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Blog de Claire Panier-Alix, auteur de fantasy
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Présentation du site Blog de Claire Panier-Alix, auteur de fantasy :
écrivain de romans de Fantasy et Fantastique, notamment remarquée par sa trilogie "La Chronique Insulaire" publiée aux éditions Nestiveqnen. Très largement inspirée par Tolkien, Farmer, Meyrinck, ou encore Moorcock, elle allie philosophie, mythologies et métaphysique dans des récits d'aventure épique réservés à un lectorat adulte aimant allier le fond et la forme. Un roman maya-tolteque va paraître aux éditions Mango, collection "Royaumes Perdus"
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Site/blog proposé par : Claire Panier-Alix
- Ville : PARIS 12EME ARRONDISSEMENT
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Derniers posts : Claire PANIER-ALIX : de l'imaginaire...
| IMAGINALES (EPINAL) : 19 -25 MAIWed, 30 Apr 2008 15:46:00 +0000Programme (personnellement j'y serai du vendredi am au dimanche soir)
Ce programme est à titre indicatif, il est susceptible d?être modifié
PARIS - Lundi 19 mai
* 17h30 Fnac Saint-Lazare RENCONTRE-SIGNATURE AVEC ROBIN HOBB
NANCY - Mercredi 21 mai
* 17h30 Forum de la Fnac RENCONTRE AVEC ROBIN HOBB
ÉPINAL - Jeudi 22 mai
* 11h COUP D?ENVOI DES IMAGINALES 2008 avec Michel Borderie, Johan Heliot, Robin Hobb, Sean Russell, Tad Williams
* 14h Magic Mirror Café littéraire 01 ÉCRIRE DU FANTASTIQUE jeu sur la peur ou la lecture de soi ? avec Francis Berthelot, Mélanie Fazi, Sire Cédric
* 15h Magic Mirror Café littéraire 02 DE L?AÉROGRAPHE À LA PALETTE GRAPHIQUE... dégradation du métier ou liberté accrue de l?artiste ? avec Charline Bénard, Michel Borderie, Gilles Francescano, Pascal Yung
* 16h Magic Mirror Café littéraire 03 ÉCRIRE POUR LES ADOLESCENTS... quelles limites ? avec Alain Grousset, Johan Heliot, Nathalie Le Gendre
* 17h Magic Mirror Café littéraire 04 DISTRAIRE : UN « GROS MOT » ? la fantasy, une lecture plaisir... avec Pierre Bottero, Don Lorenjy, Jean-Philippe Jaworski, Sean Russell
* 17h Espace Cours Table ronde MADAME BOVARY, C?EST MOI ! se mettre à distance ou s?impliquer dans son ?uvre ? avec Francis Berthelot, Jeanne Cressanges, Sire Cédric, Marc Vassart
* 17h Promenade Contée MADAME-CLAIRE DESMETTE Comment ? Commencements ?
* 18h Magic Mirror Café littéraire 05 POUR PATRIE, L?ESPACE ? hommage à Arthur C. Clarke avec Ayerdhal, Philippe Curval, Jean-Claude Dunyach, Jean-Marc Ligny
* 18h Espace Cours Conférence-débat ÉCRIVAIN PROFESSIONNEL AUX ÉTATS-UNIS la fantasy et son public avec Tad Williams
* 19h Magic Mirror Café littéraire 06 ÉCRIRE DE LA LITTÉRATURE HAUTE... les auteurs d?imaginaire manquent-ils d?ambition ? avec Ange, Francis Berthelot, Élise Fischer, Robin Hobb
ÉPINAL - Vendredi 23 mai
* 10h Magic Mirror Café littéraire 07 DIALOGUE : SEAN RUSSELL & TAD WILLIAMS écrire de la fantasy aujourd?hui
* 10h Espace cours Conférence-débat CRÉATURES ET HÉROS un japon légendaire... avec Sylvain Jolivalt
* 11h Magic Mirror Café littéraire 08 LA VIE DES UNS, LA VIE DES AUTRES quand le roman nous entraîne ailleurs avec Ayerdhal, Pierre Bottero, Jeanne Cressanges, Élise Fischer
* 11h Espace cours Table ronde NOURRITURES CÉLESTES, NOURRITURES TERRESTRES... manger dans l?imaginaire avec Philippe Curval, Alain Grousset, Claude Ecken
* 12h30 Déjeuners avec Pierre Bottero, Élise Fischer
* 14h Magic Mirror Café littéraire 09 HISTOIRES ALTERNATIVES et autres uchronies avec Alain Grousset, Johan Heliot, Xavier Mauméjean, Jérôme Noirez
* 14h Espace cours Table ronde LES MILLE ET UNE FANTASY variations sur un genre... avec Érik l?Homme, Michel Robert, Pierre Pevel, Brice Tarvel
* 14h COMPAGNIE DU LYSANDORE Dulcinéa
* 15h Magic Mirror Café littéraire 10 CA VOUS VIENT COMMENT, DES IDÉES PAREILLES ? la « boîte à imaginaire » des écrivains... avec David Calvo, Jean-Claude Dunyach, Mélanie Fazi, Nathalie Le Gendre
* 15h Espace cours En collaboration avec la Médiathèque d?Épinal-Golbey RENCONTRE-LECTURE AVEC ANGE
