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LE FABRICAUTEUR
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C'est là qu'habitent mes histoires et leurs images dans un mélange que j'appelle IMAGETEXTES.
D'autres textes se mêlent aux miens. Nous nous rencontrons. Il s'agit de mettre à disposition, de faire lire et voir amis aussi de pouvoir prendre et rendre images et mots
Passez si vous en avez envie.
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Derniers posts : LE FABRICAUTEUR
| Relativisme absolu ou pas ? Négocions !Wed, 02 Jul 2008 18:56:00 +0000 " Si, comme le disent certains, il n'y avait en ce monde pas de faits, mais seulement des interprétations, on ne pourrait pas négocier, parce qu'il y aurait aucun critère pour décider si mon interprétation est meilleure que la vôtre. On peut confronter et discuter des interprétations précisement parce qu'on les met en face des faits qu'elles veulent interpréter.....On négocie parce que, si chacun s'en tenait à sa propre interprétation des faits, on pourrait discuter à l'infini...Pour amener nos interprétations divergentes à un point de convergence, même partiel, tel qu'il soit possible d'affronter ensemble un Fait, c'est a dire quelque chose qui est là et dont il est difficile de se débarrasser..." Umberto Eco
Le visage se tord, miroir de l'esprit qui se plie, qui résiste, qui campe comme un squatter qu'on veut à tout prix expulser. Alors on lance des compromis et des alternatives sur le bien fondé du raisonnement initial et des freins qui s'interposent ; mais restent sur la face des rictus qui en disent long. Le probleme n'est pas de savoir ça, mais de connaitre le bien fondé de ces choix qui en découlent et permettraient un repos vers une bonne négociation. CM
NB : le Fabricauteur se plie en quatre pour se regarder dans le miroir de l'esprit mais raté il manque de souplesse. L'âge sans doute. En tous cas la preuve est faite que quelques lignes suffisent à ouvrir des horizons immenses à la pensée humaine! Cela rend optimiste en ces temps de simplisme et de ragougnasseries que nous servent des philosophes de plateau télé, aussi maquillés que des mères maquerelles napolitaines, mais nettement moiuns sympathiques! Merci à Umberto Eco et à CM de leurs envois
SUITE SANS RIME NI RAISON CECI EST UNE EPAVE DE TRACTEUR HIPPIE Au fait le Festival du Nombril du Monde à Pougne Hérisson (79) se tiendra les 15 16 17 aoùt . Y a toujours de beaux tracteurs là-bas http://www.nombril.com/
Et ceux /celles qui ne s'y pointeront pas seront excommuniés et obligés de chanter du Julio Iglésias en falamnd ! Alors, aller sur le site de Pougne pour le Festival ou à d'autres moments, c'est bien un moyen de se sauver des flammes de l'enfer !Cette année le thème c'est La Mine. Et le programme est tenu secret. Normal. On va à Pougne Hérisson, on ne va pas pour y voir Machin ou Bidule faire son show ! On aurait bonne mine !Si vous ne pouvez pas y aller, des billets d'excuses pour St Pierre (oui celui des clés du Paradis!)seront disponibles lors du Festival Saxophone Evenement à Poitiers, du 8 au 17 Août, festival gratuit, au CNR à Nte Dame la Grande, au Musée Ste Croix, à Vouneuil sous Biard, etc.Demander Denis RESERBAT ou Gilles TRESSOS pour les obtenir(demander gentiment et exclusivement en serbo croate).
http://saxophone-evenement.com | L'orage est presque là...Tue, 01 Jul 2008 20:37:00 +0000
La nuit se reposait sous la garde du vent.
Le ciel mauve agité se tord les mains de rage. Perle goutte tranquille descend une joue endormie, se cale dans un creux avant de disparaître. Tu as le ventre rond de cent douze tendresses, d?histoires de si loin, de vagues et de creux que l?océan malin fait valser sous les coques. Entre sable et marées s?effacent les combats de lignes et de mirages qu?organise le vent. Le ressac ne serait qu?un mot qui se balance entre des bras de lune, dans une lenteur de six heures, un témoin de visites que trahissent les ourlets d?algues fines sur le sable tout neuf. Le temps se fait tout rond, les rêves à demi s?emboîtent et se tricotent, les voix de Figueras, de Mena , de bien d?autres tissent en délicat les brassées tièdes de l?air de nuit. No la devemos dormir ! Ces voix catalanes chantent à la nuit , veloutent avec force les coins rugueux d?une musique si pure qu?elle se répand partout comme un parfum tenace. Le silence devient alors superflu, sans attrait. La nuit va s?endormir sur l?épaule d?un enfant, captivé par un livre, rêvant dans les images qu?il a franchi le pas, mélangé au dessin, embarqué sous les toiles dodues d?un bateau blanc et or, astiqué par des singes en livrée d?organdi, commandé par un loup de belle distinction, enrubanné de sucre , de réglisse et d?orgeat. Sur le pont principal trois musiciens ravis agitent en douceur leurs bras et leurs épaules, autour de violoncelles et de grosses guitares, de flûtes et de hautbois, de cloches de tambours. La petite fille assise dans sa robe du soir les commande en riant d?un doigt sûr et précis. Elle tape du pied et crie souvent de joie, les laissant continuer pour s?étaler au soleil sur un coussin immense et reprendre son pouce, là où elle en était.
