Dérivé du tchèque robota - servage, travail forcé ou tâche pénible - robot a été introduit par l'écrivain tchèque Karel ?apek dans la pièce de théâtre Rossum's Universal Robots, en 1920.
C'est une preuve scientifique de la mise en dramaturgie du journal télévisé. La Catharsis au pouvoir en dit long sur les préoccupations de "nos" journalistes.
Festival du Film et des Médias de Lure La 2ème Edition du Festival du Film et des Médias de Lure « Des Regards (d') Aiguisés » au Cinéma Espace Méliès du 15 au 20 Avril 2008.
Vienne ton jour, déesse aux yeux si beaux Dans un matin vermeil de Salamine !
Frappe nos c?urs en allés en lambeaux. Anarchie ! Ô porteuse de flambeaux. Chasse la nuit, écrase la vermine, Et dresse au ciel, fût-ce avec nos tombeaux, La claire Tour qui sur les flots domine !
Les cadres sont aujourd'hui la métamorphose de la petite bourgeoisie urbaine des producteurs indépendants, devenue salariée. Ces cadres sont, eux aussi, très diversifiés, mais la couche réelle des cadres supérieurs, qui constitue pour les autres le modèle et le but illusoires, tient en fait à la bourgeoisie par mille liens, et s'y intègre plus souvent encore qu'elle n'en vient. La grande masse des cadres est composée de cadres moyens et de petits cadres, dont les intérêts réels sont encore moins éloignés de ceux du prolétariat que ne l'étaient ceux de la petite bourgeoisie - car le cadre ne possède jamais son instrument de travail -, mais dont les conceptions sociales et les rêveries promotionnelles se rattachent fermement aux valeurs et aux perspectives de la bourgeoisie moderne. Leur fonction économique est essentiellement liée au secteur tertiaire, aux services, et tout particulièrement à la branche proprement spectaculaire de la vente, de l'entretien et de l'éloge des marchandises, en comptant parmi celles-ci le travail-marchandise lui-même. L'image du genre de vie et des goûts que la société fabrique expressément pour eux, ses fils modèles, influence largement des couches d'employés pauvres ou de petits-bourgeois qui aspirent à leur reconversion en cadres ; et n'est pas sans effet sur une partie de la moyenne bourgeoisie actuelle. Le cadre dit toujours " d'un côté ; de l'autre côté ", parce qu'il se sait malheureux en tant que travailleur, mais veut se croire heureux en tant que consommateur. Il croit d'une manière fervente à la consommation, justement parce qu'il est assez payé pour consommer un peu plus que les autres, mais la même marchandise de série : rares sont les architectes qui habitent les gratte-ciel arriérés qu'ils édifient, mais nombreuses sont les vendeuses des boutiques de simili-luxe qui achètent les vêtements dont elles doivent servir la diffusion sur le marché. Le cadre représentatif est entre ces deux extrêmes ; il admire l'architecte, et il est imité par la vendeuse. Le cadre est le consommateur par excellence, c'est-à-dire le spectateur par excellence. Le cadre est donc, toujours incertain et toujours déçu, au centre de la fausse conscience moderne et de l'aliénation sociale. Contrairement au bourgeois, à l'ouvrier, au serf, au féodal, le cadre ne se sent jamais à sa place. Il aspire toujours à plus qu'il n'est et qu'il ne peut être. Il prétend, et en même temps il doute. Il est l'homme du malaise, jamais sûr de lui, mais le dissimulant. Il est l'homme absolument dépendant, qui croit devoir revendiquer la liberté même, idéalisée dans sa consommation semi-abondante. Il est l'ambitieux constamment tourné vers son avenir, au reste misérable, alors qu'il doute même de bien occuper sa place présente. Ce n'est point par hasard (cf. De la misère en milieu étudiant) que le cadre est toujours l'ancien étudiant. Le cadre est l'homme du manque : sa drogue est l'idéologie du spectacle pur, du spectacle du rien. C'est pour lui que l'on change aujourd'hui le décor des villes, pour son travail et ses loisirs, depuis les buildings de bureaux jusqu'à la fade cuisine des restaurants où il parle haut pour faire entendre à ses voisins qu'il a éduqué sa voix sur les haut-parleurs des aéroports. Il arrive en retard, et en masse, à tout, voulant être unique et le premier. Bref, selon la révélatrice acception nouvelle d'un vieux mot argotique, le cadre est en même temps le plouc. Dans ce qui précède, c'est bien sûr pour garder la simplicité du langage théorique que nous avons dit " l'homme ". Il va de soi que le cadre est en même temps, et même en plus grand nombre, la femme qui occupe la même fonction dans l'économie, et adopte le style de vie qui y correspond. La vieille aliénation féminine, qui parle de libération avec la logique et les intonations de l'esclavage, s'y renforce de toute l'aliénation extrême de la fin du spectacle. Qu'il s'agisse de leur métier ou de leurs liaisons, les cadres feignent toujours d'avoir voulu ce qu'ils ont eu, et leur angoissante insatisfaction cachée les mène, non à vouloir mieux, mais à avoir davantage de la même " privation devenue plus riche ". Les cadres étant fondamentalement des gens séparés, le mythe du couple heureux prolifère dans ce milieu quoique démenti, comme le reste, par la réalité la plus immédiatement pesante. Le cadre recommence essentiellement la triste histoire du petit-bourgeois, parce qu'il est pauvre et voudrait faire croire qu'il est reçu chez les riches. Mais le changement des conditions économiques les différencie diamétralement sur plusieurs points qui sont au premier plan de leur existence : le petit-bourgeois se voulait austère, et le cadre doit montrer qu'il consomme tout. Le petit-bourgeois était étroitement associé aux valeurs traditionnelles, et le cadre doit suivre en courant les pseudo-nouveautés hebdomadaires du spectacle. La plate sottise du petit-bourgeois était fondée sur la religion et la famille ; celle du cadre est liquéfiée dans le courant de l'idéologie spectaculaire, qui ne lui laisse jamais de repos. Il peut suivre la mode jusqu'à applaudir l'image de la révolution (?)
Guy Debord, Gianfranco Sanguinetti
in« Thèses sur l?Internationale situationniste et son temps »