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| L'information une arme qui échappe à l'AfriqueTue, 01 Jul 2008 11:45:16 GMTL?information, une arme qui échappe à l?Afrique (Le Pays 30/06/2008)
Le dossier Mugabe montre que jour après jour, l?Occident dicte sa loi et l?actualité aux Africains. Ainsi parvient-il à gérer même l?agenda du sommet des chefs d?Etat.
Certes, dans ses rapports avec l?Occident, l?Afrique peut se féliciter du soutien financier et multiforme des actions de coopération, quoique parfois très peu désintéressé. Il est aussi incontestable que le continent bénéficie en Occident de la solidarité constante des médias et de la société civile face aux agressions dont sont victimes les professionnels de la presse et les défenseurs des droits humains.
Leur exigence de transparence dans la gestion des fonds et des élections, la dénonciation de la mal gouvernance, le bâillonnement des libertés en particulier, sont d?un apport considérable. Qu?on se rappelle la mobilisation médiatique autour du dossier des journalistes disparus, abattus ou embastillés, ou de celui des orphélins du Tchad. Mais, force est de reconnaître qu?il y a parfois des abus.
La domination occidentale s?exerce d?abord par le canal des dirigeants politiques dont beaucoup ont démissionné de leurs devoirs. De sorte que depuis notamment La Baule, le Nord se donne une sorte de légitimité et s?instaure même en bonne conscience du continent, parfois au mépris des options des dirigeants et des aspirations des citoyens-électeurs. Et si Kouchner, simple ministre, fût-il le chef de la diplomatie d?une puissance étrangère, peut se permettre d?insulter un chef d?Etat africain quel qu?il soit, c?est bien parce que les dirigeants africains n?ont pas suffisamment de mérite à ses yeux.
Pourquoi alors s?étonner que des Africains applaudissent aux sorties du président Khadaffi de Libye qui défend l?idée d?un panafricanisme débarassé de toute tutelle étrangère, et basé sur la force du travail, la cohésion et la solidarité ?
L?Occident s'impose à l'Afrique parce qu'il exploite ingénieusement le secteur de la culture, de la science et de la technologie. Le transfert des connaissances et des technologies n?a pas toujours lieu dans les bonnes conditions : cela renforce la dépendance de l'Afrique par le biais du financement de la formation et de la recherche.
De plus en plus infantilisés, les Africains subissent la domination occidentale à tous les niveaux. Les masses demeurent analphabétisées, la jeunesse marginalisée et désorientée, sans répères. Les élites, formées pour la plupart au mode de pensée occidental, sont le plus souvent aliénées par les sources d?information extérieures ou simplement corrompues.
Enfin, l?Occident utilise à fond l?arme de l?information. Par le biais de la grande presse qui agite l?opinion, et le Net qui peut facilement disséminer l?intoxication autant que la bonne information. Il apparaît ainsi que l?Afrique perd progressivement son âme pour avoir perdu l?arme de l?information et de la communication si tant est qu?elle ait jamais disposé de cette dernière. Cette perte est considérable depuis le départ du Sénégalais Amadou Mahtar Mbow de la tête de l?UNESCO.
La presse africaine dépend essentiellement des sources d?information occidentales. Personne ne va au Zimbabwe mais chacun rapporte ce qu?elles en disent. C?est dire combien est urgente la réhabilitation de l?agence panafricaine d?information (PANA). Tuée dans l??uf, celle-ci aurait permis aujourd?hui de faire face aux nouveaux défis. Avec l?irruption des satellites, des technologies dont les ordinateurs, les cellulaires, les radios FM qui envahissent le quotidien des Africains et leur imposent des agendas, le formatage de l?esprit des Africains se fait graduellement au profit exclusif de l?Occident.
Les pouvoirs africains qui s?appuient sur les médias extérieurs pour être plus visibles et soigner leur image, subissent aussi le juste retour du boomerang : devenus sujets, ils sont d?autant plus courus par les médias occidentaux qu?ils assassinent, torturent et embastillent très souvent les professionnels de leur propre pays.