Double CD : Invocation à la Nuit Hesperion XXI Le concerte des nations, Jordi SAVALL Montserrat Figueras La Capella Reial de Catalunya ALIA VOX 2008
 | Une vie de tu à toi ?Mon, 23 Jun 2008 09:11:00 +0000
J?ai trouvé, entre les pages d?un livre de la bibliothèque une feuille avec ce texte inachevé :
« Quand j?étais gamin et que j?avais quitté je ne sais plus quoi?je comprenais pas tout ce qui se passait. Pour m?en souvenir j?écrivais sur les murs avec un gros bout de charbon. Pour ne pas perdre cette mémoire il recopia toutes ces notes sur son blouson, mais avec un stylo. Sa vie et ses rêves sur une poche, ses peurs et ses chansons sur le col, ses chansons préférées dans le dos?le blouson était couvert d?écritures. C?était bien compliqué à lire et lui seul pouvait comprendre et savoir comment faire pour mettre ces mots en ordre. Ces choses, de toute façon on ne peut pas les oublier qu?elles soient écrites ou pas. Il trouvait toujours pas les mots justes pour exprimer ce qu?il avait vu et vécu. Il se souvenait par exemple d?une ballade en scooter avec son frère et de l?accident. Le frère mort et lui n?avait même pas une égratignure. Cela paraît un petit peu compliqué. Pourquoi lui et pas moi ? On n?a pas d?explication. Peut-on vivre sans réponse ? Oui il y a des choses qui n?ont pas de réponses. Ecrire, seule manière d?évacuer certaines choses qu?on ne peut confier à quelqu?un. C?est un garçon de 15 ans qui s?en va . C?est compliqué de décider dans une histoire de la vie de quelqu?un. Même si c?est pour de faux... »
Ce texte expliquait-il de manière compliquée et imagée que la vie des histoires est difficile, que mettre des mots sur des sentiments et des temps passés, est douloureux ? Peut-être.
J?ai remis le texte en place entre les pages 56 et 57, car il n?y avait pas d?adresse à qui le renvoyer. J?espère que le lecteur qui l?avait laissé retrouvera ces traces du témoignage et des questions que le hasard aurait pu m'apporter. | "On aurait pu danser" ou bien "on aurait dû penser"Mon, 23 Jun 2008 08:14:00 +0000 collage DRP 2007
Avec les contrepètries, c'est l'enfance qui revient avec ses fous rires irrépressibles et les colères parentales, lorsqu'en deux regards, deux mots, deux gamins pouffent.
Mais allez vous vous calmer à la fin !
Et rien ne se passe comme il le faudrait dans l'ordinaire des adultes. Drame éducatif !
La faute aux mots, à leurs voisinages parfois coquins ou drôles, à leurs musiques et sonorités qui souvent évoquent et remplissent de plaisir les jeunes esprits venant de découvrir les doubles et triples articulations du langage, en marge de l'Ecole et des débats de Grands, sur les mérites et les tares des méthodes d'apprentissage de la lecture/écriture...
En résumé, dans cette vie de mots et de commentaires, ne négligeons pas l'influence des sages sans sous-estimer l'affluence des singes !
Vu le prix des cartouches d'imprimantes, je n'imprime plus, au risque de gâcher des photos ou encore de devoir faucher des gâteaux, faute de sous assez. Travailler plus pour imprimer plus ? Cela ne marche pas...
Vous l'aurez compris, je me situe dans la rubrique de débiles marchés en espérant dix belles charmées, étant sans doute plus un bouffon égaré qu'un bougon effaré.
Le sage passa, pinça le sage alors qu'un chat sous un rameau lorgnait un rat sous un chameau, un chameau pas rond avec un chapeau marron.
Je laisse là, je cesse et vais me reposer : au bout du quai, pas loin, il est un coin pas laid.
Venez y si vous voulez avec vos mots doux à dos mou et leurs jeux de lettres et de sons. Envoyez donc les vôtres !
| Reportage lyonnaisMon, 09 Jun 2008 19:39:00 +0000 Drôle de vie drôle de ville ! Il se passe à Lyon de bien bizarres phénomènes. En voici le reportage exclusif. En premier notons que cet homme parasol croisé sur la terrasse du Musée des Beaux Arts semble bien seul à attendre que la pluie lui permette de s'épanouir, de s'ouvrir aux larmes du ciel.  Une blonde mystique et sexy rôdait avec sa croix verte, dans les ruelles de la Croix Rousse  Des arnaqueurs ont imité le nombril du monde, dont le seul est à Pougne Hérisson dans les deux sèvres. ce méfait a été dénoncé auprès des acolytes de Yannick Jaulin dès aujourd'hui. http://www.nombril.com/ voilà le vrai et le seul nombril du monde !  Cette mendiante se sert d'un ours qu'elle a grimé pour soutirer de l'argent et des saucisses de Strasbourg aux touristes japonais.  Un tagger sévit également derrière la place des Terreaux. Son seul problème est l'inspiration. Pour l'aider faites des dons en mots et expressions (le Fabricauteur transmettra).  A Fourvières, en face de l'église une femme est séquestrée dans une cage en verre, peinte d'or comme dans Goldfinger de James Bond ! Mais que fait la police ? Et Sean Connery !?