* 16h Magic Mirror Café littéraire 11 HISTOIRE COLLECTIVE, HISTOIRES PRIVÉES écrire du roman historique avec Patrick Banon, Muriel Carminati, Pierre Pelot, Michel Subiela
* 16h Espace cours REMISE DU PRIX IMAGINALES DES LYCÉENS en présence du récipiendaire
* 17h Promenade contée MARIE-CLAIRE DESMETTE voyage dans les mythes des dieux et des hommes
* 17h Magic Mirror Café littéraire 12 DE BROCÉLIANDE EN AVALON... fascination de la fantasy celtique avec Lucien Chenu, Nathalie Dau, Lionel Davoust, Robin Hobb, Élisabeth Vonarburg
* 18h Magic Mirror Café littéraire 13 RÊVER LE FUTUR cauchemar ou espérance ? avec Claire et Robert Belmas, Jean-Marc Ligny (Prix Une Autre Terre 2007), Marc Vassart
* 18h Espace cours Table ronde LA NASA A CINQUANTE ANS ! que reste-t-il de nos rêves d?espace ? avec Ayerdhal, Pierre Bordage, Jean-Pierre Luminet, Carina Rozenfeld
* 19h Magic Mirror Café Littéraire 14 ENTRETIEN AVEC... SEAN RUSSELL
* 19h BALADE CONTÉE... avec Jean-Marie Bach
* 20h30 Planétarium Belle-Étoile UNE HISTOIRE DU CIEL... du XVIIème siècle à demain ! avec Jean-Pierre Luminet
ÉPINAL - Samedi 24 mai
* 9h Espace cours Petit déjeuner avec AYERDHAL et HENRI LOEVENBRUCK
* 10h Magic Mirror Café littéraire 15 LES ENFANTS DE TOLKIEN entre influence et rupture... avce Pierre Bottero, David Camus, Michel Robert, Sean Russell
* 10h Espace cours SORCIERS, ÊTRES SURNATURELS, MORTS ET REVENANTS croyances populaires, entre tradition et superstition avec Marie-Charlotte Delmas
* 10h30 Conte musical GILGAMESH par la Compagnie du Capitaine
* 11h Magic Mirror Café littéraire 16 COUP DE C?UR DES IMAGINALES 2008 entretien avec Mélanie Fazi
* 11h Espace cours Conférence débat PUBLIER DE L?IMAGINAIRE EN FRANCE... marketing ou passion de faire lire ? avec Xavier Mauméjean, Hélène Ramdani, Mireille Rivalland
* 12h Spectacle déambulation SALOMÉ ET SON FAUNE par la Compagnie du Lysandore
* 12h30 Deux déjeuners publics en ville l?un avec ROBIN HOBB (en anglais) l?autre avec JEAN-PIERRE LUMINET
* 14h Magic Mirror Café littéraire 17 DES ELFES ET DES FÉES avec les êtres du monde invisible avec Nicolas Bouchard, Édouard Brasey, Jean-Louis Fetjaine, Tad Williams
* 14h Espace cours Conférence débat RACONTEUR D?HISTOIRES... Créer pour partager ! avec Bernard Werber
* 15h Magic Mirror Café littéraire 18 HISTOIRE RÉCENTE... (1914-1918, 1939-1945...) histoires dangereuses ! avec Didier Daeninckx, Johan Heliot, Roger Martin, Martin Winckler
* 15h Espace cours Table ronde LA FANTASY : UNE NOUVELLE MYTHOLOGIE ? les racines mythologiques du genre avec Jean-Louis Fetjaine, Pierre Grimbert, André-François Ruaud, Élisabeth Vonarburg
* 15h Spectacle LA LÉGENDE DE BÉLÉGOST par la Compagnie Lysandore
* 16h Magic Mirror Café littéraire 19 CES SÉRIES TÉLÉ QUI FASCINENT un imaginaire cathodique avec Hervé Nicolas, Pierre Pelot, Martin Winckler
* 16h Espace cours Conférence-débat LES CRÉATURES ARTIFICIELLES entre science et imaginaire avec Jean-Claude Heudin
* 16h30 Conte musical LES AVENTURES DE MERLIN par la Compagnie du Capitaine
* 17h Magic Mirror Café littéraire 20 ENTRETIEN AVEC... ROBIN HOBB une Américaine soucieuse d?universel
* 17h Espace cours Conférence-débat PRÉSERVER LES ESPECES ANIMALES... un enjeu pour l?humanité ? avec Marc Vassart
* 18h Magic Mirror Café littéraire 21 AVANT LE MONDE CHRÉTIEN... il y avait des hommes ! avec Patrick Banon, Muriel Carminati, Michel Pagel
* 18h Espace cours Conférence-débat LA DISCORDE CÉLESTE ou comment se constitue une image de l?univers avec Jean-Pierre Luminet
* 18h30 Auditorum de la Louvière REMISE DES PRIX IMAGINALES 2008 / CONCERT DE L?ORCHESTRE D?HARMONIE D?EPINAL en présence de Michel Heinrich, député-maire, et du jury. Le traditionnel concert de printemps associé à la remise des Prix : un voyage musical dans l?imaginaire ! Au programme : la Symphonie n°1 The Lord of the Rings (Gandalf), Johan de Meij. Harry Potter et la pierre philosophale, John Williams, The Bringer of war (Mars), Gustav Holst. Nostradamus, Otto Schwarz. Tom Sawyer Suite, Franco Cesarini. Les Prix Claude-Seignolle et Une Autre Terre seront également décernés.
