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| Ma conscience est d ' abord connaissance(et alors !)Fri, 28 Mar 2008 23:14:53 +0000
La conscience est le regard de soi vers son objet. Quand elle unifie le divers sensible donné dans l'espace, subsumé par les catégories, c'est alors qu'elle se connaît comme conscience. Ma conscience est d'abord connaissance. Je pose mon regard vers la multitude de propriétés de l'objet, je le saisis sans médiation par la certitude sensible, j'en fais un concept-triangle, l'objet se réalise, se forme, se construit par mon entendement, ma faculté de connaître, ma raison. J'ai conscience de moi quand je connais.
Cette entreprise, ce mouvement de connaissance est issu, produit, par le désir. C'est lui qui fait que nous connaissons et qui pose notre conscience en relation réflexive avec l'objet. Je désire être un sujet connaissant. Le désir, qui est le manque de quelque chose, comble la conscience vide, une enveloppe animale, et la remplit de la joie de la conscience de soi. Pour autant, le désir ne nous différencie pas. Nous désirons l'autre et l'autre de l'autre c'est-à-dire le même pour deux sujets. Cet homme possède une voiture bleue, la mienne sera rouge mais elle sera une voiture. Le désir est satisfait. J'ai fait l'épreuve de la connaissance.
Mais celle-ci se « digère » et s'évanouit, comme un avion sans ailes, l'objet connu ne me suffit plus. Il m'en faut un autre. C'est dans la répétition que se situe le malheur de notre désir. Notre connaissance n'a pas de fin. Nous n'arrêterons jamais de savoir et ce qui nous reste à savoir devient un gouffre sans fin où je meurs bientôt.
Si je est un autre, l'autre est moi, ce qui revient a dire que je n'est pas un autre mais je. Je suis dans un autre sans le savoir. Je suis un objet pour l'autre de son point de vue. Il m'objectivise, me choisit, je suis la proie du désir de l'autre. Pour se reconnaître, celui-ci m'asservit, il me met en esclavage. A mon tour, je deviens maître. L'Histoire est bien une lutte sans fin pour la possession de la connaissance alors que celle-ci n'existe pas véritablement, elle n'est jamais absolue. Les désirs s'entrechoquent, se détruisent les uns les autres, mais aucun ne devient esprit. Napoléon meurt seul à St Hélène.
La mort est la barrière infranchissable de l'esprit. Celui-ci ne se réalise jamais dans son être et le mouvement dialectique ne s'accomplit pas. L'esprit absolu n'est pas ce sur quoi repose l'Histoire. Il y a toujours une lutte des classes. La fin de l'Histoire ne peut être à moins que l'on considère que nous sommes rentrés dans l'après Histoire. Certains considèrent que la guerre, les conflits sociaux, ethniques, les luttes pour le pouvoir nous renverront dans un état primaire non pas sur le plan de la civilisation mais sur celui de la société. Le monde sera composé de multiples communautés dépouillées de toute structure.
Il ne peut y avoir fin de l'Histoire car le désir est sans fin et jamais rassasié. Le champix ne peut tuer ma cigarette. Je continue donc de fumer les pieds dans l'eau en attendant le déluge.
Si jamais il vient.
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| Le cochon havraisWed, 26 Mar 2008 19:03:51 +0000Le boucher de mon quartier m'a jeté au visage une côte de porc. Par quelle magie étrange en vint-il à un tel comportement, je ne saurais le dire. Cet homme d'habitude débonnaire et tranquille est maintenant désormais suspecté d'être un malade mentale dangereux. En voila une histoire.
Car il ne se contente pas d'avoir frappé une fois, il manifeste une colère régulière en lançant à la figure de certains de ses clients du porc frais et particulièrement prisé par sa clientèle. « Vous en voulez du cochon, hein, vous en voulez ! ». C'est ce qu'il hurle aux lents consommateurs de porc, rouge comme l'écume du sang. L'affaire excite les habitants.
C'est à se demander si chacun ne veut pas recevoir une cote gratuitement, pour voir le fou.
Un psychiatre est venu pour émettre un diagnostic et décider quelque chose. On ne peut ainsi laisser un authentique boucher cacher la viande préférée, avec le veau et le bœuf, des français petits, moyens et grands. L'affaire a ému la représentation nationale. Je vous dis que le président s'en mêlera et finira par taxer ce porc coupable qui fait tant de bruit. Oublions nos différents et essayons d'apporter une solution adroite et discrète à ce scandale que la presse appelle, de ses vœux, « l'affaire du boucher ».
J'entends rire certains qui trouvent l'histoire drôle. Ils en profitent pour railler les normands, les provinciaux que le porc touche et assimilent ce peuple à des bovins dépressifs, autistes et schizoïdes. Quelle injure ! Quiconque se donnera la peine de participer à la « fête du cochon « organisée par la région, se rendra compte de l'affabilité, de la courtoisie, de la gaieté, oui de la gaieté mon parnasse, qui nous habitent. En effet, nous réunissons un très grand nombre de porcs et nous élisons le plus beau. Une tombola est organisée et le gagnant gagne la tête du cochon qu'il cuisinera à sa façon. C'est une affaire intime. Il se peut d'ailleurs que le vainqueur conserve la dite tête en souvenir de ce moment de joie régionale, culturelle et normande.
Toute la France vient à cette fête. C'est dire si elle est appréciée et présente des cochons de qualité en quantité. Des liens secrets se créent, des affaires se concluent, les gens s'amusent. Le cochon est roi.
Venez donc vous faire une idée. C'est à la tête du client. Vous êtes le roi | Les bavoirs, ca existeMon, 24 Mar 2008 19:18:34 +0000Un homme est mort. Il a reçu un coup de couteau dans le dos. C'était un clochard que personne ne connaissait. Moi, je l'avais vu un peu comme tout le monde, ivre du soir au matin, déambuler dans les rues et jeter des regards mouillés aux gens qui lui faisaient une sale tête. Personne n'aime les clodos. A Argenteuil, il y en a pas mal des clochards qui font du bruit la nuit. C'est pas la première fois qu'il y a des morts dans la banlieue. C'est pas la dernière non plus. Souvent, il y a des cadavres qui descendent la Seine et qui viennent échouer sur la berge. Ca fait le bonheur des rats qui sont là depuis que la ville existe. Les cadavres mouillés, on les sort et après on en entend plus parler. On trouve pas les meurtriers. Faut dire que pour les empreintes, la seine, c'est pas l'idéal. Seulement voilà, les assassins, ils tiennent pas à voir la police. Alors, ils balancent les cadavres à l'eau. C'est embêtant pour la Seine mais elle en verra d'autres.