| LA GENEREUSE, DISQUE DE B.GUERBIGNYSat, 31 May 2008 21:34:00 +0000 Une couverture de disque. Un enfant en noir et blanc sérieux comme un pape étire un bandonéon. Au dessus de lui danse une femme, jeune et gracieuse, sa mère peut-être. Un visage occupe un tiers de la surface de ce carré d?image. Le père peut-être qui s?appelle Benoît je ne sais qui car l?étiquette de classement de la Médiathèque empêche de lire son nom. Paradoxe des étiquetages dans les offices de la culture numérotée. Le disque se joue et s?entend bien, avec une mélodie plaisante et sas heurts, mâtinée de folk mais aussi d?éclats d?Europe centrale, avec quelques trouvailles stylistiques de qualité. Les accordéons se relancent et accrochent l?oreille voire parfois entraînent des rythmes dans les jambes. J?aime entendre le bruit des boutons de l?instrument, le frappé soyeux d?un saxo, le chuintement des doigts sur les cordes, ce hors champ de la musique vivante. Ces bruits de vie. Comme le grain de l?image, l?écorce sensible d?une voix imperceptiblement fêlée. Cet à peu près qui donne les hasards et la poésie, contre les totalitaires certitudes en logiques formelles, perverses moutures du fascisme qui dort. Comme le grain de l?image, et celui de la peau, si l?on s?approche d?assez près. Alors la peau devient un paysage de méandres incroyables, de marqueterie complexe et mouvante, comme un banc de sable découvert par la marée et qui se griffe au soleil de mille tatouages. La musique comme la peau, il faut la regarder de si près que les yeux s?embrouillent et ressentent comme les oreilles. La distance des commentaires, celle des techniciens de l?épure, des zélotes de la façon, c?est tout un attirail qui m?ennuie aussi fort qu?une déclaration de Pisany sur l?agriculture et la faim dans le monde? Musiques et faims, grains de peau et de riz, tatouages impossibles sur des corps décharnés, comme si la souffrance essuyait toutes les peaux en les rendant indevinables. La misère gronde et suinte, les cadors de l?ordre sont là à disserter sur les pourquoi des comment en se souvenant qu?au dîner, à l?ambassade, ils n?auraient pas dû reprendre du soufflet aux crevettes, car ils ne digèrent pas bien la mousse au chocolat du Surinam? Le petit de la couverture ne bronchera pas. Il a le regard fier. Derrière sa mère est si belle en tournoiement, le regard de son père sur lui, ils lui ouvrent le monde de la plus belle manière. Je brode un peu un ourlet aux nuages qui montent une crème orageuse sur le Poitou. Le disque se finirait là, un peu indistinct, entre Désert froid et Le chat des voisins, avec des pensées vers Mac Orlan, vers Pariselle, Yacoub ou Beaucarne. Jolie parenté que tous ces gens. Il me viendrait juste un regret, comme des voix qui manquent parfois, sur désert froid la généreuse par exemple. Mais le Fabricauteur est d?une humeur de chien car il pleut. Et puis surtout, la question de l?âge des nuages n?est pas résolue. Peut être fils Lucien connaîtra-t-il un jour la réponse. Je lui souhaite.
Ce beau disque
« Benoît GUERBIGNY en compagnie La Généreuse» est à écouter avec calme et vin frais, plusieurs fois. Plein d?informations sur www.benoitguerbigny.com
| LA R12 A JACKY A ETE VENDUE !Wed, 21 May 2008 14:52:00 +0000 Suite à l'annonce précédente commise par nos soins, la R12 à Jacky a été vendue à un trafiquant d'essuie-glace muet et serbo croate (le gars, pas l'engin) qui nous a laissé un chèque en bois avant de s'enfuir à pieds par le chemin des gâtines. Par chance il a oublié le véhicule qu'il avait en arrivant, un splendide tracteur de race indéterminée, fonctionnant à la Suze cassis uniquement et les jours pairs. Ce puissant bolide est livré avec sa clé de 23 et de 14 pour resserrer les boulons au cas où. Faute de feux de signalisations, d'élégantes pancartes en bois, écrite en serbo croate pardi, permettent de signaler aux autres fous, sur la route, les intentions du pilote de l'engin. Un autoradio bloqué sur une station de chez lui est fourni en sus mais doit être relié par câble au secteur, en 110V. Les personnes intéressées peuvent contacter le vendeur qui se cacherait sous le pseudonyme de Yannick JAULIN à Pougne Hérisson en se branchant sur ce site (là dessous en bleu ! Faites attention tout de même à ce que l'on vous dit !)
Attention : le Fabricauteur est aussi bricoleur et toute personne qui n'irait pas se brancher sur le site du festival de Pougne et autres patisseries conteuses sera repérée par le robot Web de ce blog et dénoncée aux services de Brice BOUTEFEUX, notre sympathique chasseur de différents. Soyez patriotes, allez visiter le site des origines du monde des contes des histoires, des cailloux et des haricots cuisinés.
| l'agent troubleWed, 21 May 2008 05:58:00 +0000 Ce matin en me regardant dans la glace, après avoir ôté les pansements, voici ce que j'ai pu photographier. Etonnant non ?