* 19h Magic Mirror Café littéraire 22 LES ENFANTS DES TROIS MOUSQUETAIRES... la fantasy historique avec Jean-Philippe Jaworski, Laurent Kloetzer, Henri L?venbruck, Pierre Pevel
ÉPINAL - Dimanche 25 mai
* 10h Magic Mirror Café littéraire 23 VAMPIRES entre angoisse et fascination avec Charlotte Bousquet, Guillaume Lebeau, Michel Pagel, Sire Cédric
* 10h Espace cours Table ronde LA LAMPE À HUILE, LA CHARETTE À BRAS ET LE PROGRES l?avenir énergétique en question(s) avec Robert Belmas, Jean-Claude Dunyach, Jean-Marc Ligny
* 11h Magic Mirror Café littéraire 24 FAUT RIGOLER ! humour et imaginaire avec Audrey Françaix, Hervé Nicolas, Roger Wadier, Tad Williams
* 11h Espace cours Conférence-débat PSYCHANALYSE ET CONTES DE FÉES l?inconscient à l??uvre avec Christine Poisson-Lepoire
* 11h Conte musical L?ÉPOPÉE D?ULYSSE par la Compagnie du Capitaine
* 12h30 Deux déjeuners publics en ville avec DIDIER DAENINCKX et BERNARD WERBER
* 14h Magic Mirror Café littéraire 25 SORCIERES ! deux ou trois choses que je sais d?elles... avec Marie-Charlotte Delmas, Mélanie Fazi, Michel Pagel, Jacques Roehrig
* 14h Espace cours Table ronde ÉCRIRE DE LA SCIENCE-FICTION... pour parler d?aujourd?hui ! avec Éric Boisset, Pierre Bordage, Catherine Dufour, Érik L?Homme, Bertrand Puard
* 15h Magic Mirror Café littéraire 26 COMPLOTS D?HIER ET D?AUJOURD?HUI entre actualité et imaginaire... avec Didier Daeninckx, Olivier Delcroix, Henri L?venbruck, Jean-Marc Ligny
* 15h Espace cours Table ronde PARLER DU PASSÉ... éclairer le présent ! avec Patrick Banon, Élise Fischer, Gilles Laporte, Michel Subiela
* 16h Magic Mirror Café littéraire 27 PORTEURS D?ÉPÉES ET JETEURS DE SORTS les archétypes de la fantasy avec Ange, David Camus, Robin Hobb, Claire Panier-Alix
* 16h Espace cours Conférence-débat LE CONTE MODERNE... âmes d?enfant, douleurs d?adulte... avec Patricia Gaillard, Chantal Robillard, Alixe Schmitzberger
* 16h Conte musical CHRONIQUES DE MARS par la Compagnie du Capitaine
* 17h Magic Mirror Café littéraire 28 SUPER HÉROS ET VRAIS PAUMÉS quand l?aventure part en vrille... avec Gérald Bronner, Jérôme Camut, Didier Daeninckx, Pierre Pelot
* 17h Espace cours Table ronde FUTUR EN DÉRIVE alerter ou jouer à faire peur avec Don Lorenjy, Jacques Mondoloni, Élisabeth Vonarburg, Bernard Werber
* 18h Magic Mirror Café Littéraire 29 L?IMAGINAIRE EN QUESTION(S) vers la fusion de genres ? avec Pierre Bordage, Johan Heliot, Xavier Mauméjean, Michel Pagel
STRASBOURG - Lundi 26 mai
* 17h30 Forum de la Fnac RENCONTRE AVEC TAD WILLIAMS | Critique "les songes de Tulà"Wed, 23 Apr 2008 14:10:00 +0000Une première critique sur le site www.choisirunlivre.comSujet : Le roi Topiltzin a décidé de renoncer aux sacrifices humains, ce qui n'est pas du goût des prêtres qui, voyant arriver le moment tant redouté du Katun (moment où les dieux basculent un monde dans le néant pour en bâtir un nouveau), exigent des morts. La conspiration enfle, les rivalités apparaissent au grand jour. Bien malgré elle, la princesse Itzil, à laquelle est attaché Nah, un Indien yaqui, sera entraînée dans ces terribles querelles. Commentaire : Dès les premières lignes, ce roman, écrit par une médiéviste spécialiste des symboles, entraîne le lecteur au Xème siècle, au sein d?une tribu maya : les Toltèques qui développèrent une brillante civilisation. L?intrigue est rondement menée : la quête qu?entreprend le narrateur ? jeune héros à la fois réfléchi et téméraire - est parsemée de rebondissements et de doutes successifs : les dieux pouvant prendre possession des âmes ou des corps et se jouer des mortels. Les personnages sont bien campés : vils ou attachants, ils suscitent un intérêt certain. Le rythme narratif est alerte ; l?écriture simple. Ce livre jeunesse est bien adapté à une première approche du fantastique historique, même s?il demande parfois au lecteur des efforts pour se plonger dans cette civilisation lointaine aux coutumes très complexes, qui peuvent nous apparaître violentes. Un glossaire, en fin de recueil, apporte quelques informations utiles pour mieux cerner la période traitée. 