Il y a pas que des morts, y'a des suicidés. Ceux là, on les connaît parce qu'ils se sont tués tout seul, sans personne pour aider. Ils ont souvent une sale tête. On dirait qu'ils ont plus passé de temps dans l'eau que les assassinés. C'est pas beau à voir, un mort délavé. Pourtant, il y a toujours plein de monde pour les regarder comme au spectacle. « Comment il est arrivé là ? » Qu'ils se demandent les spectateurs. Sur l'eau, qu'il est arrivé. Il y a pas de taxi pour les morts ou de barques comme en enfer. Le clochard poignardé, il intéressait pas trop la police. Les pauvres morts ! Ils ont posé des questions comme d'habitude. « A qui est le couteau ? », « Qui c'est qui l'a vu avant de mourir ? », « Est-ce que quelqu'un a entendu un couteau voler ? » Les gens y savent pas et s'ils savent ils viendront pas le dire. Ils n'aiment pas la police. La police le sait, alors, elle insiste pas. Elle met le cadavre dans un fourgon cellulaire et part ailleurs, s'occuper des arabes. Les Arabes, c'est la grande affaire de la police. Il faut dire qu'ils lui rendent bien. C'est comme une histoire d'amour entre eux. Sans arrêt, ils contrôlent l'identité des arabes dix fois par jour. A croire qu'ils savent pas bien lire, les policiers. A la longue, ils doivent connaître leur état civil par cœur. Quant un policier tue un arabe sans faire exprès, c'est le bordel dans la cité. Les gens défilent dans la rue en demandant la Justice. La justice, elle est pas là, elle est à Paris et elle viendra pas se déplacer juste pour un policier qu'a bavé. Tuer un arabe, ca s'appelle une bavure. Les bavoirs, ca existe. Quand j'étais petit, j'en avais un. Maintenant, j'en ai plus besoin.
Les Arabes, ils veulent taper sur la figure des policiers. La nuit, ils se réunissent comme pour la chasse. Seulement, les policiers, c'est pas des lapins, ils viennent pas poser pour se faire tirer dessus. Alors, les Arabes, ils sont déçus et ils rentrent chez eux en espérant qu'un jour, y'aura un représentant de la force publique qui se sera égaré dans leur rue. Mais ca n'arrive jamais. Les policiers, ils savent pas lire mais ils ont le sens de l'orientation. A force de faire la circulation.
Alors, le clochard, il est resté lettre morte, comme à la poste. Et sa famille, elle est pas venue le voir. Peut-être qu'il en avait pas. C'était une histoire finie, terminée, toute chose a une fin. Et bien non ! Y'a des choses qu'ont pas de fin surtout quand elles ont sur elles deux kilogrammes d'héroïne. Même qu'elle était pure. Ca, les policiers, ils ont pas apprécié du tout une fois qu'à la morgue, ils lui ont fait les poches. Ils sont revenus armés jusqu'aux yeux et des voitures hurlantes comme la tempête. Et ils ont interrogé tout le monde vu qu'ils étaient nombreux comme un bataillon. Les Arabes, ils les ont pas interrogés. Ils les ont passés à tabac. A cause de l'héroïne. Personne ne comprenait comment un clochard pouvait avoir sur lui deux kilos de drogue qui coûte cher. Les policiers, ils comprenaient pas non plus. Mais c'est vrai qu'ils sont pas là pour comprendre, ils sont là pour garder la paix. Comme la paix, elle est pas là, ils ont pas grand chose à faire.
Donc, ils ont interrogé tout le monde, même moi. Ils m'ont demandé ce que je faisais dans la vie. Rien, j'ai dit. Ils ont pas aimé la réponse. Ils se sont énervés quand je leur ai dit que j'allais voir un psychiatre à cause du fait que j'étais malade. D'où qu'il est le psychiatre, qu'ils m'ont interrogé. Du seizième arrondissement de Paris, que j'ai déposé comme témoignage. Ah, bon, ils ont dit comme s'ils avaient mangé des religieuses. Le plus drôle dans cette histoire, c'est qu'ils m'ont emmené comme témoin au poste de police pour me garder à l'œil pendant quarante huit heures. Des fois, je préférerai être arabe qu'un état limite. C'est moins voyant. | des mots des camésFri, 21 Mar 2008 19:41:13 +0000
| Nouvelles : Des maux, des camés |
| Posté par lermontov le 27/9/2006 6:15:00 (507 lectures) Articles du même auteur |
J'ai mordu le cul de mon pharmacien. Je sais, ce n'est pas convenable. Qu'on damne les cons ! D'abord, il est petit et sec comme un coup de trique. Et puis il est chauve et moi je vois dans sa calvitie, sissi, quelque chose de suspect, un manque de tendresse, une erreur de la tonsure. Il m'a menacé avec un grand sourire. Donnez moi votre plainte, je vais la déposer.