Je suis un agent trouble, un observateur au regard bizarre qui décale d?un ?il ce que l?autre perçoit. Si je vois Sarkozy à la télévision, je devine derrière quelques écailles peu reluisantes du reptile cynique, si je vois sa bouche articuler dans un français volontairement approximatif des évidences de comptoir, j?entends le rire féroce d?un mépris assumé. Changer brutalement de vision, par chirurgie interposée est une expérience intéressante à divers titres. La texture du monde change, l?air devient translucide et brillant, les contours s?affirment et les plans successifs sont enfin distincts. L?épaisseur des choses revient, la brume s?est envolée. Ségolène par exemple abuse d?un maquillage qui lui donne un visage de cire, impassible et sans ces variantes que la fatigue, la joie, la colère peuvent amener à la surface d?une image, d?un visage. Ses apparitions à la télévision sont celles d?un visage qui n?est plus celui d?une femme ordinaire, quelque soit son destin. Elle a rejoint depuis longtemps le camp des produits marketing, sur la forme mais hélas aussi sur le fond. Touchez aux yeux des gens et vous verrez ! Une cataracte de sensation retrouvées et nouvelles s?imposent soudain. La période intermédiaire où l?un des deux yeux n?est pas opéré est bien riche en sensations étranges, incursion dans l?optique humaine, et dans les questions sur la validité de l?oeil sur le monde environnant. Je suis un agent trouble sans y voir bien double, juste un peu de travers. Un Fabricauteur aime forcément ce genre d?expérience, à demi maux.
Une image du Fabricauteur AVANT opération
Le Fabricauteur a photographié son chat, la preuve est faite que ses yeux fonctionnent bien mais avec peut-être un problème de réglage... APERCU DE MA FENETRE : le monde a bien changé !.. | Annonces à l'oeil !Tue, 20 May 2008 08:47:00 +0000On pourrait penser que la maladie organise le respect et la compassion. Mais il existe (heureusement) des gens qui ne "respectent rien"? comme dirait l'auditrice entendue sur Radio Monaco l'autre jour et qui vomissait sur les jeunes, les ouvriers, les arabes, les fonctionnaires, les chômeurs, du haut de son F5 qui domine le casino de Monte CARLITO...Pauvre bête. Eh bien, le Fabricauteur borgne (provisoirement) est l'objet de railleries qu'il trouve excellentes, alors merci à leurs auteurs de continuer à dire des âneries, c'est excellent pour la cicatrisation. Quand mes amis sont borgnes, je les regarde de profil. Joseph Joubert.
Quand un borgne ne dort que d'un oeil, il importe qu'il choisisse le bon. Francois Valorbe.
Ce n'est pas en ressemblant un borgne et un paralytique qu'on fait un champion de cross. Charles Pasqua.
Embrasser un borgne n'est pas contagieux. CM
A vendre R12 GTL petit prix, phares compétition, 2 millions de km, moteur naze, visible à Pougne Hérisson, demander Jacky DRP | histoires borgnes de mai 2008Mon, 19 May 2008 14:12:00 +0000 Freud en famille, 1928 collection DRP Le Fabricauteur, borgne provisoire, ne peut pas écrire pendant quelques jours... Alors , photos et images pour tout le monde (en vrac) !!!  Sculpture DRP 2005
 FREUD en famille 1928 collection DRP
| IL FAUT QUE CELA SE SACHE ! ALORS SACHONS LE !Tue, 06 May 2008 18:32:00 +0000Le Fabricauteur reçoit parfois des missives et documents en provenance de divers services spéciaux et pas catholiques, des reportages militants appuyés sur des documents terribles. En voici une sélection :les images de cet article sont de ConfMad 2008
La SPR (société protectrice des râteaux) vient de nous faire parvenir ce cliché accusateur qui montre sans fard le sort ignoble fait aux outils de jardin, laissés en vrac, sans toît , mais enfermés dans des conditions carcérales inadmissibles ! Que fait not' Président des Droits d'l'homme etc... ? Merci à nos courageux correspondants de s'être mouillés en révélant ce scandale à la face du monde. Dans la série "Histoire de la France éternelle" voici la preuve que la continuité est de mise entre ce cliché pris en 1942 sous l'occupation et celui pris ces jours-çi à Poitiers. Notons juste qu'en 1942 il y avait des bancs publics et sans doute des amoureux pour les garnir, mais qu'ils se cachaient (comme les sans papiers ?), et qu'en 2008 on a interdit les amoureux, non pardon les bancs, dans ce même parc ! Je sais pas si je vais pas dénoncer le servic des Parcs et Jardins à la Kommandantur !...
  Les canards sont des géomètres avisés et de fins mathématiciens. Ce bref reportage le prouve en soulignant avec finesse leur sens inné des diagonales et des alignements. Le premier qui dit que les canards sont aussi cons que des poules, je le dénonce aussi à la Kommandantur ! au Coin Coin les médisants !   Dans un autre registre, ce cliché volé ( en bas, pas celui des canards, l'autre plein de déliés et de machins marrons, on suit quoi !) n'est pas l'illustration d'une calligraphie savante exposée à l'Institut du Monde Arabe, ni le gros plan au microscope électronique d'une synapse du Fabricauteur après relecture de l'intégrale de Pierre Desproges (béni soit le saint homme !). ce n'est assurément pas l'illustration de la pensée économique de not' bon Président "roi des économistes du pouvoir d'achat", ni encore une métaphore hardie des pensées de Yoyo de l'île de Ré. C'est juste un fond d'assiette de mousse au chocolat ! Du Pop art et du vrai, qui se mangeait. Comme quoi, on peut se tromper et croire en tout et rien. Tenez par exemple je croyais au Christ quand j'étais enfant, mais vers 11 ans, en mai 68 (tiens tiens) j'ai mis une croix dessus.
