Icelos le rêveur |
IV
Ciels d?étéLibre à toi, mon amour, de dévoiler tes charmesEt d?étendre à loisir ton corps ensorcelé ;Ivre de ces combats, dont tu détiens les armes,Livrés avec l?ardeur des amants condamnésAu châtiment brûlant de tes nuits exaltées.Ah ! Le goût parfumé de tes lèvres exquisesM?évoque la douceur des terres ensoleilléesOù se joue l?avenir de nos âmes conquises,Unies comme les mers sous les ciels
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I
Mystérieuse inconnueElle se voulait discrète,Pareille à la rosée,Aux bourgeons minuscules,A l?aube du printemps.Elle se voulait secrète,Comme ces ciels orangés,Mystérieux crépuscules,Nés de la nuit des temps.On la savait précieuse,Tout de diamant et d?or,On la vit fabuleuse,Révélant ses trésors.Un instant suspendu,Un soupir entendu,Le temps d?un long baiser,Empreint d?éternité.KMystérieuse
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II
Craque et croqueAllez crache, vieux débris, crache tes dents dans la soupe,Mets-y toute ta ranc?ur, ton vieux souffle puant,Ton halène putride,Tes relents dégoûtants.CraqueCroqueMieux vaut mille fois mourir, et pourrir dans la vase,Que craquer et croquer, comme un rat.CraqueCroqueCrac.KCraque et croque by Kullab est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Paternité-Pas
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III
Le démonAh ! Te voilà, démon !Dansant et grimaçant ;Portant tous tes délices,Sur un flot d?immondices :Ton sourire charmant,Ton doux ventre fécond,Ton sexe appétissant,Source de tous les vices,De nos humeurs mauvaises,Des plus profonds malaises,Des pulsions destructrices,Dont nous jouissons tant !KLe démon by Kullab est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons
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V
Poème ridiculeQuand tu t?offres à moi,Poème ridicule,Imbu comme les roisDe tes vers majuscules,Jusqu?à l?éc?urementAvivant les nuances,Des couleurs, composantLes plus mièvres alliances,Je sens se fondre en moiUn désespoir atroceEt le masque sournoisD?une rage féroce ;De ta chair gangrénéeJe dégage l?immondeEt de tes os broyésLa moelle profondeEt parfois, des étronsDe ton fade cadavre,Par miracle
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VI
L'homme abattuDeux hommes sont assis autour d?un bureau, face à face, dans une grande pièce sombre. Dans la pièce, tout est vieux : le bureau, les chaises, l?armoire? Les livres et les dossiers que cette dernière contient sont aussi fripés et aussi jaunes que le papier peint qui colle à peine aux murs. Plus que tout, les deux hommes sont vieux. En réalité, ils le sont beaucoup moins qu?ils n?en
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VII
DégénérescenceSous les pans de béton, j?étendrai mes racines,Par les sols infestés d?urine et de toxines ;De l?humus avarié j?extrairai le poisonSuant de mille chairs en décomposition ;De ma feuille malade à ma branche pendue,Je filtrerai l?air sal, mais à peine perdueEt pleurerai le temps du soleil et du ventComme les ont connus mes ancêtres d?antan.Je n?ai plus de couleur, je n?ai plus de
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VIII
Premiers pas Treize heures trente : je suis à la bourre. Je cours à la salle de bain, ma cravate à la main. Je noue le n?ud face au miroir. Je m?applique. Mes mains tremblent et je dois m?y reprendre à plusieurs fois. Je sors de ma sacoche un petit comprimé blanc, je le coupe en deux pour limiter l?effet et je l?avale. Je cours à la cuisine, je remplis une petite bouteille d?eau, j?en fous
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IX
MercureMon c?ur feint les contours d?un splendide croissant ;Il rayonne d?argent, sur une toile obscure,Et au creux d?une oreille attentive susurreSon amour infini pour l?astre du Levant ;Mon c?ur berce mon corps d?une douce chaleurMais son fard, pâle et blanc, aux teintes effacées,Ne saurait réchauffer les étoiles glacées,Désertes et figées sous sa maigre lueur ;Mon c?ur bat lentement, au rythme
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X
MorositéQuand les wagons usés se ferment en grinçantEt qu?hurle une sirène au timbre métallique,Un ogre de béton, de son boyau béant,Avale goulûment la foule antipathique.C?est un vaste parcours en de noirs souterrains,Un climat de tombeau sans étoile et sans lune,Un chaos fracassant d?écrous et de vérins ;On croirait s?enfoncer dans la fosse commune.Compagnons rechignés, ô blafards ennemis,Votre
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XI
Amours funestesMon amour, au détour des plus belles années,Moi qui fus emporté par un élan fatal,Je ne garde de vous qu?un vieux goût de métalEt le parfum amer de vos roses fanées.Je contemple à présent ces ardeurs surannéesD?où vous broyiez mon c?ur sur votre doux étal :Fallait-il vous hisser sur ce haut piédestalPour endurer les maux de mille âmes damnées ?Vos yeux froids ont perdu leur eau de
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XII
Octobre La vieille gare se dresse majestueusement au bord de la Neva, structure complexe de poutres et de barres métalliques, dont les murs et la toiture vitrée diffusent un halo de lumière blanche et brumeuse dans la nuit. Il est une heure du matin. La ville entière est endormie et seuls quelques badauds traînent dans le vieux bâtiment, fuyant l?humidité et la fraîcheur de la rue. Les
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XIII
Tétrapode Quand même, quand j?y pense, j?aurais eu une belle vie. Ça me fait drôle de dire ça. Enoncé de cette façon, c?est comme si j?avouais qu?à présent ma vie est quelque part derrière moi. Je suis pourtant bien obligé de voir les choses en face. Je me sens encore tout gaillard dans ma tête, mais trop de choses ont changé. A commencer par moi-même? Pas une journée sans que mon genou ne me
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Auteur
KullabBlog : http://iceloslereveur.blogspot.com/ Voir le profil Blogger
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