Lab/oratoire du Mercure fugace (vitriol)
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Lab/oratoire du Mercure fugace |
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Pluie
Offrande au corps de ma bien aimée sous ma pluie souveraine parmi les herbes mouillées dans mes bois aux chevaux suffocants qui marchent sabots nus au sommet de ma tour au soleil qui rougeoie je fais offrande au corps de ma bien aimée
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L'indéfendu
offrande au corps de ma bien aimée qui sous mes mains se retourne et m'offre pommes et rubis ou l'indéfendu fruit fendu tour à tour sous mes paumes qui font offrande au corps de ma bien aimée
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Le pli souverain
offrande au corps de ma bien aimée et sa fleur librement m'emprisonne et doucement endurcit mon joyau qui se perle et moi non plus en moi mais tant et plus en son pli souverain je fais offrande au corps de ma bien aimée
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Sonnet muet
Mutus LiberMes mots s'étoilent-ils encore au ciel d'aiméebrûlent-ils sur sa peau l'or fondu de mon nomou bulles sont-ils qui éclatent en silenceou glissent-ils plutôt en perles d'agonie sur sa peau fièvre et fleur passementée de lèvressur sa peau matinée de lune pour un autremes lèvres sont bleuies et mes lèvres l'appellentsans goûter n'ayant goût qu'à leur propre morsure sans pouvoir mais voulant ses fruits rouges tenduset son miel à son fruit au mien mêlé de selet son miel à mon sel en liqueur de nos fruits et son corps sans entrave en marche si lointaineson corps secrètem
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La légende dorée de Jean-Louis Murat
Eros au miel - Albrecht DürerUne fois n'est pas coutume, je vais faire comme les ados et proposer à mes visiteurs une chanson que j'écoute en boucle :"La légende dorée", première chanson de Tristan, album de Jean-Louis Murat paru en début d'année.
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Ouvrir le fleuve de douceur
extrait du Speculum humanae salvationis, Bologne, XIVe siècle.Poème de Guillaume de Machaut à entendre iciMon cuer, ma suer, ma douce amour,Oi de ton ami la clamour.Mon cuer, ma suer, ma douce amour,Voi comment je pour toi demour. (demeure) Mon cuer, ma suer, ma douce amour,Fai tant que o toi soit mon demour. (ma demeure)Mon cuer, ma suer, ma douce amour,Oi du grant Desir la rumourQui fait en mon cuer son demour.Mon cuer, ma suer, ma douce amour,Fai qu'avec toi faice sejour. Mon cuer, ma suer, ma douce amour,Fai que j'aie encor un bon jour. Mon cuer, ma suer, ma douce amour,Oi de loing co
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Hortus noctis
Cranach - Détail de l'âge d'orJ'ai d'abord parlé en fureur à une autre femme et à son poignard, mais c'était avant de laisser partir la mort en moi, car ensuite j'ai fui dans le jardin et le poème n'a été ni pensé ni imaginé, le poème était moi devenu partie du jardin. Alors j'ai parlé de son corps et de chaque lieu de son corps, et j'ai parlé aux arbres, à l'écorce et à la feuille, j'ai parlé au fruit naissant, au brin d'herbe, au noir de la nuit entre les étoiles et j'ai parlé aux étoiles, j'ai parlé à la lune en initiale de son nom, à l'air frais et
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Nox erat
Phanès C?était la nuit en coupe où boire son absenceenragé de son manque et moi perdu de moien allé à ses monts et vallées à son nomenlacé elle en mon tréma entremêléeaux neiges de mon ventre en tourmente pour ellemoi d?elle torsadé d?elle nouée en pluie C?était la nuit en coupe en souvenir du jouroù drapé de son corps elle vêtue de moiet moi d?elle tressé d?elle à moi amarréeoù voguant à son eau elle en lames de fondoù livré à l?écume elle en vagues languidesoù tremblant sous ses mains elle en pluie torrentielle C?était la nuit en coupe et violen
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Pluie régnante (offrande à son corps)
Lucas Cranach : VénusJe chanterai le cuivre frappé à l?effigie de la déesse de ChypreJe chanterai le buste lauranien d?elle qui prodigue ses vaguesme déferle me dérobe me déploie me défait en éclats de désirJe chanteraison portrait et le mien aiguisés jusqu'au traiten torse javeline à la joute lunaireet en lance de lice à la cour du SoleilJe chanterai son corps musqué navré de Lunele doux troupeau blanc de ses vivantes collineset le rouge mordu de ses lèvres rubellesCuivre disais-je qui est l?or de Vénuset la ville enterrée sous le corps d?eau de plus anciens dieuxla
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Le c?ur a ses raisons
seconde après secondeet coup sur coupmon c?ur n'a de cessede me battre
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Léthé
Maintenant je m'effaceEros n'est plus pour moises papillons l'ont priseet son sexe s'envoleavec eux déployés
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Iridelle en eaux troubles