| Image sur mesureSun, 04 May 2008 16:42:00 +0000J'aime bien cette voute, ce morceau suspendu et géométrique. Même l'ange est un élément de décor, au même titre qu'une rosace. Il y a en bas un double en faux miroir peu identifiable mais qui raconte sans doute des enfers compliqués, des paysages en creux de multiples bien semblants. En haut, dans une pénombre soyeuse, quelques alcôves qui se déroulent vers un hors champ que j'imagine frais et de bonne sonorité. Où sont les murs en dur et où sont les peintures, les effets de l'oeil qui se perd et s'égare avec délice ? Je n'en sais rien mais j'aime beaucoup cette photo, d'autant qu'elle a été faite pour moi, sur mesure. J'adore les cadeaux de ce genre ! | je croyais que t'étais mort BERANGERSun, 27 Apr 2008 16:43:00 +0000 Lorsque des gens bien du monde de la chanson se mettent ensemble pour ressuciter les textes de Franpois BERANGER cela donne ce disque, avec pour ma part une mention d'émotion à la fille de Bébért, Emmanulelle, qui chante "dure mère" avec les finesses et la force dont elle est l'héritière. Michel BUHLHER est encore vivant c'est bien aussi, dans "le vieux" et les autres, de SANSEVERINO à Gérard BLANCHARD, THIEFAINE, TRYO,... montrent que les musiques de Béranger étaient et sont de bonnes fondations pour des adaptations variées et riches. ref : Francofans, l'Autre Distribution,Meso 001 2008 En vente aussi chez Gibert disques à Poitiers pour 14 ? ! (non ce site n'est pas sponsorisé !) Alors elle est pas beau la vie ? Yakoub et Béranger dans la même semaine ! Bon y a eu aussi 1h30 de SARKOLEON le PETIT mais bon, tous les marchands d'histoires ont dû zapper.
| un disque de Gabriel YACOUB soleil dans la grisaille du quotidienSun, 27 Apr 2008 10:42:00 +0000 Le dernier disque de Gabriel YACOUB est disponible. Soyez le aussi ! Je ne suis pas très objectif le concernant. Je crois que cet homme pourrait chanter l'annuaire téléphonique : ce serait touchant et beau. Les textes comme toujours très écrits, faussement simples, à tiroirs qui s'ouvrent différement à chaque écoute.Des mélodies complexes et qui accrochent la tête. Yacoub qui surgit encore et encore, dans le calme tiède de ses mots patinés, de ses musiques savantes, entre ballades et musiques d'orient, chansons à danser de la Renaissance et rugissements délicats pour bien entendants. Sa voix enrobe son monde et nous y installe. En vente entre autres chez Gibert à Poitiers 13? et sur le site de Gabriel Yacoub bien sûr. Il en restait 2 samedi matin Cela ne doit pas empêcher d'écouter Sylvie BERGER, "la bergère" ou Emmanuel PARISELLE deux proches de G.Yacoub. Toutes les infos sont sur le site de Gabriel YACOUB
| Le puy Griou en AuvergneSun, 20 Apr 2008 18:52:00 +0000 Existent des morceaux de ciel plus fins et beaux que d'autres. Certains même sont anciens, comme des humeurs ou sensations passées qui remontent soudain, ou doucement, à la surface, après le rêve ou l'oubli. Ce bout de ciel, cette trace de montagne, si vieille que les mots n'existaient pas encore, laissent flotter de la vie entre gris clairs et bleus foncés. Merci donc à L pour cette image de cotons improbables, de volutes et d'immense, avec juste ce qu'il faut d'île pour se poser.
| Mai 1968 Mai 2008 une affaire sans s'huite ?Sat, 19 Apr 2008 12:49:00 +0000 Merci au dessinateur FAUJOUR pour son esprit de synthèse ! Mai 1968 Mai 2008, les enfants de Mai ne sont pas tous devenus des dépités bavards, des patrons de presse arrogants, des ventipotents dans l'appareil de l'Etat L'esprit de Mai est celui de l'insolence ouvrière, du sens de la révolte et de la générosité, de la création et de la drôlerie, du corps et des couleurs, des musiques et des mots, des rires et des colères. Il est toujours là, sous diverses formes, resurgissant sans cesse, au grand désespoir des tenants de l'ordre établi, ces croquemorts de la pensée et de la joie, qui étouffent toute fête dans l'oeuf en pensant vitrifier sous des logiques formelles les poussées de la vie. "cela s'appelle de la Gouvernance La presse sérieuse (Libé, Télérama, le Monde, Le Figaro, Les Inrrocks, etc.) roucoule avec les fossoyeurs en leur ouvrant des boulevards pour tambouriner que c'est fini, la vie c'est plus cela etc... c'est quoi alors ? C'est vous croire peut-être, dans vos discours ripolinés au CAC 40 ? Amis lémuriens, mon concierge, mon amour, mon chien, remercions Pierre DESPROGES, Aimé CESAIRE et le vieux Léon de nous avoir appris à dire haut et fort : "je suis comme cela et je vous emmerde !" Une mise au point s'impose en effet de plus en plus ! En tous les cas chauqe fois que j'allume les informations à la radio....
| Consultation ? Pouce !Sat, 19 Apr 2008 12:23:00 +0000 Histoires de pieds Toulouse 2007
Ecrire sur commande dans le genre « finissez donc cette cartouche d?encre » ce n?est pas évident. Merci à CM d?avoir joué le jeu sur une anecdote pas évidente à tourner.