299 pages - 13 x 20 cm - ISBN 13 : 9782740423868 - Avril 2008 - 9 ? ROMAN FANTASTIQUE COP | NEWS : INTERVIEWWed, 23 Apr 2008 08:56:00 +0000Une interview sur "Les songes de Tulà" paraîtra dans la revue Khimera en juillet, et, dans sa version longue, sur le site de la revue. | PARUTION : JOUR JThu, 10 Apr 2008 19:46:00 +0000 Ayé ! le grand jour est arrivé, LES SONGES DE TULA sortent enfin... C'est étrange de penser à cette aventure maya et à cette année, si "bousculante". Le roman sort, déjà des connaissances l'ont reçu en SP, et la responsable de com a reçu une demande d'interview. Mon Quetzalcoàtl bien aimé peut à présent prendre son essor, je le laisse aller bien volontiers, et je lui souhaite de séduire d'innombrables petiots. Oui, qu'ils l'aiment et le craignent comme je l'aime et comme l'a craint et aimé Nah, mon jeune héros, au point qu'ils aient envie de découvrir cette merveilleuse et fascinante culture maya. Qu'ils projettent de se rendre au Mexique, qu'ils n'attendent pas aussi longtemps que moi pour réaliser leurs rêves. Vous savez quoi ? la vérité, c'est que dans ce roman, j'ai été bien ambitieuse. Plus qu'une aventure exotique, plus qu'un jeu tantôt poétique tantôt réaliste, j'ai essayé de trancher dans le vif. Montrer que les civilisations lointaines et disparues ne se limitent pas aux clichés ressassés qu'on diffuse sans arrêt, à tous vas, même si c'est bien fait. Montrer les choses de l'intérieur, par d'autres yeux et interprêtations que les nôtres. Je ne sais pas si j'y suis parvenue, et si j'ai réussi mon coup, si cela a la moindre chance d'être perçu ou apprécié. Mais cela n'est pas grave, pourvu que le roman fonctionne. Chacun y trouvera ce qu'il voudra, c'est toujours comme cela... Mais si on peut se dire en le refermant que les Mayas, c'est autre chose que le film (raté et mensonger) de Mel Gibson, Apocalypto, eh bien tant mieux. Je suis allée au Mexique l'an dernier, je l'ai arpenté d'est en ouest. Alors que j'étais en plein dans l'écriture de "Tulà", j'en visitais les vestiges. Je mettais mes pas dans ceux de mes personnages, je touchais les pierres sur lesquelles Itzil et Nah s'étaient assis pour regarder les frondaisons de la forêt désormais disparue, les têtes de Kukulkan sculptées par le père de Nah pour le nouveau temple du serpent à plumes... Je me trouvais sous leur ciel et sous leur soleil. Et c'était un sentiment que je n'avais jamais expérimenté jusqu'alors. J'étais entourée de ruines, et de fantômes. Les vivants étaient dans mes pages. Je pouvais les voir, je voulais faire parler les pierres, aller au-delà des blablas du guide qui nous accompagnait en récitant sa leçon. Tout prenait un autre sens : ici, on avait vécu, et l'histoire allait bien au-delà de cérémonies sanguinolentes dont on ne sait pas grand chose et qu'on interprète sans doute de travers. Une civilisation était née et avait disparu ici, avec une vie quotidienne, une mystique, des légendes, des croyances, des histoires pour les enfants, des récits épiques, une littérature (merci à l'Eglise d'avoir brûlé tout cela !) et j'en passe. Nous vivons dans un monde bien compartimenté : il y a la réalité, et la fiction. L'imaginaire, c'est joli, mais la vie c'est autre chose. Il y a l'Histoire avec un grand H, et les histoires pour enfants. Là-bas, c'est différent, les dimensions restent intimement imbriquées, et cotoyer des dieux n'est pas de la fantasy. Tout ce qui a un rapport avec la vie et la mort a une part de divin et interragit avec notre monde, que ce soient les éléments (Quetzalcoàtl), les émotions (Tezcatlipoca), ou la nature (dieux du maïs, de la pluie, dieu jaguar...). Car rien n'existerait sans pluie ni soleil, tout appartient à une chaîne, et pour que celle-ci ne soit pas rompue, il faut que chacun donne de soi. Ainsi les dieux se sacrifient et les hommes se sacrifient. Chacun a son rôle à jouer, sa place. Et le plus puissant n'est pas celui qui sacrifie le moins. Voilà ce que j'ai essayé de raconter dans ce roman. | Lecture du momentWed, 02 Apr 2008 17:48:00 +0000  Vendredi dernier, j'étais d'humeur tristounette. Les semaines sont longues, en ce moment, et mes attaques migraineuses n'arrangent rien. Au boulot, je suis comme beaucoup entourée de gros c... de bras cassés qui n'en fichent pas une à part se rengorger et prétendre le contraire, et côté famille, les soucis s'accumulent. Bref, prises de tête tous azimuts, nécessitant des mesures draconniennes. A part les sorties avec les amis, et les voyages (mais monsieur mon banquier trouverait que j'abuse, un mois après l'Egypte...), je ne connais qu'une chose pour parer les petits désagréments de tout un