biscornusDes fenêtres sans barreauxEt des portes sans serruresDe l?air refroiditPar des paroles de condésDes applaudissements de portièresEt de sirènes ordinairesDe l?odeur du méprisDes faux cols blancsComme celle du tabac froidUn lundi matinFestin de rosePour cafards aigrisY?en
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Sous gelée royale près du cendrier
Nez à nez dans l?envie,Je noie mes pulsionsDans un verre à cinq doigts,Fraîchement remontéContre moi.Et il monte, monte, monte,Plus il monte,Plus je le descends.Conquistador conquis,Matador d?ivresse,Je me laisseVolontiers encornerDe folies diverses.Pilier,Arbre fruitier de divines douceurs enfermées,Taré,Chat de gouttière et chien errant,Rôdeur professionnel,Mateur occasionnel,Pécheur du dimanche,Tout ce que je suisAbruti,Fou, ravagé,Salopard et gros enfoiré,Tout ce qui me fait pencherMe redresse de bon sens,Vivre, exister, boire,Et parfois baiserMais surtout beaucoup boire.Boi
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