Voila ce que c'est que d'avoir des enfants.. Le téléphone sonna, un numéro inconnu s'affichait. Une voix me dit que nous avons rendez-vous et que je suis en retard?Je demande l'adresse et monte tout le monde dans ma voiture. En route dans une rue dont j'ignorais l'existence 5 mn auparavant. Depuis l'interphone, l'orthophoniste m'ouvre et lors de l'entretien j'entends, comme un couperet, sa voix dire à ma chère tête blonde « d'arrêter de sucer son pouce ».Nos regards se croisent du bleu au bleu, je ne sais ce qui se passe dans sa tête. J"y vois une profonde inquiétude comme un cri qui dit : « sauve moi maman! »Un quart de seconde se passe. Ce qui va suivre mais ce qui me traverse l'esprit et profondément juvénile.. En bonne mère de famille capable de tuer pour sauver sa progéniture, je la regarde de mon bleu dans le sien et d'un sourire qui se veut réconfortant je lui dis : si tu arrêtes de sucer ton pouce j'arrête de fumer!Dans l'autre quart de seconde qui sépare cette déclaration je me demande ce que je viens de dire?
Conférence M

| BEYROUTH, BAGDAD , etc...Thu, 17 Apr 2008 16:39:00 +0000 Plan séquence Il est souvent délicat d'aborder l'inconnu. C'est une notion étrangère, fuyante et poisseuse. Les témoins sont inexistants, on ne les a jamais revus. Sans doute engloutis par la brume, dissous et engloutis par morceaux. Je les imagine surpris, gelés debout par la guerre, gris de pierre, bloqués de glaces, fous d'étonnement. Ces aventuriers reviennent dans mes rêves, et passent des annonces. Je ne les image pas toujours, pressé par le fil des jours, entortillé et repus d'agitation, de faire en vrac. Saint Ex a disparu, la Josuha aussi, Caradec est glissé entre des fentes de la croûte terrestre, coin inexpugnable, enkysté à jamais. Colas aussi. Les glaciers du monde ont des réserves ignobles de fous qui cherchaient à risquer plus haut, à caresser la mort en aiguisant sa faux. Insolence payée. Des écrivains aussi ont payé cher, leurs petites araignées griffonnées en hâte pour que l'idée ne file pas. D'autres n'ont rien fait, mais se trouvent des courages énormes pour vivre l'ordinaire. Avec un peu d'aide du regard des autres. Ecrire sur BEYROUTH, reprendre les clichés de la ville martyre et sauvage, où les pires amours s'entrelacent, comme montent les odeurs de cuisines de part et d'autre du front, avec les mêmes épices, les mêmes manières de tourner la louche en bois dans le pot d'aluminium. Comme un cul de bombe incendiaire. Cet étudiant qui discute tranquillement va passer chez lui, câlinera sa femme, sera tenté de s'enfouir dans ses cuisses. Mais il passera un treillis anonyme, bourrera ses poches de chargeurs métalliques. debout contre le mur, une pute noire et cliquetante lui tendra sa bandoulière. Il fera claquer la culasse, vérifiera le levier d'armement, et redescendra l'escalier sans hâte, en respirant fort. En un quart d'heure il devient un tireur d'homme. derrière sa fenêtre, il tentera de descendre le type qui occupe la fenêtre de l'autre côté de l'avenue, près du Musée. Avec le périscope de fortune, on arrive à voir la corolle de fumée blanche qui signe le poste de tir. Avec de la chance, l'imbécile ne changera pas d'emplacement, la rafale le cueillera facilement s'il est dans l'axe de l'ouverture. Kader crispe ses doigts sur la crosse de l'arme. Le métal est bouillant. Il aime l'odeur de la poudre brûlée. L'envie de vomir le guette sans cesse. Ses jambes sont dures, son ventre glacé. Adossé au mur décrépi, il sent une sueur aigre lui piquer les yeux, après un long périple depuis le sommet de sa tête. Rachid, à côté, remplit des chargeur de balles explosives. Avec un sourire en grille de mots croisés il lui explique encore une fois les vertus destructrices de ces suppositoires nickelés. Les cigarettes s'allument à la suite. Mais la nuit il est très dangereux de fumer. Un bon tireur n'a que deux choix: à gauche ou à droite de la mire rougeoyante. En général il rafale et c'est ainsi que l'on pratique la prévention du cancer du fumeur en Liban guerre. Le Liban, il s'en fout un peu. Il vient de la montagne, mais a fait ses études en France. Son retour au pays s'est fait sans accrocs. Ses frères descendaient au Musée tirer sur ceux d'en face, les pourris....Il est decendu avec eux, et a cessé de penser comme quelques semaines plus tôt, à Paris, alors qu'il dînait rue de Rennes dans cette petite brasserie suisse si douce et chaude. Le plâtre pleut, finement pulvérisé par les éclats d'une roquette . Des cris sortent du brouillard poussiéreux. L'équipe de l'appartement d'à côté a été touchée par cette roquette, tout flambe, les blessés crient encore. L'ordre est de ne pas bouger. Walid doit déguster, il appelle sa mère. Kader aperçoit une ombre, de l'autre côté. Il se dresse dans l'embrasur e et vide son chargeur, avec frénésie dans cette direction. Rachid le relaie aussitôt son chapelet terminé. Essouflés et surexcités, ils se laissent glisser au sol dans les gravats. Une bouteille de "gozouze" au citron plus tard, les premiers mots sortent. Rachid s'est pissé dessus en tirant. Kader n'a même pas la force de vomir. Ca pue dans cette pièce. Le soleil est haut et la chaleur attaque les deux camps. Les yeux s'embrouillent, mon viseur est sale, je pleure un peu pour nettoyer tout ça. La gorge me pique, la cordite brûlée emplit l'air blanc. Je pense au magasinier de l'agence qui va encore râler si je lui ramène sa BETA sale et cabossée. Des pas dans l'escalier, une course, des ordres. Mes compagnons se lèvent et courbés s'enfournent dans une ouverture béante dans la cloison. Nous accédons à une autre cage d'escalier. Comme à l'agence la peinture est mouchetée. Une mocheté a coutume de répéter Bruno le preneur de son, qui ne connait qu'un calembour par an.  