Depuis le temps qu'il me couvre de questions à chaque fois que je lui brandis au nez un laissez passer pour les seins de ma mère, j'ai claqué ma langue doc. . C'est chez lui que je viens me réapprovisionner. Pas d'argent ! Qu'a cela ne tienne. Ma bourse est vide et elle le reste. Du tramadol gratos, en veux tu en voila, j'entends le rire de mon toubib pour qui la santé c'est bien mais faut savoir arrêter. C'est vrai qu'à la longue, comme l'île, on peut en mourir. La santé tue, c'est inévitable, elle provoque des maladies graves. Je lui ai mordu le cul parce qu'il m'a cherché des poux. Des poux dans la tête du fou, y'a de quoi se faire des cheveux, perdre son latin, dévoyer ses idées haut ! File moi ma dose, que je m'en aille. Laisser la place aux occupés des fièvres et des seringues. Impatients les malades à se faire guérir. Qu'on me chasse ce paltoquet ! Dehors le camé, sur le bitume va consommer, prends ta seringue et tire toi. Débarrassez nous de cette racaille qui travaille même pas pour un salaire ! De la chimie, j'engloutis. Pas pour voir ce que les autres voient pas. Pour l'ivresse. Quand j'ai du pèse, je vais au comptoir du bar. Une bière, deux temesta ! Un café s'il vous plait. On est nombreux dans le bar. A boire ! Mes compagnons de fortune : « si c'était moi au gouvernement, je te les mettrais au pas » c'est sur papa. Une guerre aussi, et puis le sida et les arabes. La routine du comptoir. Ah ! Comme elle est jolie la vie a ne rien faire, assis a la terrasse. Où vont les gens ? Un baron ! metro, auto, go, go Barmaid ! Ils travaillent, durs, pressés comme des citrons. A cent pour cent Bus, des sardines qui tiennent la rampe, des sillons aux yeux. Le crabe avance lentement, sûrement. Le crabe travail. Oh, le samedi, faut les voir avec le chien ! Tous, un molosse. Ils sont pittbullisés. De quoi ils ont peur. Ils font les beaux et les importants, avec Cerbère fâché, lâché, en pleine rue. Sans muselière. Mets toi a table, un petit blanc ? Moi, j'appelle la police ! Y'a plein de chiens dans les rues ! Des chiens, il rie, le flic. Un aveugle ou un chien, il a aboyé ! Bon, il a fallu faire venir du sang. J'en ai vu du sang par terre. Du sang de gosse, de chien, de flic, de la boulangère qu'a trop montre ses seins.Ça excite le pitbull ! Mesdames, garez vos seins quand un chien passe. Il vous mord les tétons, le faux jeton. Un chien, ça se dresse. De la poudre aux yeux, j'en ai, j'en vends. Plus pour longtemps. Avant, je la coupais avec de l'aspirine. Les gens, ils avaient pas de maux de tête. Juste le teint un peu blanc. Maintenant, je trafique du tramadol, c'est moins dangereux. y'a des cadavres qui plombent mon espace. Ca commence à tomber sec, les bonshommes. Des queue et fait le beau devant ma bière. Un baron ! J'ai aboyé. histoires d'honneur. Des trucs que je pige pas. Les rues ne sont plus sures. Les gosses se mettent à défourailler avec un sourire. Un homme a tué un pharmacien parce que celui-ci a insulté sa sœur. Se rendant compte de sa méprise, il a dit à la pharmacienne en pleurs « je reviendrais ». Moi, ça, ça me fait peur. Je vais immigrer dans des pays sympathiques ou personne ne tue personne. Un hôpital. Je sais, j'en viens. Les gens sont fous, on peut plus travailler en paix. En attendant la fin du monde, j'ai faim. J'ai les crocs. J'ai opiné du museau, remué la queue et fait le beau devant ma bière. Un baron ! J'ai aboyé | | | Silence ! On meurt.Fri, 21 Mar 2008 17:16:22 +0000 A mort les tortues
Dans la banlieue, si vous voulez trouver un philosophe, allez à la pharmacie. Il y a un monsieur chauve habillé en jacquard qui vous donne son avis sur tout et surtout son avis. On dirait une encyclopédie sur la météo, les douleurs au dos, la cuisine au beurre, la pétanque et bien sûr la corruption des hommes politiques. Un véritable annuaire sauf que les P.T.T, ils donnent le bon numéro. Lui, le philosophe, il donne pas vraiment des informations vérifiées par la télévision, il reste entre deux eaux, avec des «ça dépend », «il faut voir », «il est certain que ceci n'est pas évident ». On en sort pas savant mais plutôt alourdi comme quand on a trop mangé. Moi, je voulais de la mort aux rats pour tuer les tortues d'Alphonse. Je voulais qu'il ait peur, qu'il pense que quelqu'un lui voulait du mal, un psychopathe qui rôde, un de ses patients, tiens ! Et puis les tortues, un jour elles m'avaient mordu. C'est vrai que je m'amusais à les tenir par la patte et à les jeter dans le bocal de poissons rouge mais c'est pas une raison. Ca, c'était dans la salle d'attente et comme d'habitude j'attendais longtemps parce que le docteur il est toujours en retard. Les tortues, c'est méchant et puis c'est ridicule. Porter sa maison sur soi, faut vraiment pas savoir où aller ! Elles marchent lentement mais elles mordent rapidement. Enfin, celle qui m'a mordu, je l'ai mis dans les W.C, histoire de lui apprendre à vivre.
Bon, le pharmacien, il a un nez de fouine et sent les mauvaises intentions rien qu'en vous écoutant.
« Bonjour, monsieur le pharmacien » ! J'ai fait l'air de rien.
« Bonjour, jeune homme ! Et comment il va-t-il aujourd'hui ? » Ca, c'était une question.
« Aujourd'hui, il va petitement, très petitement », j'ai répondu ça pour lui indiquer que j'avais des soucis. Faut toujours dire à un philosophe qu'on a des soucis, ça l'occupe.
« Qu'est-ce que je vais pouvoir faire pour lui, aujourd'hui ! » Là, j'étais gêné parce que du poison, c'est pas facile à avoir par la pharmacie. Alors j'ai dit que je voulais un préservatif et puis de la mort aux rats en me dépêchant. J'ai vu qu'il était tout rouge et je me suis demandé s'il avait pas compris, s'il allait pas aller appeler la police. Je me voyais déjà en prison avec les méchants en train d'user de moi par derrière. Mais non, pas du tout !
« C'est pourquoi faire, le préservatif ? » Il m'a soufflé le philosophe, j'aurais jamais pensé qu'il savait pas à quoi ça sert un préservatif. Comme il avait l'air de pas savoir, j'lui ai dit, c'est pour faire un ballon ! Il a gobé ça, l'andouille, j'ai failli en rigoler. Là où j'ai pas failli rigoler c'est quand il m'a dit « et la mort aux rats, c'est pourquoi faire ? » On aurait dit qu'il se vengeait du préservatif qu'il connaissait pas parce qu'il a dit ça sur le ton d'un juge. Alors là, j'ai temporisé. Pour moi, temporiser c'est un peu comme délirer sauf que tout le monde comprend.
