L'écrivain d'eau douce |
Écrivain à deux balles... Écrivain de pacotille... Pseudo-écrivain... Gribouilleur... Arnaqueur... Bafouilleur... Imposteur... Menteur... Trop péjoratif tout ça! Alors disons... "Écrivain d'eau douce". Comme les marins chevronnés traitant les plaisanciers s'aventurant en haute mer de "Marins d'eau douce". Me voilà en effet noyé dans un océan d'encre subtile, où un médiocre prolo inculte comme moi ne devrait pas se trouver...
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LA PLUIE FANTÔME
En 1960, un repris de justice, vétéran de la guerre d'Algérie, est condamné à mort et guillotiné dans la cour de la prison des Baumettes. Parmi ses effets personnels, on découvre son journal intime. Le contenu de celui-ci s'avère très troublant et fort dérangeant. La_pluie_fantôme(PDF) &nb
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Note de l'auteur
Norbert Dufroy a t-il existé? C'est la question qu'on peut se poser en lisant le compte-rendu de ses carnets, tant les détails abondent dans le sens de son existence. Mais on peut raisonnablement en douter, tant certaines contre-vérités y sont présentes. Mais est-on vraiment obligé d'écrire la vérité dans un journal intime? Le fait de mentir à soi-même, n'est pas chose courante? Après réflexion, on en vient à cette évidence: Qui n'a pas connu la grande solitude? Une longue traversée du désert? La folie ou un gros pétage de plomb? La maladie
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LA PLUIE FANTÔME
LT/Colonel XXXXXXX* Paris le 25 mars 1961* Direction générale de la commission Confidentiel défense* 24 bis rue xxxxxxx xxxxx* Paris 14ème (Dep. Seine)* A Monsieur XXXXX XXXXX, XXXXXX du centre carcéral des Baumettes, Marseille(Dep. Bouches du Rhône)* Objet: Carnets du détenu Dufroy Norbert*&nb
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RAPPORT: DUFROY NORBERT. DOSSIER N°1961/BFX03-6 Copie intégrale des trois carnets:
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12 mars 1956
J'aurais jamais dû écouter ce crétin de Guédon. Je le dis, je le répète sans cesse, mais c'est un fait. J'ai été trop con de m'embarquer dans cette aventure débile avec des naïfs comme eux. C'était trop simple et trop simpliste. N'importe quel crétin comprendrait qu'après avoir joué les cambrioleurs, il faut écouler la marchandise au plus vite. Mais Guédon et ses deux andouilles voulaient jouer les capitalistes. Ils stockaient le matos dans leur baraque pour se partager le butin dans leurs vieux jours! Non mais quelle bande de connards!!! Guédon s'est fait tauper bêteme
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13 mars 1956
C'est un petit matin d'hiver, gris et sale... Le taxi se faufile sur la RN12 au milieu des ornières et des crapauds écrasés sur l'asphalte humide. Les gouttes de pluie glissent sur le capot gris de ce break aronde, en dessinant de petits serpents menaçants dans ma direction. Le chauffeur fume une gauloise. La fumée bleue d'une goldo, y'a rien de plus écoeurant le matin. Pourtant je suis fumeur moi aussi, mais je supporte pas l'odeur de la clope le matin. Le matin, tout me semble plus sale, plus mauvais. Les crottes de chien me semblent plus voyantes, plus puantes, et les gens plus cons.
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14 mars 1956
Le train arrive enfin à Draguignan. J'ai mal partout. J'ai pas dormi. Les pouilles du 4ème RAML nous débarquent sans ménagement, pour nous rembarquer aussitôt dans des GMC dont le kaki est tacheté du caca de la route boueuse. La douzaine d'"engagés volontaires" qu'on est, a une moyenne d'âge bien plus élevé que les gamins qui nous emmènent. C'est clair qu'on est tous des malfrats à qui on a donné le choix entre le kaki et le cachot. Déjà que les pouilles c'est pas accueillant, avec nous ils ont encore moins de raisons d'être aimables. Mais bon, l'air est doux, l
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15 mars 1956
J'ai pas fermé l'oeil de la nuit. Ma boule à zéro me gratte et puis y'a ces putains de merles! Ceux-là, derniers couchés et premiers levés avant l'aube. Leurs pas qui bondissent sur le toit en taule, font penser à des balles de tennis qui rebondissent. ça me fait penser aux filles Demestre. Les filles du célèbre avocat. Avant guerre, il était le propriétaire du domaine de Champfrèles. Il avait un cours de tennis privé où ses filles jouaient l'été. À chaque échange, leurs petites jupettes se soulevaient et laissaient entrevoir leurs petites culottes. Avec les gamins du villag
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20 mars 1956
Au bout de trois jours de zonzon, je te retrouve enfin cher journal. Tout ce temps sans te confier les conversations des cafards de ma cellule. Leurs petites pattes sur le ciment, émettent des petits cliquetis qui font penser à du morse. Sûr que les rouges et les félagas les ont retourné! Ils envoient des messages vers Moscou! Ils nous espionnent! Rien que de penser à l'idée que le KGB reçoit les comptes rendus de mes branlettes dans ma cellule, ça me fait frémir! J'en parlerais bien au lieutenant Malborgne, mais mon coquard me fait encore mal... VERSION_AUDIO6
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