le poison est au creux de nos mainscomme un eau claire où mouiller les lèvres? et la mort marche sur ces mots
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D'encre noire sa ramée
Conception d'Abel, in Histoire du Saint Graal, vers 1280, ms BNF.Eve et l'arbre de vie, in Queste del saint graal, Angleterre, vers 1275. D'encre noire sa raméecontre le ciel du vélinl'arbre écrit prend lumièreà ces yeux qui lents le lisentet l'enluminent de pourpreEt les mots bruissent du soufflede qui respire leur sensils frémissent sous les doigtsau parcours de chaque lignechemins d'obscur dans la pagefeuille où s'écrit le feuillageEt c'est presque s'ils entendentle chant parlé de leurs signesau chuchotis de ces lèvresqui savoureuses savourentla chair sonore de l'arbreau coe
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Guillaume de Saluste du Bartas sur la Terre vaine et sous le Ciel non azuré
Vincentius Bellovacensis, Speculum Historiale, Paris, 1463Ce premier monde estoit une forme sans forme,Une pile confuse, un meslange difforme,D'abismes un abisme, un corps mal compassé,Un chaos de Chaos, un tas mal entassé :Où tous les elemens se logeoyent pesle-mesle :Où le liquide avoit avec le sec querelle,Le rond avec l'aigu, le froid avec le chaud,Le dur avec lel mol, le bas avec le haut,L'amer avec le doux : bref durant ceste guerreLa terre estoit au ciel et le ciel en la terre.La terre, l'air, le feu se tenoyent dans la mer :La mer, le feu, la terre estoyent logez dans l'air,L'air,
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Guillaume de Saluste du Bartas au flo-flottant séjour
Jonas, in Speculum humanae salvationis, manuscrit du XIVe siècle, Bologne.Du plus baroque des poètes français du XVIe siècle :Flambeaux Latoniens, qui d'un chemin diversOr' la nuict, or' le jour guidez par l'Univers,Peres du temps ailé, sus, hastez vos carrieres,Franchissez vistement les contraires barrieresDe l'aube et du ponant : et par vostre retourL'imparfait Univers faites plus vieil d'un jour.Vous poissons, qui luisez dans l'escharpe estoilee,Si vous avez desir de voir l'onde saleeFourmiller de poissons, priez l'astre du jourQu'il quitte vistement le flo-flotant sejour :S'il veut qu
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Survivre à la beauté : une prophétie mallarméenne
Détail de la Nativité, tableau de Petrus Christus (1410 - 1475)Un ciel pâle, sur le monde qui finit de décrépitude, va peut-être partir avec les nuages : les lambeaux de la pourpre usée des couchants déteignent dans une rivière dormant à l'horizon submergé de rayons et d'eau. Les arbres s'ennuient et, sous leur feuillage blanchi (...), monte la maison en toile du Montreur de choses Passées : maint réverbère attend le crépuscule et ravive les visages d'une malheureuse foule, vaincue par la maladie immortelle et le péché des siècles, d'hommes près de leurs
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Pour Athéna, pour Astrig (détournements d'odes mariales)
Détail d'un tableau de Franz von StuckChant parcouru de merveilleux frissons,chant sur mesure,tissage virginal, parure,surgie de l'espace, parure, la voici debouttel un cyprès aux bourgeons de feu, tel un vasevégétal, et ses doigts, ses doigts irréprochables,tels des rameaux qui sans cesse verdoient,et de ses sourcils la voussure, et la finessede son regard céleste, abîme lumineuxmais si proche, si près, ses yeuxqui brûlent comme l'heure méridienne.Ode à la Vierge de Grégoire de Narek, poète Arménien qui a vécu entre l'an 940 et 1010.Ce grand poète a passé sa vie dans un mon
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L'homme persévérant (2) ou Comment le travail détruit la vie
Cendrine Rovini - Le regard de MielAujourd'hui, chacun est contraint, sous peine d'être condamné par contumace pour lèse-majesté, d'exercer une profession lucrative, et d'y faire preuve d'un zèle proche de l'enthousiasme. La partie adverse se contente de vivre modestement, et préfère profiter du temps ainsi gagné pour observer les autres et prendre du bon temps, mais leurs protestations ont des accents de bravade et de gasconnade. Il ne devrait pourtant pas en être ainsi. Cette prétendue oisiveté, qui ne consiste pas à ne rien faire, mais à faire beaucoup de choses q
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La monja gitana - La nonne gitane de Federico García Lorca
Lucas Cranach - détail de Apollon et DianePour ce poème de Lorca, la traduction de la Pléiade est plutôt décevante. La mienne est assez infidèle d'un point de vue littéral, mais pourtant nettement plus proche de l'original. A noter, l'étonnante phallicisation du paysage ? état d'âme de la nonne, après l'apparition des deux cavaliers !La nonne gitaneSilence de chaux et de myrte.Et des roses parmi les herbes.Elle brode des girofléessur une toile couleur paille.Les sept oiseaux du prisme volenttout autour du plafonnier gris.Dans les lointains grogne l'églisetelle une ourse
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