« Très cher monsieur le pharmacien qui savez tout sur tout et son contraire, point d'interrogation ? Vous n'êtes pas sans savoir qu'un poison notoire, à boire et à manger, appelé vulgairement mort aux rats de marée noire, détient le pouvoir de détruire, d'annihiler eh, eh, d'occire, de massacrer, de génocider, cette espèce pestilentielle mon mari, qui rôde la nuit dans les caves des gens endormis par mégarde, à savoir nous ! Quels vilains petits gnomes ! N'est-il pas vrai, docteur en pharmacie en pleine santé ? Qu'en pensez-vous, allez dites-moi tout, libérez votre estomac, sortez votre venin, petit capétien !
« Je ne savais pas que vous aviez une cave ! »
« Quand on cherche, on trouve. Je l'ai commandé à la redoute !
« Ce sont des rats noirs ou des rats gris ? »
Silence, on meurt ! J'ai regardé dans la vitrine pour voir s'il pleuvait. Ca m'aurait fait une diversion. Mais non, il pleuvait pas. Il faisait pas beau non plus. Il faisait rien !
Ah, l'assassin, l'empêcheur de tuer en rond, le briseur de patience, le grand inquisiteur tordez-moi ça ! Alors je me suis dit pourquoi lui aussi, il temporise. Apres tout ca s'achète partout ce poison. J'ai continué.
« Des rats noirs ou des rats gris ? mh, ou bien ou bien. Des rats gris comme le petit gris ou des rats noirs comme le désespoir. C'est bien ce que vous, savoir voulez, bwana. Et bien je dirais qu'ils, les rats, sont de toutes les couleurs du gris, de toutes les teintes du noir, en un mot qu'on sonne les voyelles, ils sont gris et noirs ! »
« Alors, ça change tout ! il a fait avec un sourire.
« Comment, ça change tout, triste sire ? »
« Et oui, c'est pas de la mort aux rats qui vous faut c'est de l'acetylsalemalecumcyneacyque ! »
« Stop, il suffit, un peu de décence tout de même ! Z'êtes bien sûr mon brave ? Oui, bien sûr que vous êtes bien sûr puisque c'est sûr que vous êtes toujours sûr même quand il fait pas beau ! Allez, donnez-moi du salémalecum cinéphillique. ! Et vite, j'ai des rats à tuer, moi ! »
« Serviteur, serviteur, jeune homme mais désolé, désolé ! Je ne peux pas ! Hélas ! Qu'irais-je faire dans cette galère ? Il faut un ordre autorisé par l'ordonnance d'un médecin avisé par la sécurité sociale, tamponné par le ministère de la santé, me comprenez-vous jeune trou du cul d'Argenteuil ?
« Diable, petit bonhomme, je ne peux tout de même pas demander à... » Là j'ai arrêté parce que j'allais me dénoncer alors j'ai dit au pharmacien qu'en fait ça n'était pas des rats noirs et gris que je voulais empoisonner, mais des tortues.
« Ah, mais ça change tout ça. Je peux dés lors vous en donner, poil au nez ! mais n'oubliez pas que les tortues sont une espèce protégée par la police des animaux inoffensifs !
«Mes tortues sont dangereuses. Elles sont mises à pris par la Spa. Ce sont des tortues vilaines qui sortent la nuit pour vous mordre le cou. »
« Alors, allez en paix, Jeune déglingué ! »
« Monsieur le président, j'ai l'horreur de vous remercier. »
Ouf ! Je suis sorti abruti comme un ivrogne. Je suis allé boire un baron de bière pour récupérer tous mes esprits. J'avais mon poison. | Dieu n'existe pas, je l'ai rencontréWed, 25 May 2005 10:14:33 +0000
Dieu n'existe pas, je l'ai rencontré !
Comme vous ne l'avez pas deviné, je suis une victime de la psychiatrie pratiquante. Les psychiatres sont des gens dangereux pour les malades mentaux. Personne ne les met en prison. Faut croire qu'ils ont des protections occultes, des partis pris, des liaisons dangereuses, des dossiers sur le RPR, des avocats qui fréquentent la scientologie. Dans les hôpitaux, ils disent qu'il faut laisser les fous en liberté dans les hôpitaux. Alors, pourquoi les fous sont obligés de se coucher tôt et de se lever à sept heures pour petit déjeuner ? Ils pourraient s'amuser la nuit s'ils n'ont pas envie de dormir. Et puis on peut pas faire l'amour dans les hôpitaux, c'est interdit comme interdit de fumer ! Ils appellent ça passage à l'acte, faire l'amour. Moi, j'aurais dit relations sexuelles comme relations extérieures. Les psychiatres, ils guettent le passage à l'acte comme un curé en guerre saute sur le diable pour l'exorciser. Ils lui font la chasse et quand ils en trouvent un, ils le mettent en prison. C'est pas marrant de rester un mois en prison sans passer à l'acte. A la sortie de prison, ils vous attendent à plusieurs, en rang serré, les mains dans les dos, le regard sévère et vous lancent à la figure des tas de «psychopathe ». Ils ont plein d'autres insultes comme paranoïaque, schizophrène, maniaco-dépressif et quand ils ne savent plus quoi inventer, ils vont chercher dans le manuel d'Edgar Faure des mots très vexants. Heureusement que je les comprenais pas sinon j'aurai fait une dépression. C'est des gens très méchants et il faut de suite tous les arrêter. Un jour, les malades se révolteront et je peux vous dire qu'il fera très mauvais temps pour eux. S'il y a un fou qui lit ces lignes, je lui dis pour se révolter c'est très facile. Ne prenez plus vos médicaments et laissez-vous aller. Ca ira, ça ira tout seul.
Mais la vie continue et comme on dit à la télévision «The show must go on ». La télé, c'est très utile et très reposant. On ne pense plus à ses problèmes. Bien sûr, on sait bien qu'ils mentent à la télévision, mais c'est pas grave c'est fait pour rigoler. Tout le monde sait bien (et lui aussi) que Bernard Pivot ne lit pas tous les livres dont il parle sinon il serait à l'Académie avec les gens très savants comme Le Prince Bhoringer. On sait bien aussi que la reine d'Angleterre ne s'est pas tué à Paris, sous un pont, mais qu'elle a sauté sur une mine en Bosnie. C'est un serbe qu'a lancé la mine et vous savez pas quoi, ben, c'est un psychiatre. Et puis surtout, on sait bien que la France n'a pas gagné la coupe du monde parce qu'autrement elle aurait gagné la coupe d'Europe. On est pas idiot tout de même. La coupe, c'est l'Italie qu'a gagné.