Pour sortir de ce cercle vicieux, le continent doit ?uvrer pour davantage de démocratie et d?alternance, préserver et promouvoir sa culture. Il faut promouvoir les médias tout en préservant les libertés démocratiques, développer le partenariat international dans le respect mutuel, renforcer les échanges Sud-Sud.
Il est temps pour certains dirigeants africains de faire respecter les peuples dont ils sollicitent les suffrages, à défaut de se faire respecter eux-mêmes.
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Réagir à l'article | | Maladies tropicales : un milliard de malades « négligés »Mon, 19 May 2008 13:31:34 GMT
Bilharziose, onchocercose, filariose lymphatique ? Ces maladies tropicales sévissent dans les régions les plus pauvres de la planète. Et elles sont en fait, délaissées. Une situation jugée inacceptable par un groupe international de chercheurs, qui appellent à la mise sur pied d?un Fonds mondial de lutte contre les maladies tropicales négligées. Ces dernières il est vrai, touchent un milliard de personnes dans le monde, particulièrement en Afrique, en Amérique du Sud et en Asie.
Ce groupe rassemble des « références » en la matière : le Dr Lorenzo Savioli, directeur du Département des Maladies tropicales Négligées de l?OMS ; le Pr David Molyneux de la Liverpool School of Tropical Medicine de Grande Bretagne et le Pr Tsutomu Takeuchi du Départment de Médecine Tropicale et de Parasitologie Tokyo.
Nous sommes capables aujourd?hui d?éliminer ou au moins de contrôler quelques-unes de ces maladies parmi les plus importantes, en optimisant les dons de médicaments, expliquent-ils. Une optimisation qui devrait passer par la mise en ?uvre d?un fonds mondial, à l?instar de ce qui existe pour le VIH-SIDA, la tuberculose et le paludisme.
En termes de rapport coût-efficacité , cette approche serait idéale pour réduire la pauvreté dans le monde. En effet, les économies locales sont sérieusement malmenées par les maladies tropicales? Si ces dernières frappent de plein fouet les plus pauvres, la pauvreté elle, se nourrit de la mauvaise santé des populations. Pour être certain de bien se faire entendre par les puissants de ce monde, les signataires de l?appel projettent d?adresser un message au sommet du G8, qui se tiendra au Japon en juillet prochain.
| LETTRE OUVERTE AUX AUTORITES DE LA VILLE DE POINTE-NOIREWed, 30 Apr 2008 15:37:02 GMTA
Monsieur Alexandre Honoré PAKA, Préfet du Département de Pointe-Noire ;
Monsieur Roland BOUITI-VIAUDO, Député-maire de la ville de Pointe-Noire ;
Monsieur Valentin TCHIBOTA-GOMA, Administrateur-maire de l?arrondissement 2 « Mvou-Mvou » ;
Madame Marie-Catherine DEKAMBI-MAVOUNGOU, Administrateur-maire de l?arrondissement 4 « Loandjili ».
Madame, Messieurs,
Les usagers de l?Avenue Jacques OPANGAULT sise dans les arrondissements 2 et 4 de la ville de Pointe-Noire tiennent à porter à votre attention la situation plus que préoccupante du pont par lequel ladite avenue franchit la rivière « Songolo ». Cet ouvrage à voie unique a été longtemps interdit aux véhicules de plus de 17 Tonnes. Le panneau indiquant cette interdiction a disparu depuis des années. Les balises permettant de limiter la largeur des convois pouvant franchir l?ouvrage ont été vandalisées. La conséquence la plus évidente est la destruction totale des rambardes ouest du pont et les profondes blessures du tablier où, par endroits, les armatures ont été elles aussi détruites.
L?état de vétusté de l?ouvrage inquiète les usagers qui en craignent l?effondrement.
A l?attention toute particulière de Monsieur l?Administrateur-maire de l?Arrondissement 2, gestionnaire de la moitié sud du pont et Directeur Général de la Cellule antipollution du Ministère des Hydrocarbures.
Plusieurs oléoducs font partie intégrante de cet ouvrage. En cas d?effondrement, ils ne manqueront pas d?être rompus. Il faudra alors régler le problème d?une pollution majeure. Peut-être même d?un incendie d?hydrocarbures en zone urbaine. Nous vous rappelons qu?une intervention d?urgence a du être réalisée en Février 2008 pour colmater une fuite de gaz toxiques provenant de ces oléoducs. Ce signe prémonitoire ne semble pas vous avoir alertés.
