Anagnosis
Anagnosis |
12 ? Lire, c?est s'ouvrir sur l'infini
Il y a, dans tout acte de lecture, un aveu implicite: celui de l?ignorance, c?est-à-dire d?une absence épistémologique que le texte et son contenu seraient susceptibles de combler. Il y a aussi, pour accompagner ce manque, à la fois le sentiment et la prise de conscience chez le lecteur qu?il existe cette carence et la présence en lui d?une humilité qui ne craint pas de reconnaître ses lacunes, ni n?exprime aucune réserve à s?appuyer sur les connaissances d?autrui afin de combler son déficit.L?ignorance dont il s?agit est bien sûr relative: car qui peut en réali
Lire l'article
|
11 ? Lire, c?est parvenir à la vérité
Nulle lecture, puisqu?elle présuppose un texte sur lequel se pose le regard curieux, interrogateur, pénétrant et perspicace du lecteur, ne saurait se passer de l?auteur, c?est-à-dire de l?agent qui, parce qu?il en a songé la forme et réalisé l?architecture, est à l?origine du sens que convoie le texte. En somme, si le lecteur a la possibilité d?appréhender dans le texte et d?en recevoir une signification intelligible ? qu?elle s?offre à lui spontanément, sous la forme de l?idée qui surgit promptement, ponctuellement et mystérieusement à l?
Lire l'article
|
10 ? Lire, c?est la transformation intérieure de soi
La lecture est une affaire d?intériorisation et d?assimilation, le tout en vue de la transformation des consciences. Voilà ce que nous tenterons de démontrer en ce chapitre.Le poids de la connaissancePosons un problème hypothétique. Nous savons qu?à une époque, il importait presque autant au lecteur de savoir quels étaient les livres qui figuraient à l?intérieur de la bibliothèque des penseurs de renom que de connaître la pensée dont il se serait laissé infuser. Il y avait peut-être là une manière d?apprécier quelle fut la véritable originalité de ces hommes d?e
Lire l'article
|
01 ? Pourquoi «anagnosis» ?
Pourquoi intituler un blog «anagnosis», mot qui en grec veut dire lecture? Pour mieux paraître savant? Pour autrement se rendre intéressant? Ou peut-être simplement pour faire passer un message...On vit dans une culture où lire devient de moins en moins important. La télévision, le cinéma, les films DVD, les disques CD, l'ordinateur et tous les autres moyens de télécommunication avec lesquels nous sommes inondés nous ont décrochés de la lecture et nous ne nous en sentons que mieux. Sans parler de tous ces engins qui, sous prétexte de nous épargner du temps, font passer au plan
Lire l'article
|
02 ? Lire n'est pas uniquement une affaire de texte
Lire, c'est beaucoup plus que simplement identifier les idées et les intentions derrière un texte écrit. C'est aussi, et peut-être surtout, reconnaître ce qu'une situation renferme de particulier, en quoi elle peut offrir des possibilités, quels avantages ou quels désagréments pouvant en résulter et quels sont les risques courus, quels peuvent en être tous les aspects, les facteurs qui la produisent, la continuent et la perpétuent ainsi que les résultantes possibles.Lorsque l'on sait qu'à l'origine, l'écriture tenait à la fois du mystère et du prodige, on comprend mieux quelle
Lire l'article
|
03 ? Lire renvoie au secret, au mystère
Si écrire livre un secret, entendu par là non pas quelque chose qui, sous le coup de l'interdit, ne doive pas être dévoilé, mais quelque chose qui, intime à la réalité ou aux consciences, ne saurait se deviner avec confiance sans qu'elle soit révélée, lire par conséquent, c'est participer à ce secret, c'est accepter de se laisser influencer par lui, c'est à la fois reconnaître son ignorance quant à certaines choses qui échappent à la conscience immédiate et désirer que cette ignorance soit dissipée.Mais c'est plus que cela encore, puisque c'est savoir accorder à une situa
Lire l'article
|
