Whisky Pieuvre |
Triste époque pour la bande originale
Paris. Le jour. Soleil aveuglant. La foule autour de moi se presse et croit m?engloutir avec elle alors que je marche sur les chapeaux de ces moutons indiscernables ; sans le comprendre ils me soutiennent sur leurs médiocrités et me portent aux nues, abaissent infiniment le niveau et me laissent seul à celui de la mer. Certaines mauvaises langues prétendront que c?est pour le seul plaisir de toiser le peuple que je me suis rendu au cinéma Gaumont Parnasse (aux bigarrures et fréquentations éminemment front pop?) et que j?y ai constaté l?horreur décadente hollywoodienne de l
Lire l'article
|
Triste époque pour la lettre d'amour
N?est pas Baudelaire qui veut. Pas même Baudelaire lui-même, d?ailleurs, qui selon moi n?a réussi à se maintenir à son propre niveau que dans les deux premiers vers du poème introductif aux Fleurs du Mal. D'ailleurs, quels vers ! Charles atteint le génie dans ces deux alexandrins qui si je m?attardais dans une chronique d?iceux mériteraient probablement un 2/10 ainsi que le droit d?être recopiés dans ledit article, presque sans remaniement de ma part. Mais si donc le Poëte en personne n?a pu soutenir la comparaison, d?où le commun, le peuple, le vulgaire tire-t-il l
Lire l'article
|
Triste époque pour l'agression en couloir de RER
Pourquoi espèré-je encore quelque chose de vous, demi-frères humains? Quand le glas de la culture a retenti en 75 dans les accords mainstream d'un Lou Reed en mal de reconnaissance populacière, j'aurais dû troquer empathie et humanité contre davantage de bon goût et d'esprit critique ; vous m'auriez détesté tout autant mais j'aurais pu vous guider par le Beau jusqu'au locataire du (très haut) dessus, vos insultes en guise d'encouragement. Non non, ne vous en voulez pas je vous en conjure, cousins et cousines un peu simplets. Je porte l'entière responsabilité de ma faiblesse, « au
Lire l'article
|
Triste époque pour la lucidité de nos enfants
Mes activités sont multiples. Lorsque je ne suis pas occupé à inventer la sous-sous-sous-catégorie d?un genre de rock progressif lui-même imaginé par un confrère chroniqueur qui n?est d?ailleurs peut-être qu?un dédoublement maladif de ma personnalité, à déranger mes voisins de palier à toute heure de la nuit pour leur faire part des innombrables réflexions qui naissent chaque seconde dans mon esprit fertile ou à harceler l?ex-femme que je n?ai jamais vraiment désirée mais qui alimente mes poèmes futuristes sur les relations amoureuses autodestructrices, il m?arr
Lire l'article
|
Triste époque pour l'accident tragique
« Mon fils ! Vous avez tué mon fils ! » La meilleure des chroniques s'arrêterait probablement là. Oui mais je ne peux me résoudre à n'offrir que le meilleur à l'Art alors que l'Esthète (Moi) se bat chaque jour pour le mieux.« Mon fils ! Vous avez tué mon fils! » les plus sensibles d'entre moi seront déjà partis en direction des latrines vomir la platitude de ces paroles de peur qu'elles ne contaminent définitivement leur sens du Beau. Cet exercice salvateur m'a permis de me prémunir d'infections graves comme l'achat de livres de poches, un penchant pour les égarements pop de
Lire l'article
|
Triste époque pour le réveil matinal
Complu dans la prévisibilité pop d'un Metal Machine Music, mon « réveil » (mérite-t-il encore ce nom?) m'a ce matin infligé ses récitations de leçon sur les liens de cause à effets. L'intention naïve de faire succéder une gueule de bois au trop-plein d'alcool n'attardera pas le paternalisme que je réserve habituellement à ces braves hommes de couleur qui chaque jour emploient leurs petits esprits pleins de simplicité à charger des régimes de bananes sur leurs authentiques petites camionnettes, me permettant ultérieurement d'écrire une chronique assassine sur le susdit fruit
Lire l'article
|
Triste époque pour la blessure parisienne
Amis du beau (en me comptant on doit bien arriver à un) vous pouvez couvrir l'art de son linceul ; en effet le dernier havre de paix de la création libre vient de rendre l'âme, froidement exécuté par l'absence inhumaine d'originalité et de talent de M. Adémar. La multiplication des armes et des instruments de torture dans le sillage de l'avènement d'une nouvelle ère de l'informatique nous laissait espérer un âge d'or dans les causes de décès et de blessures jusque là laissé en pâture aux parangons sclérosés du genre M. Cancer, Arrêt Cardiaque et Accident Domestique pour ne p
Lire l'article
|
Triste époque pour la scène gériatrique
Ding. Dong. Aujourd'hui sonne assurément la fin de la crevaison de vioque en milieu hospitalier. On ne dira pas qu'on ne l'avait pas vu venir: depuis quelques années, malgré quelques trouvailles liées à la démocratisation de l'euthanasie, les connaisseurs (dont je suis) avaient bien perçu la lente déclinaison de tous ces ancêtres ininspirés à peine capable de manier la dernière phrase, tout juste aptes à bégayer un adieu, impuissants à spectaculariser leur cessation de vie par un flot d'hémoglobine inattendu ou un relâchement sonore des sphincters. Alors oui, bien sûr, les sp
Lire l'article
|
Triste époque pour la scène de l'Est
Franchement, de qui se moque-t-on ? On s'attendait à voir l'excellence de la mendicité orientale, ces tremolos enfantins doublés d'un regard lourd de reproche et cette insistance dépassant allègrement la minute qui fait tout le charme de l'école roumaine. A la place de quoi on a eu droit à un poussif « s'il vous plait » d'à peine quelques secondes, on voit ici clairement la volonté de l'artiste de rentrer dans le rang alors qu'il ne maîtrise même pas les bases de l'expression classique. Quitte à assister à pareil naufrage on aurait largement préféré une prise de risque tou
Lire l'article
|