Monsieur Le Préfet du Département de Pointe-Noire ;
Monsieur le député-maire de la Ville de Pointe-Noire ;
Monsieur l?Administrateur-maire de l?Arrondissement 2 de Pointe-Noire ;
Madame l?Administrateur-maire de l?Arrondissement 4 de Pointe-Noire ;
Une mesure de fermeture de l?ouvrage s?impose avant que ne survienne une catastrophe. Les usagers sont conscients de l?impopularité que provoquera une telle mesure ; ils sont aussi conscients que si vous ne la prenez pas et que survient l?irréparable, ils vous en tiendront pour responsables devant toute juridiction se déclarant compétente.
Quel que soit le cas de figure, ils vous considèrent comme coupables de la négligence qui, depuis toujours, a été la vôtre dans la gestion de cet ouvrage.
Nous, usagers de cette avenue, vous exhortons de sortir de votre mutisme en vous impliquant au premier chef dans ce qui apparaît comme un danger imminent.
Fait à Pointe-Noire, le 27 Avril 2008
Armand Henri-Gelase BOUCKETHY, Habitant Songolo et Wilfrid Olivier-Gentil SATHOUD Candidats Indépendants aux Elections municipales 2008
Ampliation : -Les destinataires ; - L?ensemble de la presse nationale tant écrite, audiovisuelle que cyberpresse ; - Les medias étrangers présents sur le territoire national ; - Tous les moyens en notre possession pour assurer la plus large diffusion possible à ce document. | Aimé Césaire : La dignité Nègre en mouvementThu, 24 Apr 2008 10:29:04 GMT
25 juin 1913 - 17 avril 2008, Aimé Césaire, l?un des piliers de la littérature négro-africaine n?est plus. Condisciple de Léopold Sédar Senghor et de Léon-Gontran Damas, il peut être considéré comme l?un des précurseurs de la Négritude. Ecrivain célèbre, il nous laisse un héritage qui nous pousse à réfléchir sur le devenir de l?homme nègre ainsi que sa place dans l?histoire culturelle et politique au moment où les Noirs ont décidé de réviser l?historiographie de leur continent longtemps réalisée par les africanistes européens avec quelques maladresses qui souvent dépassent l?entendement africain.
Après avoir découvert les lettres en Martinique au lycée de Fort de France et à Louis-le-Grand à Paris, il fonde avec Léopold Sédar Senghor et Léon-Gontran Damas en 1939 "L?Etudiant noir" qui se présente comme une suite logique d?une autre revue de l?époque intitulée "Légitime défense". A la même année apparaît son "Cahier d?un retour au pays natal" comme pour annoncer son retour au bercail dans une langue volcanique et pleine d?agressivité et qui va s?approfondir avec une colère légitime dans "Discours sur le colonialisme". Le texte met en relief l?itinéraire du poète nègre devant son destin de colonisé dont la thématique sera le nerf directeur de l?emblématique "Discours sur le colonialisme". Dans ce cri de douleur, il ne se voit pas fils de certains royaumes africains comme le Dahomey et le Ghana. Il se veut enfant de ce pays calme et merveilleux qui était l?Afrique : "Non, nous n?avons jamais été amazones du roi du Dahomey, ni princes de Ghana (?) ni docteurs de Tombouctou (?). Nous sommes un fumier ambulant hideusement prometteur de cannes tendres et de coton soyeux (?) et ce pays l?Afrique était calme, disant que l?esprit de Dieu était dans ses actes". Et Jacques Chevrier de faire la remarque suivante sur l?auteur en relation avec son ?uvre : "A la différence de l?Africain également victime de la colonisation occidentale, mais dont la culture submergée n?a jamais totalement cessé d?exister, l?Antillais a été coupé de ses racines et sonné d?adhérer à la politique pratiquée par le maître blanc qui prétendait pouvoir l?assimiler dans le temps même il refusait l?égalité la plus élémentaire. Aussi privé de contre de gravité puisque voulant être Nègre, il constate qu?il est Blanc. L?Antillais fait-il figure de bâtard de l?Europe et de l?Afrique partagé entre le père qui le renie et cette mère qu?il a reniée".