Je ne suis pas sûr que vous m'avez tous compris, alors je vais recommencer. Vous en faites pas, ça sera pas long. Je suis malade de la tête et je me soigne par la psychanalyse. Pendant très longtemps, tellement que j'ai oublié mon âge, les psychologues de tout ordre (ils ont des églises) ne voulaient pas de moi. Il y a six ans, le docteur Alphonse Lévi, psychiatre psychanalyste -Je jure devant Dieu et ses anges que ce sera le dernier- m'a déclaré bon pour le service. Je dois dire que pour une fois, je fus heureux. J'allais d'un pas décidé, alerte, primesautier, voir le premier homme qui allait enfin me soigner. Il me guérirait, j'en étais certain, jetterait mes souffrances au panier de crabes, dissoudrait mon angoisse dans l'eau limpide de la prise de conscience multiple, égorgerait d'un geste martial mes obsessions et mes rites avec la douce dextérité d'un chirurgien de renom. En un mot, ce gars là, c'était Dieu. J'avais rencontré Dieu, le grand patron de la technique lacanienne, le manitou du transfert négatif, le boss de l'insight, le champion de l'interprétation avantageuse, le number one de la perlaboration, le grand lama des instances psychiques, le grand calife des cinq résistances Freudiennes, le Tyson de l'agressivité introjectée. Au nom du père, ainsi soit-il, que la mère danse le long des golfs verts et que le meilleur gagne sans rancune aucune, monsieur le révérend ! L'aube se levait sur un horizon vert d'espoir, le coucou chantait, l'Otan balançait des phallus hystériques sur la petite Serbie dévorée par son vampire hermétique, Jospin et Chirac jouaient en cachette à je te tire la barbichette, Clinton trompait hilare sa femme avec un cigare mouillé, Sollers écrivait un roman d'aventure. Enfin, du bout du tunnel sans fin, jaillissait la lumière éclatante de la joie, du fond du puits je remontais avec, un homme grenouille, une pompe à vélo, la vie devant moi, Pasqua et le Spountchz, Total keops et, pour commencer l'aventure, je recevais, un paquet de gauloise jetée par un pompier marseillais et la grâce de celui qui tient en sa main diaphane le septième sceau, prêté avec intérêt par Spielberg de retour du marché aux puces. Enfin j'allais mourir ! Non, pardon. J'allais guérir. C'est l'émotion rétroactive.
On ne sait jamais quand on se trompe. Au bout du bout de six années d'enfer, le docteur Alphonse Lévi ose me déclarer sans ambages, sans précautions élémentaires, sans m'inviter à la tour d'argent, sans même envisager un juste remboursement ceci : « Vous ne pouvez pas guérir puisque vous n'êtes pas malade. » Au secours, je me noie ai-je hurlé. Il a rigolé, rigolé jusqu'à n'en plus pouvoir, l'assassin, le tueur de rêves, le comptable cynique de mes mots de souffrance arraché à mon ego sensible et s'est assis sur un gros fauteuil de luxe pour fumer un long cigare et regarder toute l'étendue du mal qui me ravageait le corps. Anéanti devant tant de haine, j'ai tiré la queue de son ridicule petit chien pour faire bonne mesure. Il riait encore sans manger son cigare.
Alors, il a recommencé à me faire du mal, le méchant toubib, comme si ça ne suffisait pas. Il lui fallait un rappel, une dernière séance, un dernier verre, une ultime et triomphale rigolade. Faut dire qu'il aimait beaucoup rire. Il m'a regardé du haut de son habit de croque-mort anglais dans mes petits yeux à moi pleins de larmes et a produit son dernier effort comme le cycliste – Il aime beaucoup le cyclisme- en ouvrant sa gueule enfumée : « J'ai une très mauvaise nouvelle pour vous ». Là il s'est arrêter de grimper le col hors catégorie de la violence gratuite pour franchir le sommet en tête de la déconstruction psychique et a dévalé la descente de la mort, la mienne, genre je fonce donc je jouis, avec un sourire non freudien, sadique, qui donne envie de faire la révolution tout de suite et dans le maquis et pour qui sonne le glas. C'était pour moi qui sonnait le glas.
- Finalement tout va bien. Il vous reste la vie devant vous et quarante d'analyse ! Boum Badaboum et police secours ! Je suis mort sur le coup.
Marxiste tendance Groucho, Alphonse, mais certainement pas Dieu le vilain ! Il ne s'arrêtera pas là et me réglera mon compte, j'en suis sur, avec des bénéfices secondaires à tire larigot, juste pour encaisser le chèque de la sécurité sociale. Ah ! Si elle savait la Sécu le nombre d'escroc qui lui bouffent la laine sur le dos, elle ferait des descentes dans les foyers bactériens de la psychanalyse. Au reste j'aurai du m'en douter. Il avait des poissons rouges. Rien que cela, ça aurait du me mettre sur la voie de la fuite, de la délation sans remords incongrus, titiller mon cerveau vide, mon sens de la cohérence, de la logique à bon marché mais hélas pour moi, je n'ai jamais mangé de harengs. Dieu n'existe pas, je l'ai rencontré. | ELF, ils donnent de l’argent à tout le mondeMon, 23 May 2005 15:01:51 +0000 IV ELF, ils donnent de l'argent à tout le monde Pierre est un homme accompli. Il travaille et il est marié avec un enfant. C'est un petit garçon tout mignon. Pierre est heureux d'avoir un enfant, il l'a attendu très longtemps. Jamais il est de mauvaise humeur quand il se lève plusieurs fois la nuit pour lui donner à manger, lui raconter des histoires drôles ou lui chanter une chanson des Rolling Stones avec sa guitare. Il a beaucoup de patience. Des fois, le gamin lui pisse dessus. Pierre sourit alors, on dirait presque que ça lui fait plaisir. Quand il fait caca, le gamin, Pierre dit que c'est un cadeau qu'il fait à ses parents. Je sais qu'il aime son enfant mais tout de même, faut pas exagérer. Moi, je lui dis rien sur son gosse car il est très susceptible. Un jour, j'ai téléphoné chez lui et il m'a engueulé parce que j'avais réveillé son merveilleux bambin. Fallait pas oublier le téléphone dans sa chambre, eh andouille ! Enfin, je lui pardonne car maintenant il a des responsabilités à assumer. Il est marié avec Jane. Elle est américaine. Elle