04 ? La lecture, le moment originel d'une insertion dans l'histoire
L'écriture est une forme d'insertion dans l'histoire. Comme toute action d'ailleurs. Car écrire, c'est agir, et en agissant, toute personne laisse sa marque, une trace de son inclusion dans le temps qui constitue une expression et un reflet du genre d'activité qui traduit son passé et jette le pont sur son avenir. Ainsi peut-on considérer, mais non exclusivement comme telle, une vie comme étant l'ensemble de ces actions productrices de traces, lesquelles posséderont la qualité qui résume la nature et la valeur de l'action dont elles émanent.Or, nulle action ne peut s'opérer en dehor
Lire l'article
|
05 ? Lire, le moyen du connaître
Qu'ont en commun les mots «anagnosis», «gnose», «diagnostic», «pronostic» et «agnosticisme»? C'est qu'ils renvoient tous, par la racine grecque sur laquelle ils sont fondés, au concept de connaissance. Avant d'être une secte de l'Antiquité, la gnose est, rappelons-le, la connaissance métaphysique des choses cachées et accessibles uniquement aux esprits disposés à la recevoir. Le diagnostic, c'est l'identification précise et sans ambiguïté d'une condition médicale ou d'une situation empirique, laquelle suppose que l'on en connaisse véritablement à la fois la nature, l'ori
Lire l'article
|
06 ? Lire, c?est choisir
Si le concept de lecture peut être rendu par un mot grec, son étymologie nous renvoie à un terme latin. Car «lire» provient du verbe latin «legere», lequel suggère la notion de «cueillir, recueillir, ramasser».Les arguments étymologiques ne sont pas tout-à-fait étanches lorsqu?il s?agit de rendre compte de l?usage contemporain d?un terme. Car si tout mot a une histoire, si tout concept procède d?un concept plus ancien, lequel peut avoir ses racines dans une langue étrangère ou primitive, le sens qui originalement lui était prêté peut ne pas s?être conservé dura
Lire l'article
|
07 ? Lire, c'est voir d'un regard différent
Lire, c?est voir en somme, mais c?est voir d?une autre façon, en-deçà de ce qui est apparent, mais aussi au-delà. Car si on s?attarde un peu à concevoir ce qui est apparent, ce qui se présente aux sens et leur est immédiatement accessible, en particulier à ceux de l?ouïe et de la vue, on en vient à comprendre que rien de ce qui parvient à l?esprit n?échappe à l?ordonnancement intellectuel que l?on en fait. Le moindre objet qui tombe sous la coupe des sens reçoit un nom, ou est susceptible d?en recevoir un, un nom qui le caractérise dans son unicité et dans s
Lire l'article
|
08 ? Lire, c?est parvenir à l?essence des choses
Si, derrière le mot, rien n?existe; si le mot n?est qu?un son, ou encore une forme linguistique évoquant un son, sans que nulle réalité (objective ou subjective) ne lui corresponde; si le mot n?est qu?un artifice qui laisse croire à une signification profonde, enfouie dans la matrice sémantique de son articulation, alors qu?en réalité n?en existe aucune; si le mot ne fut inventé que pour distraire, à la façon d?une illusion ou d?un mensonge, sans référer à quelque vérité qui ultérieurement en confère une légitimité; si tel est donc la nature du mot, le lan
Lire l'article
|
09 ? Lire, c?est participer à la vie de l?esprit
Pour certains, l'esprit est simplement un épiphénomène, une réalité qui résulte de la conjoncture de phénomènes particuliers, en l'absence de laquelle elle ne saurait prétendre à une existence propre quelle qu'elle soit. En ce qui concerne l'esprit, l'agencement des organes, des tissus et des réactions physiologiques de l'être vivant qui, en association avec l'expérience subjective du mouvement de l'environnement et des changements présents à l'intérieur de celui-ci, serait la cause de son apparition avec la vie. Dès que disparaît la possibilité qu'un tel agencement se produ
Lire l'article
|
Signaler un abus à propos du Blog Anagnosis
|