Une ?uvre engagée et engageante
Déjà dans ses textes qui apparaissent comme un mélange de l?expression personnelle du poète avec le déchirement de la symbiose de plusieurs cultures, s?élabore une poétique de la Négritude sur fond d?une revendication de l?identité noire. Et dans ces textes revendicatifs, se dégage un surréalisme qui empêche le message de s?ouvrir sans difficulté comme les poètes classiques. Ce qui a poussé certains critiques à dire que les textes de Césaire sont hermétiques et difficiles à "soutenir". Mais il faut plutôt voir dans ce langage fermé du poète sa capacité de jouer avec les mots dans l?univers des images qui rappellent le monde noir : "Sang Sang ! tout notre sang ému par le c?ur mâle du soleil / ceux qui savent la féminité de la lune au corps d?huile / l?exaltation réconciliée de l?antilope et de l?étoile / ceux dont la survie chemine en la germination de l?herbe". Aussi dans un poème dédié à Césaire, le Congolais Théophile Obenga remarque à juste titre que "les mots sont les leurs / mais le chant est nôtre". La révolte poétique de Césaire définit le futur homme politique de la Martinique. Elu député de Fort-de-France, il se fait, d?après Henri Lemaître, "porte-parole de la revendication d?indépendance avec un extrémisme qui trouve son expression la plus complète dans "Discours sur le colonialisme". Ses idées politiques le poussent à frapper à la porte du parti communiste auquel il adhère. Dans l?effervescence des idées de la Négritude et du Communisme qui se télescopent, il se sépare du parti communiste en justifiant sa décision dans sa "Lettre à Maurice Torez". Ayant compris que le langage poétique n?est pas accessible à la masse populaire, il embrasse le théâtre pour divulguer ses idées de "libéralisation et d?indépendance" du peuple noir.
En 1961, il écrit "La Tragédie du roi Christophe" inspirée par l?aventure historique d?un roi noir d?Haïti. Cinq après, il récidive dans la relation politique/théâtre avec "Une saison au Congo" qui se présente comme l?une des grandes fresques de l?histoire post-coloniale de l?Afrique. La trame de la pièce se situe en République démocratique du Congo, une année après son indépendance, et met en relief la disparition tragique de Patrice Emery Lumumba. On peut dire, qu?après analyse de sa dramaturgie, Césaire révèle une multitude de thèmes telle la révolte sur fond de cri de douleur qui fait penser à la revendication de la Négritude pour la libération du peuple noir. Une ?uvre fournie, souvent "gardée dans l?ombre" à cause de sa violence et son agressivité fondée sur une colère légitime vis-à-vis du pouvoir (néo)colonial qu?elle a traversé. En poésie on peut citer "Cahier d?un retour au pays natal" (1939), "Les Armes miraculeuses" (1946), "Soleil cou coupé" (1950), "Ferrements" (1960), "Cadastre" (1961), "Moi, laminaire" (1982). Son théâtre se définit par quatre pièces : "Et les chiens se taisaient" (1956), "La Tragédie du roi Christophe" (1963), "Une Saison au Congo" (1967), "Une Tempête" (1969). Il a aussi élucidé sa pensée politique avec "Discours sur le colonialisme", (1956), "Lettre à Maurice Thorez" (1956), lettre dans laquelle il explique sa rupture avec le Parti communiste avant de fonder le Parti progressiste martiniquais en adoptant le programme aux besoins de ses militants, "Toussaint Louverture : la Révolution française et le problème colonial" (1960). On peut remarquer que son ?uvre couvre la période (néo)coloniale, d?où son "rejet" de la part des Eurocentristes malgré sa richesse esthétique et la véracité de ses idées. Des textes qui anticipent la décolonisation de l?Afrique par la puissance de leur dimension politique. En 1981, il pense trouver l?acceptation de ses idées quand la gauche revient au pouvoir en France avec François Mitterrand. Peine perdue ! Il n?aura pas gain de cause, d?où son dernier recueil de poésie "Moi, laminaire" publié en 1982. Comme le souligne Henri Lemaître ; "Césaire apparaît non seulement comme un de grands porte-parole de la Négritude, mais aussi et peut-être surtout comme l?un de ceux qui ont su situer l?expression de l?âme noire dans des perspectives non point particularistes, mais largement humanistes".