est très jolie et elle a quitté son pays pour se marier avec Pierre. L'amour n'a pas de frontières, de papiers, de certificats d'hébergement, de passeport, de monsieur Chevenement, de visa etceteratata. Il a fallu quand même la nationaliser. La loi c'est la loi. Les fous aussi ont des lois. Ils doivent toujours avoir une carte d'invalidité en cas de contrôle, un peu comme les petits beurs avec la police. La loi n'est pas mauvaise sinon tous les gens, ils auraient décidé de la changer. J'ai lu ça au journal officiel un jour que je savais pas quoi faire. Le pouvoir appartient au peuple et c'est lui qui décide. Comme on est beaucoup en France, je crois pas qu'on peut se tromper sinon alors faut qu'on fasse tous une thérapie mais pas avec le gars aux cheveux jaunes, c'est un escroc. Enfin, Jane, c'est pas un escroc. C'est une femme cultivée qui est professeur même que parfois elle me fait un peu peur quand elle parle. Je comprends pas tout et c'est pas parce qu'elle parle anglais. C'est pas que je suis bête mais je suis lent. Quand j'ai des difficultés à comprendre, Pierre dit : « T'es encore shooté, hein ? » Ca me vexe beaucoup, j'ai jamais pris de drogue et je connais pas de dealers à part les psychiatres. Quant il était jeune, Pierre il voulait faire du cinéma. Aujourd'hui, il est marié, ça n'est plus possible mais il va souvent voir John Cassavétes qu'est mort. Moi, je n'aime pas trop le cinéma, je n'y comprends rien. Souvent dans les films, tout se termine bien. Je me demande comment on peut oser montrer ça. Dans la vie tout se termine mal. Les gens se rendent pas compte ou alors c'est que je suis vraiment dingue. Peut être que la vie est belle et que dans les films, tout se termine mal. Quant même, je sais lire ce que tout le monde lit dans les journaux. Par exemple, prenez le chef du conseil constitutionnel. C'est un endroit ou les gens disent que les lois, c'est bien. Donc, le monsieur, sa femme elle lui fait un procès à cause de ses chaussures qu'il aurait volé dans un grand magasin. Si ça se trouve, on va peut être le mettre en prison pour ca et aussi pour des statues qu'une compagnie de pétrole lui a fait comme cadeau parce qu'il travaille pour eux. Elf, ils donnent de l'argent à tout le monde comme Total Fina. Eux aussi, ils sont très généreux sauf qu'à moi y m'ont rien donné. Ils ont du m'oublier ou penser que j'étais en Bretagne. Pourtant, ils ont même essayé de donner de l'essence aux bretons mais ça n'a pas réussi parce que le bateau s'est échoué par mauvais temps. Tant pis, ce sera pour une prochaine fois. Souvent dans la rue, on voit des gens tristes marcher le long des trottoirs, le dos voûté et la tête baissée. C'est pas du cinéma. On dirait qu'ils attendent quelque chose qui ne viendra pas. Ils n'ont peut-être pas de travail ni d'argent. Faudra qu'un député demande à ELF, je suis sûr qu'ils refuseront pas. Tout le monde a droit au bonheur, à une seconde chance, même les pauvres. Regardez le ministre des finances, celui qu'a un nom de jeu vidéo. Il paraît qu'il a fait des bêtises quand il était étudiant comme si personne n'avait fait d'erreurs de jeunesse. C'est méchant de l'avoir démissionné, monsieur le Premier ministre. Que celui qui n'a jamais péché jette la première pierre ! Et bien vous, monsieur le Premier ministre, en 68 vous en avez jeté des pierres sur les voitures et la police et personne ne vous a rien dit, alors ? Bon, c'est vrai qu'il dit que les choses ne sont pas si simples. Tout le monde dit ça que les choses ne sont pas si simples. C'est un grave problème impossible à résoudre comme le chômage. Et bien moi, je suis un état limite et je pense qu'il est plus difficile de créer un problème compliqué que de le résoudre. Entre nous, monsieur le Premier ministre, c'est pas très malin de créer un problème compliqué. | Les resistances, c'est la guerre !Thu, 19 May 2005 15:28:38 +0000 III C'est pas marrant, les résistances ! Quelle est la différence entre un escroc et un psychiatre ? Le psychiatre ne porte pas de cravate. L'escroc, je l'ai vu arriver avec un jean de jeune et un pull de camionneur. « Gelstat-thérapie » m'a-t-il demandé ? « Témesta-yoga, mon gars », j'ai répondu. C'était un beau monsieur de cinquante ans avec une barbe grise et des cheveux blancs qui avaient la jaunisse. Tous les week-end, il réunissait ces patients pour leur faire pratiquer des exercices. J'y suis allé. Y'a pas de mal à se faire du mal. Les gens étaient réunis dans une grande salle et dansaient comme des indiens de John Ford. Malheureusement, on ne pouvait pas faire de feu. Je croyais, j'étais idiot, que les Indiens dansaient toujours autour d'un feu pour que la pluie tombe. Après, on s'est mis par terre et on a hurlé comme des cochons qu'on égorge. Personne n'a été tué mais moi ça m'a rien fait. Après, on a du faire nous-mêmes la cuisine parce qu'il n'y avait personne. Tout était cru. J'ai été malade et j'ai reçu des coups parce que j'ai dit que c'était pas bon, ce qu'il y avait à manger. Alors, la dame qui m'a frappé, elle a arrêté de pleurer parce que ça la faisait pleurer de me frapper. Moi ça m'a pas fait pleurer mais ca mal à l'estomac. On a bu de l'eau, des tisanes au tilleul, à la menthe et on a fait la vaisselle. Parce qu'en plus, y'avait pas de lave-vaisselle. Pourtant ça coûte pas cher et c'est bien pratique quand on est quinze. J'ai vu une femme, elle était psychiatre. Je lui ai dit poliment que j'étais étonné de voir un psychiatre faire une thérapie. Elle a rigolé en m'appelant «le puceau ». Je refuse de comprendre la psychiatrie, malade ou pas. Et puis le soir, on s'est tous dit ce qu'on avait sur le cœur. Y'a des gens, y ont failli en venir aux mains. Quant ça été mon tour, j'ai dit que j'avais rien sur le cœur parce que je les connaissais pas et qu'ils m'avaient rien fait de méchant. Ils ont tous rigolé comme si je racontais une plaisanterie. Je commençais à en avoir assez que les gens, ils rient