chacun : le shopping. Et moi, je suis trop vieille, trop gironde et trop fauchée pour courir les boutiques de sapes. En plus, elles sont moches, leurs fringues. Il y a mieux à faire, un vendredi pluvieux de mars : par exemple, aller traîner près de Gibert... J'ai dégotté d'occase deux beaux livres que je reluquais depuis un moment, et qui ont un intérêt certain pour débrider ma conscience en sortant ma CB. C'est rien que de la documentation pour le travail ! (merci Joseph, l'argument est roi et je ne te remercierai jamais assez de me l'avoir passé façon relais). Alors voilà, j'ai passé une bonne partie de la semaine à feuilleter ces deux bouquins consacrés à la mer, aux pirates, aux flibustiers, aux grands découvreurs : Il me reste à acheter le 3e volet, consacré aux explorateurs. Verdict : Une belle iconographie, une mise en page sobre, un très beau papier, et des textes qui se lisent comme un roman. Bon, le style est inégal, parfois un peu haché, parfois lyrique, mais le découpage est très prenant. C'est l'histoire racontée sous la forme de souvenirs, ceux de Louis XIV, ceux de Jeanne la Lionne, ceux de Barberousse, etc.. Et à chaque fois, l'occasion de raconter un siècle, au delà des civilisations. Plus que de simples biographies de pirates, c'est d'époques et de mentalités qu'il s'agit. On vit les choses de l'intérieur, on croit comprendre les mentalités et les choix de vie des uns et des autres, on découvre des cultures... bref, c'est bien chouette. il ne me reste plus qu'à aller voir le calmar géant ce weekend, et de cocooner en regardant une énième fois les mines du roi salomon (avec Stewart Granger), avant d'écrire le 5e chapitre de mon roman en cours. tiens, à propos, la semaine prochaine, normalement, LES SONGES DE TULA seront en librairie... | Et une bouteille de rhum ! (séquence autocongratulation)Thu, 20 Mar 2008 21:17:00 +0000et hop !
je viens de boucler le 3e chapitre de mon nouveau roman,50 000 signes, voilà une affaire qui roule !
chi ben contente, moi, parce que le plus difficile c'est toujours de commencer. Une fois qu'on est dans le bain, y a plus qu'à faire la planche...
aaaaaaaaaaaaaah
c'est bien cool, tout ça. Je ne sais pas ce que ça donnera, mais au moins je m'amuse bien. | OYEZ OYEZ !Sun, 16 Mar 2008 06:24:00 +0000 cliquez pour avoir le document en peine page ! | NESTI AU SALON DU LIVRE : PROGRAMMESun, 09 Mar 2008 09:31:00 +0000SALON DU LIVRE DE PARIS
STAND DES EDITIONS NESTIVEQNEN (U17)
vendredi 14 mars : 16h17h Mélanie Fazi, Claire Panier-ALix, Nicolas Cluzeau (NB : je serai présente de 12h à 19h)
samedi 15 mars : 13h 14h Charlotte Bousquet, Nicolas Cluzeau 14h 115h Didier Quesne 15h 16h Catherine Dufour, Luc Verdier 16h 17h François Darnaudet, Fabienne Leloup, Manou Chintesco 17h18h Claire Panier-Alix, Mélanie Fazi (NB : Je serai présente de 9h30 à 19h)
Dimanche 16 mars 13h 14h Charlotte Bousquet, Nicolas Cluzeau 14h 15h Claire Panier-Alix, Mélanie Fazi 15h 16h Catherine Dufour 16h 17h Fabienne Leloup, Manou Chintesco (NB : Je serai présente de 9h30 à 19h)
Mardi 18 mars 19h-20h Charlotte Bousquet, Nicolas Cluzeau
Mercredi 19 mars 15h 16h Nicolas Cluzeau | SALON DU LIVRE DE PARIS du 14 au 16 marsTue, 04 Mar 2008 14:30:00 +0000 Je serai sur le stand des éd. Nestiveqnen, stand U17 Vendredi 14 mars de 16h à 17h Samedi 15 mars de 17h à 18h Dimanche 16 mars de 14h à 15h en attendant, j'ai mis à jour mon site, et notamment mis en ligne les albums de mes séjours au Mexique (à l'origine des "Songes de Tulà") et en Egypte, près de 2000 clichés : ICI | EgypteTue, 04 Mar 2008 09:20:00 +0000L'album photo de ma croisière en Haute-Egypte se trouve ici | | Sur le départ...Wed, 20 Feb 2008 18:58:00 +0000vite vite vite, quelle file cette semaine ! encore 3 jours avant le départ... Mais déjà, je voyage, en relisant H. Ridder Haggard, "Elle qui-doit-être-obéie". J'ai hâte d'être sur le Nil, en train de siroter une spécialité locale en poursuivant ce cycle d'aventure et de fantastique magistral. On en connait surtout "les mines du roi Salomon" et "Elle et Allan Quaterman", mais je conseille vivement à tout le monde de se plonger dans les premiers volets, "Elle et la source de feu", "le retour d'Elle" et "la fille de la sagesse"... | AutosatisfactionMon, 18 Feb 2008 23:16:00 +0000Oh que cette semaine, ultime marathon avant les vacances et le soleil égyptien, commence bien !