Une sirène dehors m'attaque les oreilles, j'ai faim et soif depuis le matin. Rachid fume et tousse, les yeux au bout de ses chaussures. C'est la guerre en baskets, vestes de treillis et sweet américains. Ils se cherchent pour se tirer, mais s'habillent tous pareils. Je deviens transparent, agrippé à la caméra. Je la protège car elle me porte. Que n'a -t- on dit sur le courage professionnel des reporters. Des niaiseries de salle de rédaction, lorsque les images de la guerre et du sang des hommes se reflètent dans les verres de tequila. Car on boit sec face aux dangers en cibachrome sur une table ou devant une régie JVC, lorsque l'air conditionné est un peu trop frais. Je suis dans une cave, nous allons changer de pâté de maison. Kader est tendu, je suis dans son ombre. J'ai changé ma batterie, rescotché la porte cassette de la Béta, histoire de ne pas me bouffer mes derniers ongles. Le talkie-walkie bruisse mais ne crache pas d'ordres. les ordures attendront me glisse Rachid sans quitter des yeux ses pointes de chaussures. Il est drôle ce type, avec ses yeux bleus et sa tête d'américain moyen. Un peu chicanos peut-être mais très US. Un poème rôde autour de ma mémoire. Il plane et revient comme un duvet d'oiseau qui valse dans l'air frais. "Etonnée, presque nue, sur un lit de lauriers A la pointe des seins des nénuphars si roses Que la peau de sa peau Blanche en était venue. Ses mains comme un couffin étreignaient sans bouger La tête d'un jeune homme qui glissait vers ses pieds. Elle rugit enfin et leurs mains torturées tordaient sans en finir les herbes et la rosée." Les ordres fusèrent. Je me suis vu courir dans ce boyau de béton, entre des cageots et des caisses, enjambant des tas non identifiés de couvertures et de matelas. Nous ne disions rien du tout, courant en veillant à ne pas heurter les murs de nos fardeaux d'acier. Je n'ai même pas un flingue. Qu'en aurais-tu fait imbécile me répondit ma voix. Ma voix. Depuis que Paris m'a quitté, filant vers l'ouest sans retenue, avec ses tours Effel, et ses jardins, ses buttes et ses musées, ses filles et ses ponts, je me fait des illusions sur tout, mais ma voix me reprend. Conscience es tu bien éveillée ? Ta gueule, je cours aussi. Rachid s'est étalé dans une flaque visqueuse. Un mélange d'huile et de pisse, une affaire de sous terrain de fin du monde. Au dessus ça gronde. Rockett anti char sol/sol commente Rachid avec une froideur de gardien de square. Ca fait du bouilli se croit-il obligé de rajouter. Il me sadise un peu ce con, avec sa peur rentrée de voir sortir ses tripes. Je suis pas de chez ROUTERE, ni de NCC, j'ai pas les contacts et les saufs conduits, protégé par les accords avec les deux parties. Je ne suis là que comme free lance, et si je crève ici je ne gagnerai pas ma vie. T'es con Rachid, t'es arabe, c'est pas mal, mais que tu es con. Kader glousse. J'ai faim. Je fume de plus en plus. Nous émergeons dans une cage d'ascenseur démantibulée. Les crampons sont encore bons. En haut, un litre de sueur après, la terrasse nous éblouit. Vautrés dans les éclats de ciment nous rampons vers une fissure du mur de bordure du toît. En contrebas, sur la gauche, le bleu du port fixe le regard. Le talkie rissolle et vomit des ordres brefs. Kader fait un signe, Rachid sort une lunette de sa poche de jambe, et la fixe sur son arme. Il vérouille le clapet, visse un boulon cranté avec soin. Couché, en appui sur ses coudes, il s'installe confortablement, en décalant ses jambes, à la recherche d'une stabilité optimale. Kader lui indique un balcon encombré de sacs de sable, à cent mètres, sur la droite. Il se réajuste. Je fais de même avec la caméra, derrière lui. Ca va être du vécu en direct, zoom sur le canon de l'arme, puis vers la cible que je découvre dans le viseur: deux hommes accroupis à côté d'un lance rockettes et d'une caisse de tubes gris. L'un d'eux bouge un peu et parle à l'autre. Kader tape sur le dos de son compagnon, et le félicite bruyament. J'ai vu la mort avant qu'elle ne se lève, pendant sa brève vie, et la posture clownesque des cadavres à son départ. Les deux types ont dansé sur un balcon de BEYROUTH, une fraction de minute, tréssauté comme des pantins, au fil de la rafale qui les a éteints. Rachid est content. deux au palmarès du tueur d'élite. Les mêmes branques à SARAJEVO sont peut-être des jeunes étudiants sympathiques... Sans doute. La journée de travail est finie, le chef de section est fier de ses troupes, le JRI (journaliste reporter indépendant) a des images