Un héritage à fructifier
Jusqu?à la fin de sa vie, Aimé Césaire n?a pas trahi son esprit combatif pour la liberté et le respect du peuple noir. Fidèle à ses idées avant-gardistes, il a eu même à s?opposer à l?aspect positif de la colonisation que voulait "faire valoir" la France et la conception migratoire du président Nicolas Sarkozy dont la maîtrise de l?historiographie du peuple noir laisse malheureusement à désirer. Après la disparition de tous les précurseurs de la Négritude, se ferme une page qui n?a pas séduit beaucoup d?écrivains négro-africains du XXè siècle. De la Négritude, sommes-nous peut-être passés à la Tigritude du Nobel Wolé Soyinka quand on remarque les contre-vérités ainsi que la falsification de certaines pages de l?histoire des peuples noirs par des africanistes eurocentristes. Longtemps allergiques à l??uvre de Césaire car agressive et attaquant l?immoralité du Blanc vis-à-vis du Noir, certains Eurocentristes se dévoilent maintenant tolérants et conciliants alors qu?ils n?osaient accepter, il y a quelques années, les vérités du "Discours sur le colonialisme". Les Noirs doivent garder en eux un point positif de la Négritude, même si elle fut décriée par certains intellectuels, celui d?avoir lancé le débat sur la véritable indépendance de l?homme noir. Et Aimé Césaire est de ceux qui ont participé au mouvement malgré la connaissance on ne peut aléatoire qu?il avait sur la terre de ses ancêtres, comme il l?affirmait à Lilyan Kesteloot : "Ma connaissance de l?Afrique était livresque ; j?étais tributaire de ce qu?écrivaient les Blancs ; (?) la littérature[ sur l?Afrique] n?était pas fort abondante, et même quand elle existait, elle était certainement partiale" (Cf. Lilyan Kesteloot, Bernard Kotchy, "Aimé Césaire, l?homme et l??uvre", Présence africaine, 1993).
Pour conclure
Aimé Césaire est un chantre de la "dignité nègre" que l?élite intellectuelle et politique du continent doit immortaliser en récrivant notre histoire longtemps déformée et falsifiée à des fins impérialistes ; et cela pour décourager les Africains dans la prise de conscience d?une partie de la responsabilité du Blanc dans leurs souffrances actuelles à travers la traite négrière qui écuma une grande partie du continent. Aimé Césaire, un alchimiste de la langue française qui devrait rappeler les tenants de la Francophonie que l?agressivité et la colère qui se traduisent en langue française du côté des Noirs n?est autre qu?une façon d?assumer leur identité longtemps malmenée et falsifiée par le (néo)colonialisme. Aussi "Cahier d?un retour au pays natal" et "Discours sur le colonialisme" peuvent être considérés comme deux armes miraculeuses qui doivent être des livres de chevet pour la jeunesse africain qui se cherchent encore. Une jeunesse qui doit les brandir comme des boucliers et des lances au moment où l?on constate l?émergence de certains réflexes néocoloniaux du côté de certains Blancs. "Anti raciste, anticolonial, altermondialiste avant l?heure, Aimé Césaire est le témoin téméraire du XXIè siècle" constate agréablement Yves Ekoué Amaïzo dans son éditorial sur www.afrology.com. Aujourd?hui la Négritude césairienne est un héritage qui n?appartient plus à la seule Martinique mais à tous les Nègres quel que soit le lieu où ils se trouvent en se confrontant paradoxalement à l?inhumanisme de la mondialisation prônée par les Eurocentristes. Aimé Césaire, un prototype de la dignité humaine qui doit servir d?exemple à la nouvelle classe politique africaine qui lutte contre la "désinvolture" eurocentriste.
Noël KODIA |
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