quand je parle. J'ai décidé d'aller me coucher et d'être muet dans mon lit. Mais avant de monter l'escalier, le thérapeute m'a dit qu'on se levait à six heures le lendemain. J'ai rien répondu. Ils ont encore rigolé. Pourtant, je me trouve pas drôle. Dans ma petite chambre, il n'y avait pas de lit, pas même de matelas. J'suis allé voir dans les autres chambres pour voir si c'était pareil. Oui, c'était pareil sauf qu'il y avait une douche. Je comprenais pas bien la thérapie mais j'ai quand même dormi assez bien finalement. Dans la nuit, j'ai pleuré parce que j'ai pris conscience que j'étais seul et que c'était sûr que ça allait continuer. Tant pis, me suis-je dit, demain le jour se lève. Le lendemain, je pouvais plus bouger mon dos et j'ai été dispensé des exercices. J'avais eu du mal à me lever. A la fin, tout le monde était guéri sauf moi qu'avait trop de résistances. C'est pas marrant les résistances. Je ne suis pas revenu le week-end d'après. j'étais convaincu d'être un état très limite. Qu'allais-je faire ? Vivre, il n'y a que ça à faire. Je suis revenu chez moi et j'ai pleuré parce que jamais je ne guérirais. La dépression m'a envahi telle une marée noire en Bretagne et j'ai du aller voir un autre psychiatre. Je vous assure que je n'avais rien contre eux mais comment obtenir des antidépresseurs ? Je vous pose la question et je ne vous demande pas d'y répondre, vous avez autre chose à faire. Anafranil pour la dépression, Terfluzine pour la psychose, Tercian pour l'angoisse. C'est tout pour l'instant. On fera mieux la prochaine fois. J'ai pris l'ordonnance et je n'ai pas payé pour acheter les médicaments. C'était gratuit, j'étais content. Pour nous les malades mentaux, les médicaments, ou psychotropes, ils sont gratuits. Il y en a qui disent que certains d'entre eux favorisent le meurtre ou le suicide. Je crois qu'il faut vraiment y mettre de la mauvaise volonté. Par exemple, il vaut mieux s'acheter une bouteille de Jack Daniels, une corde solide passée autour du cou et des neuroleptiques, comme le nozinan à cinq cent milligrammes, pour ne pas avoir peur de la mort. Ainsi, on n'est à peu prés sur de ne pas se rater. Au passage à niveau, j'informe le professeur Zarifian et ses rapports successifs qu'un anxiolytique n'a jamais desinhibé personne, je sais de quoi je parle, je suis collectionneur. Pour empêcher quelqu'un de tuer un individu quelconque, il vaut encore mieux pratiquer l'enfermement en chambre de contention, pratique très répandue chez les très deshinibés psychiatres classiques de nos hôpitaux psychiatriques. Mais revenons sur la pointe des pieds fourchus de Satan à notre récit décidément incohérent. Donc, j'étais content. Seulement voilà et voilà quoi : le résultat. Complètement soûl pendant trois mois, ça fait bizarre pour un honnête homme qui ne boit jamais une goutte d'alcool sauf le dimanche parce que c'est le jour du Saigneur. Les policiers m'ont arrête sur la voie publique pour ivresse manifestement manifeste. Et puis aussi parce que je faisais de la politique sans autorisation préfectorale. « Il faut frapper l'Amérique, c'est à cause d'elle que les Indiens ne dansent plus avec des feux ». Un jeune policier R.P.R m'a traité de communisse. Heureusement, on a vite découvert que j'étais un état limite et le jeune policier s'est excusé. « C'est pas grave » j'lui ai dit quand j'ai vu qu'il était tout rouge. J'en avais assez des psychiatres. Ils m'avaient mis dans de mauvais draps. Je suis allé voir mon meilleur ami, le seul, et on a pris une cuite ensemble. Il faisait chaud dans son jardin. De gros blocs de glace fondaient dans un sceau en compagnie agréable de nombreuses bières. Le soleil se couchait et la musique nous parvenait comme de bons vieux copains qu'on a pas vu depuis un bout de temps. On se racontait nos films préférés et on disait tout haut les dialogues. « La nuit du chasseur », «Johnny got his gun », «Le Gaucher », «Apocalypse Now », «Buffet froid », «Un singe en hiver ». Lui, il se prenait pour Belmondo et moi pour le singe ou le Yang-tsen-kiang, je sais plus. On a bu de la bière pour se rafraîchir et on a passé le plus beau des moments. Pierre, c'est son prénom, il revenait des Etats-Unis. « Comment vont-ils ? » Lui ai-je demandé par politesse. « Très bien » m'a-t-il répondu par politesse. On a écouté les Rolling Stones mais j'ai rien compris parce que je parle pas la langue. Pierre m'a dit : « T'en fais pas, eux non plus ». J'ai bien aimé la bière, c'est beaucoup mieux que les médicaments et ça rend moins malade. Quand on est soûl, on n'est plus seul et aussi on aime tout le monde. Juste pour une nuit. Depuis ce jour, j'ai décidé de ne plus jamais prendre de médicaments. | LUMIEREWed, 18 May 2005 16:35:23 +0000 | Pourquoi les avions, ils tombent ?Wed, 18 May 2005 14:36:19 +0000XXI
Pourquoi les avions ils tombent ?
La vie, c'est comme une dent cariée. Quant elle vous fait mal, il faut vous l'arracher. Chez le dentiste. On ne peut pas vivre dans la souffrance où alors c'est qu'il y a escroquerie quelque part. Ainsi, moi ! Je me cite en exemple non pas pour faire le beau en levant la patte mais parce que c'est le seul exemple que je connaisse. Je ne suis pas toujours malheureux. Il m'arrive de rire beaucoup plus qu'il n'est supportable. Ainsi, quand je vois le Premier ministre de la France se faire caillasser, ça me fait beaucoup rire. Je sais, c'est méchant. Mais bon, personne ne le sait et je suis sûr que je suis pas seul à rigoler. Et les terroristes palestiniens, je suis sûr qu'ils ont pas voulu lui faire de mal sinon ils lui auraient jeté une bombe sur la tête. C'était leur manière de dire bonjour. Les traditions sont pas toujours les nôtres, il faut les accepter. La prochaine fois, il se mettra un casque sur la tête comme les C.R.S et il rigolera des pierres. Que celui qui n'a jamais jeté de pierre sur personne lève la main ? Personne ne lèvera la main et surtout pas un chasseur breton.