superbes et rares qui vont émoustiller les braves gens d'Europe, et peut-être exciter des salauds sans puissance. Ces images se vendront bien 4000Frs la minute, si le JT de FT1 les prend. C'est mon fils, il est au LIBAN, il risque sa vie pour nous informer. Tu parles. Je me délabre comme une figue molle secouée par le vent de midi. Le carrefour du Musée a encore vécu une page de misère humaine, et j'y suis jusqu'au cou, trempé dans la pisse et la sueur, ne protégeant plus mon âme et mes yeux, mais seulement ma caméra. Rachid propose d'aller manger chez lui. Kader accepte pour nous deux. Vomir, oui. Manger? Le soir qui vient retentit de coups sourds, de rafales anodines qui ne surprennent plus personne. On se bat là-bas, mais les enfants jouent ici, dans les décombres d'un bus qui ressemble à une sculpture de CESAR. Farida doit s'inquiéter. Au dispensaire, elle scrute chaque blessé arrivé, pour ne pas y trouver mon visage. je l'ai rencontrée au CONTINENTAL, lors d'une venue de K.BOUCHNER, au milieu des officiels et des boissons fraîches. Elle attendait son contact de Médecins pour Tous, célèbre confrérie des empêcheurs de culpabiliser en s'endormant. Ces braves types endurent des vies et des morts parfois, pour rien, et permettent à des millions de pépères et de mémères de cocher sans trembler la bonne case de la grille du Loto, au tabac de Palavas, ou celui de Houilles. Farida explose lorsque je lui parle ainsi. Elle explose aussi lorsque je colle ma bouche dans sa bouche et que mes doigts courent vers elle, comme les lévriers sur le gazon vert anglais. Nous faisons l'amour comme d'autres boivent, pour se désaltérer en force, puis pour goûter la fraîcheur, puis pour se rassasier. Après elle, j'ai les jambes en coton, le sexe brulant, étourdi. Médecin palestinien, elle a du cran et du courage. mais elle aime bien mon cynisme qui tempère ses militantismes aigus. Lors de grands débats virulents avec ses amis, elle vient se loger près de moi, et me glisse à l'oreille des propositions que je m'empresse d'accepter. Notre lit est encore le meilleur compagnon qui soit. Il nous supporte. Kader pose son arme sur la table de la cuisine, comme un panier de légumes du marché. Il y rajoute divers accessoires, dans du tissu kaki. Dans un sac en plastique orange vif, décoré d'un parasol vert, deux grenades offensives attendent leur jour. Sa compagne débarasse tout cela et pose des verres ouvragés pour le thé. Leurs petites bulles de verre colorées saillent suffisament pour que la brûlure soit supportable. Personne ne parle. je me tais aussi. Rachid regarde la mer par la fenêtre: il soupire un peu. Tu leur montrera tout ça là-bas? Peut-être, si j'y retourne un jour. mais ils ne me croiront pas plus que si c'était une série américaine bien saignante. Alors à quoi bon? Je ne sais pas encore. Je suis là avec vous, et j'y apprend l'inhumanité, la faiblesse et la peur. Vous êtes sans le savoir mes professeurs en misère humaine. Tu te fous de nous? Non Kader, je suis hélas sérieux, passablement sérieux. Et Farida? Elle lutte contre les trous que des types comme vous font dans les autres. Et elle est d'accord pour cela. Je l'ai suivie ici. Mais elle est déjà partie. A Paris, nous avions des repères, des rites, des réflexes. Ici j'ai envie de crever, de vomir, parfois de tuer aussi, si je n'y prenais pas garde. Alors Farida, je vais la laisser ici. Je ne suis pas dans ce pays chez moi. J'ai des traces dans la tête, redoutables et durables, mais la folie est trop forte. Je partirai un de ces jours, sans doute. Tu vas écrire? Sur quoi, sur ce que cette guerre casse en moi? Tout le monde s'en fout. J'aime une femme, elle vient chez moi, apprend un métier et retourne à la boucherie, sur les bords de la grande bouche dévoreuse, aux lèvres luisantes de poudre. Elle n'est plus avec moi, elle est ailleurs, prête à basculer dans la gueule de MOLOCH.  Le silence se réinstalle, un muezzin braille dans son haut-parleur, une voiture sirène le coupe un peu, la radio et la télévision s'allument. Un ou deux incendies animent l'est de la ville, le spectacle est magnifique. Demain sera un jour encore faste: le tir au pigeons va continuer. Et Farida pourra compter les morts et les blessés, couper des bras, coudre des ventres, dire à une enfant que toute sa famille est en bouillie, car les sol/sol c'est efficace. D'ailleurs c'est français, des deux côtés. Tuons français, pour la sauvegarde des emplois, vivre et travailler au pays. Tu parles tout seul? Oui, pardon Kader, je pensais à autre chose. Tu as de la chance ou bien tu mens, retorque Rachid, qui s'endort sur une assiette de boulettes aux piments. Un poème revient et lance mes rêveries comme un ruban au cul d'un cerf-volant: "Un enfant il courait l'avion est arrivé doucement descendu silence de papier il planait l'enfant s'est envolé sur la pointe d'une aile et saluant les hommes d'un revers de la main il agitait l'espoir mais personne ne vint" La porte s'ouvrit brusquement. Farida entra comme un SCUD dans une cabane en planches... Elle agita la main aux deux autres et me tendi |
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