il n'est que minuit quinze et après deux semaines de prises de tête et de tatônnements, je viens de boucler le premier chapitre de mon prochain roman. Bien sûr, c'est un premier jet, mais il est venu tout seul, fluide, évident, ce soir, signe que je suis sur la bonne voie. J'ai désormais mon accroche, ma tonalité, et mon narrateur.
à présent, vogue la caraque !
ou, comme dirait mon petit frère : c'est (re)parti mon kiki.
(moralité : rien ne vaut un chouette weekend avec des gens bien pour se remettre d'aplomb, et j'ai toujours tort de jouer les tortues quand ça ne va pas). | QUI VEUT LE PROGRAMME ?Sun, 17 Feb 2008 18:28:00 +0000Après un samedi très réussi au festival ZONE FRANCHE de Bagneux, qui s'est achevé par le concert des Naheulbeuk auquel j'avoue n'avoir rien compris (désolée Johnny, je t'aime beaucoup et j'écoute les sketches depuis des ans et des ans, mais là je devais être out, je suis restée complètement hermétique)...
Après un dimanche ressourçant à la salle Pleyel où se jouait du Malher et la 5è symphonie de Brüchner (ah ce dernier mouvement, ça claque !)...
je prépare ma valoche. Samedi prochain : pfttttt ! je m'envole pour Louxor et une remontée du Nil. A moi, Abu Simbel !
je reviendrai pour le salon du livre de Paris, sur le stand des éd. Nestiveqnen, en forme et pleine de nouveaux projets c'est certain : stand U17
Vendredi 14 mars de 16h à 17h Samedi 15 mars de 17h à 18h Dimanche 16 mars de 14h à 15h | Dédicace 16 février : Festival ZONE FRANCHE à BagneuxMon, 11 Feb 2008 07:44:00 +0000 14h - 19h plus d'infos ICISALLE DES FETES LEO FERRE Parking gratuit En voiture : à partir de la Porte d'Orléans, prendre l'avenue Aristide Briand (nationale 20), tourner à droite dans la rue des Meuniers puis 1ère à gauche rue Charles Michels RER B : arrêt Bagneux Transports en commun : RER B : arrêt Bagneux 188 (de la Porte d'Orléans) : arrêt Pasteur-Meuniers (jusqu'à 21h) | Melville, suite...Thu, 07 Feb 2008 20:47:00 +0000Vraiment, quel texte ! (extrait)
Ses trois pirogues défoncées autour de lui, les avirons et les hommes pris dans les remous, un capitaine, arrachant à sa proue brisée le couteau à trancher la ligne, avait bondi vers la baleine, et dans un corps à corps digne de l?Arkansas sur son adversaire, cherchait aveuglément à atteindre, avec une lame de six pouces, sa vie enfouie à une toise de profondeur. Achab fut ce capitaine. Et c?est alors que, glissant soudain sous lui la faucille de sa mâchoire, Moby Dick avait moissonné la jambe d?Achab, comme le faucheur une feuille d?herbe dans les champs. Aucun Turc enturbanné, aucun mercenaire vénitien ou malais, n?aurait pu le frapper avec une plus apparente malice. On ne peut guère douter que ce fut à partir de cette rencontre, presque fatale, qu?Achab ait nourri envers la baleine une fureur vengeresse. Sa frénésie maladive s?accrût encore du fait qu?il l?identifiait non seulement à toutes ses douleurs physiques mais encore à toutes ses révoltes de l?esprit. La Baleine blanche nageait devant lui, obsédante incarnation de ces puissances néfastes dont certaines natures profondes se sentent dévorées jusqu?à ce qu?elles ne leur laissent pour vivre qu?un demi-c?ur et un demi-poumon. Devant ce mal spirituel originel auquel les chrétiens modernes reconnaissent la possession de la moitié des mondes et dont les anciens ophites avaient fait une idole à laquelle ils rendaient un culte... Achab ne s?inclinait pas comme eux pour l?adorer mais, dans son délire, l?esprit du mal prenait corps dans la Baleine blanche tant haïe et, infirme, il se mesurait à elle. Tout ce qui incline à la folie, tout ce qui torture, tout ce quiremue la vase, toute vérité entachée de venin, tout ce qui fissure les nerfs et encroûte le cerveau, toute intervention démoniaque subtile dans la vie et dans la pensée, tout le mal, pour le dément Achab, c?était l?être visible de Moby Dick à qui l?on pouvait livrer un tangible combat. Sur la bosse blanche de la baleine, il accumulait la révolte et la haine universelles éprouvées par l?humanité depuis Adam et il chargeait le mortier de sa poitrine du brûlant explosif de son c?ur. ET AVEC LE PARAGRAPHE SUIVANT, JE JUBILE, J'APPLAUDIS, JE DEFAILLE :