La marée noire aussi, ca me fait rigoler. C'est méchant pour les oiseaux qui meurent étouffés par le pétrole. Pourquoi les gens, ils viennent ramasser le pétrole en ciré jaune ? C'est fatigant, ce travail. Ils devraient le laisser le pétrole. Ca sent tellement mauvais qu'à la fin, le Premier ministre, il enverrait ses fonctionnaires de l'aménagement du territoire faire le boulot. Bien sur, c'est nous qui payons mais au moins on saurait pourquoi ! Moi, je paye pas d'impôt, alors, j'en ai rien à faire. D'un autre côté, les oiseaux qui sont pas mazoutés, ils reviendront pas parce qu'ils aiment la propreté. Comme ça, les chasseurs bretons, ils seront au chômage.
Quant on veut vraiment rigoler, allez, y'a de quoi faire ! Par exemple, je vais à l'église quelquefois pour rire. En entrant, j'éteins ma cigarette dans le bénitier quand personne ne regarde. Je fais le joli cœur en passant devant tout le monde, d'un ange j'ai l'air parce que je suis beau garçon en dépit de mes quatre vingt dix kilos, je dis bonjour à ceux qui me sourient dans le dos, bonjour mon père je dis tout fort pour montrer que j'ai des relations. Et puis je m'adresse au père en lui serrant la pince religieusement, comme un catholique à genoux. Je les ai vu comment ils font, ils ont du gagner des concours de révérence et de bonne éducation parce qu'eux y savent bien se mettre à genoux. « Comment va Dieu aujourd'hui, mon père ? » Que je fais à la cantona au père Giresse. Il me dit d'aller m'asseoir. Alors moi, je fais du zèle, je dis que je vais rester devant la croix à genoux, prés du dieu crucifié par les vilains romains. « Méchant Ponce Pilate, t'iras en enfer, là ! » Que je crie dans l'église derrière les gens et devant Dieu. Et puis je taquine le curé parce que je l'aime bien. « Mon père, mon père ! J'ai un besoin urgent » Que je lui dis. « Lequel ? » Me fait il inquiet. « Non, rassurez-vous, j'ai pas envie d'aller aux toilettes, d'ailleurs, vous en avez pas. C'est dommage parce que jésus il peut pas faire pipi. Non, j'ai un besoin urgent de me faire fesser ! Non, pardon ! Confessé, je voulais dire ». « Mais vous voyez pas que c'est jour de Messe aujourd'hui, repassez Demain ! » Il est gêné parce qu'il y a un peu de monde, pas beaucoup, juste de quoi faire une bande d'apôtres.
Et puis quand il fait son discours, ca, c'est pas bien élevé, je lui coupe la parole et je lève la main. « Et pourquoi, il a dit ca Dieu, Et pourquoi il a pas fait ca, nanani nanana ? » Ca l'embête, le père curé. Des fois il me répond pas parce qu'il en a marre. Je crois qu'il préfère chasser le Diable que de faire la Messe. Ca doit être plus drôle ! Alors, moi, je lui dis au père : « Pourquoi les avions ils tombent ? ». « Les voix de Dieu sont impénétrables mon fils ». C'est ce qu'il me dit sérieusement, sans rire. Les douze apôtres, y commencent à gronder que j'embête le père et ils me disent de me taire. Alors moi, je leur fais «c'est pas très chrétien, votre attitude, monsieur l'apôtre. J'ai le droit de savoir. Jésus a dit que tout ceux qui avaient des oreilles, y avaient qu'à écouter, alors moi j'écoute, je veux pas rester dans l'ignorance parce que la religion, c'est important de savoir à quoi ca sert. Et puis c'est pas comme ca, monseigneur, qu'on va recruter des gens qui vont servir Dieu ! » C'est ce que je lui réponds à l'intégriste de la messe qui vient là pour prier et pas pour comprendre. Il peut rien contre moi, parce que je fais quatre vingt dix kilos. Je continue à rigoler intérieurement et je lève la main pour dire «pourquoi jésus, il a dit que son père l'avait abandonné ? » Que je dis au curé. Alors, il dit : « Parce que son père, il commençait à en avoir mare que son fils, il n'arrête pas de se plaindre et de faire des conneries, voilà pourquoi ! » Il dit ca parce que lui aussi il en a assez. Les apôtres, y grondent comme des moines bouddhistes qui tournent leur moulin à prières. Alors, moi je me calme et j'attends la fin. La fin, c'est quand on mange et qu'on boit un coup de vin. Celui là, il est pas bon, il vaut pas la bière. C'est du vin pour S.D.F.
Le curé, y me tend l'hostie que le boulanger il a fabriqué. Faut tirer la langue au curé et dire Amen. Pendant ce temps, le père giresse il dit que c'est le corps du Christ. Alors, là, moi je crache l'hostie en disant que je veux pas manger Jésus. Je suis pas cannibale tout de même et c'est pareil pour le vin aigre, je suis pas un vampire. Je vais pas sucer le sang de Dieu. Alors là les apôtres, ils en ont mare et ils oublient mes quatre-vingt dix kilos. Ils me prennent par le coup et me sortent de l'église. Moi, je crie «vous avez pas le droit, vous avez pas le droit, je suis un honnête citoyen, un bon catholique, un vrai républicain et vive De Gaulle ! » Pendant qu'ils me poussent dehors, j'entends le curé giresse qui dit : « Heureux les pauvres en esprit car ils verront Dieu ! »
Moi, je suis pas pauvre et j'ai jamais vu Dieu. Mais en revanche, j'ai vu l'église et ses apôtres. Et bien, je peux vous dire qu'ils m'ont fait faire pipi dans mon pantalon. De rire. Même qu'après, j'étais gêné parce que ca se voyait. Y'en a même qui m'ont jeté des pierres. Des femmes qu'étaient mères aussi. Ca alors, j'aurai jamais cru qu'une femme, elle pouvait lancer une pierre sur un malade. Tout ca pour dire qu'il faut pas trop se payer la tête de Jésus. Lui aussi, il peut lancer des pierres. Les femmes, elles le font bien !
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