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ELLE - Mieux vaut être black, jeune et pauvre que blanche, vieille et riche !
Je m'appelle Aminata.Avec un M, un N, un T et trois A. Je suis Congo-burkinabé mais je suis née à Massy-Palaiseau dans le département 91. On ne dit pas encore le neuf-un mais il se peut que prochainement cela passe dans le langage courant. J'ai 35 ans et je suis célibataire. Des revers de fortune m'ont obligée à retourner chez ma mère, veuve et vieille avant l'heure. Je l'aime, évidemment, mais chez elle c'est comme chez les Romains, il faut faire selon sa loi faute de quoi, la porte et la rue ne sont pas loin. When in Rome, do as the Romans do !Et oui, je suis dans le besoi
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ELLE - Des projets comme une langue de serpent
On ne se voit jamais vieillir.Surtout une femme comme moi. Comme moi ? Oui, une femme dont les flancs n'ont pas été déformés par des grossesses successives ni rayés par de vilaines zébrures claires. Une femme qui conserve, au-delà des ans, sa silhouette juvénile et dont le visage semble inaltérable alors que le nombre de ses ans approche dangereusement la règle d'arrondi.Je vis ma vie comme si j'étais immortelle. Le visage que me renvoie le miroir chaque matin, il me semble, reste le même. Peut-être que la chair s'est fait plus rare sur les pommettes mais
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ELLE - Dieu merci, l'hystérie n'est plus une maladie
Il me l'avait laissé entendre.Enfin, entendre n'est pas le mot puisque il n'avait quasiment rien dit mais je l'avais compris. Sa tentative de me faire lire entre ses lignes avait été bien amenée, j'en étais dépitée. Oui, j'éprouvais du dépit car subitement je me sentais moche. Moche, quand moche est l'antonyme de sexy. Allez me le trouver, vous, l'antonyme de sexy ! A part moche, aucun autre mot ne me venait à l'esprit pour décrire dans mon for affaibli mais toujours intérieur le sentiment dévalorisant qui avait sabré d'un coup sec mon élan amoureux vers lui.Là, sur le lit
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ELLE - L'amore e basta
Enfin réveillée, je m'enthousiasme.Nous ne sommes pas très nombreuses. Euses, petite terminaison indiquant au lecteur attentif et grammairien que l'assemblée est composée uniquement de membres du genre féminin. L'apathie qui souvent me prend au sortir du bureau doucement s'évapore sous l'effet des neurones qui depuis quelques minutes se sont remis en fonction. Ça chauffe sous la calotte crânienne et mon exaltation linguistique bouscule un peu la syntaxe et la grammaire, mieux que la lave de l'Etna mes phrases fusent.Nous sommes en court d'italien et les élèves présentes
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ELLE - Go to the river
Mon jogging m'a lessivée.Lessivée ? Étonnante expression tout comme sa s?ur "être rincé". Zola n'est pas loin qui me dit que Gervaise, fille de lavoir, devait à tout moment les utiliser ! Drôle de métaphore buandière pour signaler que mes batteries sont à plat que je me suis allongée sur le sofa. Allongée, les yeux au plafond, je regarde l'espace, je scrute le vide autour de moi. Le plafond me renvoie son blanc immaculé. Rien ne se dessine sur cet écran, je suis vide.Le soleil brille subitement attirant mon regard vers la fenêtre. Mon c?ur fait un bond dans ma poitrine. U
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ELLE - Le doigt de Dieu
La réunion va commencer.La salle est rectangulaire, aveugle, aux lumières plafonnières qui peinent à reproduire la lumière du soleil. Une dizaine d'hommes est déjà assise et se lève à notre entrée. Nous ne sommes que deux femmes, une blonde et une brune, toutes deux banalisées par l'abaya noire qui nous couvre. Seules les broderies argentées qui ornent l'encolure ou les poignets ôtent à ces voiles noirs l'aspect du linceul qu'elles sont à la liberté. Oui, une abaya, du genre féminin et s'impose à ce genre, intégralement, totalement, sans exception, sans exemption.
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ELLE - Le sens des courbes
France Inter égrène ses chroniques quotidiennes.Je sirote mon café, les yeux perdus dans le vague. Sous la houlette du berger Cohen, les journalistes ânonnent, monotones, les mots de leurs rubriques. Je suis loin de la réalité qu'ils tentent pourtant d'insinuer dans mes oreilles. Je ne suis pas vraiment là, la tasse à la main. Je suis toujours dans la chaleur des draps, dans le noir de la chambre, je sens.Je sens sa main imperceptiblement sinuer le long de mon flanc. Légère, à peine perceptible dans mon demi-sommeil, elle frôle en une caresse ma taille et puis s'y love.
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