Il est peu probable que cette obsession ait brusquement germé en lui lors de son amputation ; à ce moment-là, se jetant sur le monstre, le couteau à la main, il avait seulement donné libre cours à une impulsion passionnée de haine charnelle et, lorsqu?il fut déchiré, il ne ressentit vraisemblablement que l?agonie de cette lacération, mais rien de plus. Mais, lorsqu?il fallut, à cause de cela, prendre la route du retour et que, pendant de longs mois faits de longues semaines et de longs jours, Achab se trouva étendu, côte à côte, avec son angoisse dans un même hamac, lorsqu?il fallut doubler en plein hiver le cap hurlant et lugubre de Patagonie, ce fut alors que son corps en lambeaux et son âme poignardée se mirent à saigner l?un dans l?autre et cette osmose le rendit fou. Ce fut alors seulement, lors de ce voyage de retour, après ce combat, qu?il devint la proie de sa monomanie, et par moments sa folie devenait furieuse. Bien que mutilé, une telle force vitale couvait dans sa poitrine égyptienne qu?elle s?amplifiait de son délire et ses seconds durent le ligoter dans son hamac. La berceuse démente des tempêtes le balançait dans sa camisole de force.
ON SE SENT PETITS PETITS, PAS VRAI ? | Melville, suite...Thu, 07 Feb 2008 20:47:00 +0000Vraiment, quel texte : (extrait)
La Baleine blanche na- geait devant lui, obsédante incarnation de ces puissances néfas- tes dont certaines natures profondes se sentent dévorées jusqu?à ce qu?elles ne leur laissent pour vivre qu?un demi-c?ur et un demi-poumon. Devant ce mal spirituel originel auquel les chré- tiens modernes reconnaissent la possession de la moitié des mondes et dont les anciens ophites avaient fait une idole à la- quelle ils rendaient un culte... Achab ne s?inclinait pas comme eux pour l?adorer mais, dans son délire, l?esprit du mal prenait corps dans la Baleine blanche tant haïe et, infirme, il se mesu- rait à elle. Tout ce qui incline à la folie, tout ce qui torture, tout ce qui remue la vase, toute vérité entachée de venin, tout ce qui fissure les nerfs et encroûte le cerveau, toute intervention dé- moniaque subtile dans la vie et dans la pensée, tout le mal, pour le dément Achab, c?était l?être visible de Moby Dick à qui l?on pouvait livrer un tangible combat. Sur la bosse blanche de la baleine, il accumulait la révolte et la haine universelles éprou- vées par l?humanité depuis Adam et il chargeait le mortier de sa poitrine du brûlant explosif de son c?ur. Ses trois pirogues défoncées autour de lui, les avirons et les hommes pris dans les remous, un capitaine, arrachant à sa proue brisée le couteau à trancher la ligne, avait bondi vers la baleine, et dans un corps à corps digne de l?Arkansas sur son adversaire, cherchait aveuglément à atteindre, avec une lame de six pouces, sa vie enfouie à une toise de profondeur. Achab fut ce capitaine. Et c?est alors que, glissant soudain sous lui la fau- cille de sa mâchoire, Moby Dick avait moissonné la jambe d?Achab, comme le faucheur une feuille d?herbe dans les champs. Aucun Turc enturbanné, aucun mercenaire vénitien ou malais, n?aurait pu le frapper avec une plus apparente malice. On ne peut guère douter que ce fut à partir de cette rencontre, presque fatale, qu?Achab ait nourri envers la baleine une fureur vengeresse. Sa frénésie maladive s?accrût encore du fait qu?il Il est peu probable que cette obsession ait brusquement germé en lui lors de son amputation ; à ce moment-là, se jetant sur le monstre, le couteau à la main, il avait seulement donné libre cours à une impulsion passionnée de haine charnelle et, lorsqu?il fut déchiré, il ne ressentit vraisemblablement que l?agonie de cette lacération, mais rien de plus. Mais, lorsqu?il fallut, à cause de cela, prendre la route du retour et que, pen- dant de longs mois faits de longues semaines et de longs jours, Achab se trouva étendu, côte à côte, avec son angoisse dans un même hamac, lorsqu?il fallut doubler en plein hiver le cap hur- lant et lugubre de Patagonie, ce fut alors que son corps en lam- beaux et son âme poignardée se mirent à saigner l?un dans l?autre et cette osmose le rendit fou. Ce fut alors seulement, lors de ce voyage de retour, après ce combat, qu?il devint la proie de sa monomanie, et par moments sa folie devenait furieuse. Bien que mutilé, une telle force vitale couvait dans sa poitrine égyp- tienne qu?elle s?amplifiait de son délire et ses seconds durent le ligoter dans son hamac. La berceuse démente des tempêtes le balançait dans sa camisole de force. | AnniversaireFri, 01 Feb 2008 15:00:00 +0000 Il y a un an jour pour jour, mon père est parti sans prévenir. On dit qu'avec le temps, tout passe. Un an, jour après jour, à penser à lui, à entendre sa voix, à attendre des réponses aux questions que je lui ai posées. Des réponses qui ne viendront plus. Le chagrin reste, j'ai beau savoir qu'il est mort je n'arrive pas à admettre le "à jamais". Un an, et je ne suis toujours pas allée sur sa tombe, parce que je ne suis pas prête. C'est dur d'entendre des "c'est dans l'ordre des choses", "on passe tous par là"... J'ai le cafard. Il fait un temps de chien, ma couette m'appelle. | MéditationThu, 31 Jan 2008 21:56:00 +0000en attendant la sortie de Tulà, j'ai donc remis le nez dans Moby Dick dont j'ai dégotté une édition intégrale (celle que j'avais était révisée et coupée). Quel texte ! au fil des pages je me rends compte à quel point je suis handicapée par ces auteurs hors norme. Je pèche en aimant Meyrinck ou Melville, je sais, mais je me sens proche d'eux bien qu'hélas je me rende compte, de plus en plus, qu'on ne peut plus écrire comme cela. Moby Dick, par exemple, quel roman extraordinaire - je ne parle pas de l'histoire elle-même, on sait combien elle est forte - Sa structure a beau être chaotique, lourde, lyrique, "prêcheuse", encyclopédique, théâtrale, passant d'une longue narration à la première personne à des scènes qui ressemblent à des pièces de théâtre ou à une comédie musicale, des disgressions de l'auteur et des changements de points de vue surréalistes (voix intérieures), sans parler des moments où l'auteur met son narrateur de côté pour apostropher lui-même le lecteur... eh bien pour lourd qu'il puisse paraître il reste envoûtant, lancinant au bon sens du terme (= le lent, long et inexorable cheminement du capitaine Achab, et de son navire sur l'océan), avec des morceaux d'anthologie à toutes les pages. Je ne comprends pas le cheminement mental de l'auteur, et je pense qu'aujourd'hui le roman ne passerait aucun comité de lecture. D'ailleurs, je crois qu'il n'est plus lu, entré dans le cortège des titres connus de tous, décorant les bibliothèques mais que personne n'a lus.
Handicapée, disais-je, parce que j'ai toujours aimé ces textes, les préférant aux romans dits "efficaces" actuels qui me font bailler parce qu'ils manquent de substance et de sens (je vais dire ça comme ça). C'est vrai qu'ils se méritent un peu, mais Diable! Achab, Starbuck et les autres, on aurait pu en faire un roman plus court et plus vif, avec un phrasé moins ampoulé, moins emphatique, mais il ne serait plus qu'un roman d'aventure sur la chasse à la baleine avec une fin connue d'avance. Bien souvent, je le remarque, les histoires les plus fortes reposent sur autre chose que "l'histoire"... Je veux dire que si on résume cette dernière il semble ne pas se passer grand chose, voire cela n'a rien de passionnant. Mais la façon dont c'est raconté, la musique du texte, les interlignes...
Ce que je me demande en ce moment, c'est où réside la magie, le secret de ce type de roman mythique pour moi. A froid, au premier degré, il est évident que Melville en fait trop, qu'il s'écoute, et même qu'il se fiche complètement de perdre ses lecteurs en route. Et cependant, ça marche. Par exemple, il faut attendre pas moins de 150 pages pour qu'Achab apparaisse et qu'on aborde le coeur de l'histoire. Moby Dick ? p 267 pour être évoquée et que la chasse commence. Et cependant, je ne me suis pas ennuyée en lisant la trentaine de chapitres précédents (bon, j'ai sauté l'encyclopédie sur les cétacés, et la composition des baleiniers). Je ne trouve pas la réponse. Je sais que je n'écrirais pas les choses ainsi, estimant qu'une belle phrase de temps en temps suffit, sinon tout est noyé dans un brouhaha épouvantable. Néanmoins, je lis Melville à voix basse, murmurant comme un long poème en prose et il m'envoûte.
c'est grave docteur ? | Citation du jourTue, 29 Jan 2008 21:20:00 +0000"Comme le goéland sans patrie replie ses ailes au coucher du soleil et s'abandonne à la berceuse des flots, ainsi à la tombée du soir le Nantuckais, loin de toute terre, ferle ses voiles et s'étend cependant que sous son oreiller même défilent des troupes de morses et de baleine"
je le redis : il faut lire et relire et murmurer Moby Dick !
Melville, je t'aime depuis longtemps, tu m'as accompagnée en bien des circonstances, tu m'as procuré de l'enthousiasme, de la ferveur, tu m'as endeuillée, tu as nourri mes rages et sublimé certains élans que je ne peux décrire ici. Tu n'es pas le seul, parmi mes chéris, mais tiens, là, en ce moment, tu es mon préféré - Meyrinck me pardonnera, pour une fois. |
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